Referendum du 1er novembre 2020, une autre impasse pour l’Algérie !

Moins d’un mois nous sépare de la commémoration du 66ème anniversaire de la lutte de libération nationale du 1er novembre 1954. Cette date – phare de la longue quête des Algériennes et des Algériens à conquérir leur dignité par la guerre d’indépendance, appartient à la mémoire collective de notre Histoire Nationale.

Le pouvoir de fait en Algérie, après avoir confisqué la souveraineté populaire, fait main basse sur ses richesses et dilapidé ses ressources, veut s’emparer de la mémoire collective et en faire un instrument de propagande. Après le forcing et le fiasco de l’élection présidentielle, le pouvoir cherche à se légitimer par un référendum sur la nouvelle constitution. Dans un contexte délétère, où pèse une chape de plomb sur l’ensemble de la société qui vit au rythme des arrestations, des poursuites judiciaires, des persécutions, de menaces et des condamnations par une justice aux ordres, conjuguée à une situation sociale et économique des plus inquiétantes, le pouvoir, au lieu d’amorcer un dialogue salvateur, s’enferme dans sa logique meurtrière et s’en tient à sa feuille de route, dans une attitude de déni des réalités et de mépris de son peuple.

Le peuple algérien qui a investi la rue depuis février 2019, exige un changement de système de gouvernance dans lequel il sera l’artisan et l’émanation de tous les textes, et des règles du jeu qui régiront la vie politique, sociale et économique du pays. La réponse que tente d’imposer le pouvoir de fait, ne règle aucun problème. Bien au contraire, elle complique une situation déjà bien tendue. « L’élection » – désignation d’un « Président » de la République le 12 décembre 2019 est la parfaite illustration que ceux qui ont mené le pays dans l’impasse ne peuvent donc faire partie de la solution.

Que faire et comment ? Une partie de la réponse est déjà clairement exprimée durant plus d’un an et demi par l’écrasante majorité du peuple algérien. La mascarade du 1er novembre 2020 sera sans doute mise en échec par un rejet massif par le peuple. La diaspora algérienne, partie intégrante de la communauté nationale, ne saura rester indifférente. Plusieurs initiatives sont en cours d’élaboration dans différentes métropoles européennes et du continent américain.

À Marseille et dans les bouches du Rhône, le Collectif pour une Alternative Démocratique et Sociale en Algérie (cadsa-Marseille) mènera des actions de sensibilisation auprès des Algériennes et des Algériens résidant dans la région sur la nécessité de boycotter la mascarade du 1er novembre prochain. La première de ces actions est la réunion publique – débat qu’il organise le :

Samedi 17 octobre 2020 à 17h

au local de Mille Bâbords

61 rue Consolat

13001 Marseille

Au programme :

  • « L’immigration Algérienne en France : de la contribution majeure à la guerre d’indépendance au combat pour la démocratie en Algérie » par Saïd BELGUIDOUM, Sociologue à l’Université de Provence.
  • « Du caractère autoritaire du nouveau projet de révision constitutionnelle soumis à référendum le 1er novembre 2020 » par Massensen CHERBI, docteur en droit constitutionnel et chargé de cours à Sciences Po Menton (Alpes Maritimes).

Article publié le 17 Oct 2020 sur Mars-infos.org