Mai 15, 2020
Par Paris Luttes
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Mon beau-père, Pascal, est décédé du Covid-19 à l’âge de 64 ans à Saint-Etienne mardi 14 avril 2020. Il était une personne merveilleuse. Il nous quitte beaucoup trop tôt ; il ne l’a pas choisi et surtout, il ne l’a pas cherché. Il est probablement tombé malade aux alentours du 08 mars 2020. Le vendredi 13 mars il est allé au cinéma avec son épouse et il a commencé à se sentir mal. Le dimanche 15 mars il a fait une procuration à ma belle-mère pour qu’elle vote pour lui aux élections municipales. Il était candidat sur une des deux listes du village mais la fièvre l’a empêché d’aller faire son devoir citoyen. Il est resté fiévreux pendant 10 jours avant d’être pris en charge lundi 23 mars dans une clinique de Saint-Etienne où il a été diagnostiqué positif au Covid-19. Mercredi 25 mars il est entré au service de réanimation, avec sédation et intubation.

La réanimation est une épreuve douloureuse pour les proches. Les patients ne décrivent pas une courbe positive inéluctable vers le rétablissement. C’est un véritable parcours du combattant pour le malade comme pour son entourage. Nous sommes suspendus quotidiennement aux bulletins de santé en étant privés de visite au patient. Le temps devient élastique, les nerfs sont mis à rude épreuve.

Vendredi 03 avril, le Préfet de Police de Paris, Didier Lallement, a tenu des propos inadmissibles et indignes de sa fonction à l’occasion d’un contrôle de Police :

« Pas besoin d’être sanctionné pour comprendre que ceux qui sont hospitalisés, qu’on trouve dans les réanimations, sont ceux qui au début du confinement ne l’ont pas respecté. Il y a une corrélation très simple ».

Ce même jour, nous étions dans un état d’anxiété maximal car nous venions d’être alertés par l’équipe médicale d’une dégradation de l’état de santé de mon beau-père. Les mots du Préfet ont été pour nous d’une violence inouïe compte tenu des circonstances.

Monsieur Lallement, pour rappel, le confinement en France a débuté le mardi 17 mars 2020. Mon beau-père était déjà malade depuis plusieurs jours et était malheureusement dans l’incapacité de braver le confinement, ce qu’il ne se serait pas permis de faire de toutes façons. Son état s’est ensuite stabilisé, pas notre colère. Elle était en veille. Le mardi 14 avril, soit 23 jours après son admission à l’hôpital, il a succombé aux dommages multiples causé par le virus sur ses organes vitaux, malgré le soutien fabuleux des soignants.

Les excuses de circonstances du Préfet de Paris ne sont pas recevables. Par respect pour la mémoire des milliers d’innocents qui succombent du Covid-19 en France, pour celles et ceux qui ont été emportés avant, pendant et qui le seront après le confinement, le Préfet de Paris doit quitter sa fonction. Son maintien à ce poste est une injure publique collective, c’est insupportable pour les familles éplorées. Qu’il dégage ! Je ne me fais aucune illusion sur la fonction de Préfet et je sais bien que si Lallementeur dégage, il y aura un autre pantin à la place qui fera le même travail.

L’objectif de cette pétition est simplement d’exprimer une colère et de la rendre visible le plus possible. On n’oublie pas, on ne pardonne pas !

Le lien de la pétition :

http://chng.it/qqbwNM798Z

Lien Twitter :




Source: Paris-luttes.info