Décembre 14, 2020
Par Le Monde Libertaire
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04.12.2020
Le pouvoir a annoncé des interdictions à n’en plus finir et à n’y rien comprendre, sous couvert de mesures anti-Covid19. Il a affiché des mesures anti-pandémie mais les mesures appliquées n’étaient pas réalistes et s’appliquaient différemment aux pauvres et aux riches. Cette discrimination économique a pris un tour social. Les toutes dernières interdictions anti-Covid annoncées par le président le prouvent. Alors que les ouvriers travaillent dans les ateliers, les usines et le bâtiment, les patrons restent confinés. Alors que les cafés et les cafés sont fermés, les centres commerciaux restent ouverts et les services religieux se poursuivent. Ces restrictions n’ont rien à voir avec le Covid-19. Les interdictions sont le résultat de la volonté de contrôle de la société qui se retrouve face à la crise dans le but d’occulter cette crise en la brouillant et en la masquant.

Les 14 points de la crise de l’AKP19 [<a title="Adalet ve Kalkınma Partisi. Parti de la justice et du développement, qui est le parti d’Erdogan, au pouvoir en Turquie. ” class=”notebdp”>note]

1. Crise de Politique étrangère : L’AKP19 entretient une escalade de la tension avec sa stratégie belliciste à l’extérieur, afin de rester au pouvoir. Mais il n’occupe pas la position à laquelle il aspire en agressant chacun de ses « voisins » et dans ses relations extérieures, de la Libye à Chypre, de l’Irak à la Syrie. Il ne peut éviter d’être le petit dernier qui se fait gronder et taper sur les doigts par ses grands frères, les États-Unis et la Russie. Sa stratégie de conflit ouvert qui s’est terminée par un fiasco et entraîne une perte de charisme.

2. Crise de Politique intérieure : Le gouvernement, qui fait de sa propre existence une question de survie de l’État, tente de retarder de possibles élections anticipées. Tout en s’en prenant à l’opposition sur ses relations internes, il s’inquiète clairement de la désintégration de ses propres relations internes. Il craint que le MHP ne le lâche. Il sait que la hausse inévitable du dollar et de l’euro entraînera la démission des ministres les uns après les autres. Incapable de trouver de nouvelles excuses, il cherche de nouvelles occasions de répression en rouvrant des dossiers politiques devant la justice. Maintenant, avec l’excuse du Covid19, il exerce une pression sociale. Il attaque la contre-culture dans les rues avec ses forces de l’ordre.

3. Crise économique : Les problèmes économiques tels que la dévaluation du TL, l’augmentation des taux de prêts, du chômage et l’inflation se sont creusés avec le Covid-19. Pourtant le ministre de l’Économie disait «je ne regarde pas le dollar », « On peut dévaluer la monnaie étrangère si on le veut, nous ne le voulons pas ». La crise, qui apparaissait comme inévitable suite à sa démission, est maintenant dépeinte comme liée au Covid-19, c’est le coronavirus qui a entraîné la fermeture des entreprises. Mais les entreprises qui ferment et les millions de chômeurs sont le résultat des stratégies économiques de l’AKP19 qui volent, enrichissent les riches et rendent les pauvres encore plus pauvres.

4. Crise économique : les interdictions affecteront principalement les emplois des jeunes. Jeune signifie dynamique, cela signifie passage à l’action. L’AKP19 ne veut pas être tenu par les jeunes pour responsable de leurs problèmes. C’est pourquoi il tente une manœuvre de distraction envers les jeunes en désignant le Covid19 comme cause de la crise.

5. Crise sectorielle : pendant la pandémie de Covid19, il y a eu une croissance excessive de certains secteurs, et un fort ralentissement pour d’autres. Alors que les entreprises de courrier et de fret, l’alimentaire, etc. sont en plein essor, les salons de thé, cafés, restaurants, cinémas et théâtres ont chuté. De nombreuses faillites se sont produites. Le chômage dans ces secteurs s’est également répercuté sur les travailleurs d’autres secteurs. L’augmentation du chômage signifie une main-d’œuvre disponible moins chère pour les patrons. Dans les secteurs non touchés, cela entraîne le silence des travailleurs face à l’exploitation par crainte du chômage.

6. Crise de discrimination : Le clivage économique est devenu évident avec l’interdiction concernant les 19 – 65 ans. Les restrictions concernant les personnes ne disposant pas d’épargne a été présentée comme une mesure importante du gouvernement dans la lutte contre pandémie de Covid-19. En fait, ces personnes, qui représentaient une charge financière évidente pour le gouvernement, ont été simplement confinées. Le fait qu’elles puissent être contaminées par leurs parents travaillant à l’extérieur toute la journée, montre que la restriction n’a pas de sens. Ces personnes frappées d’interdiction font des dépressions en raison de l’accroissement de l’anxiété, de la peur et des troubles associés au confinement.

7. Crise organisationnelle : Le pouvoir veut prévenir une autre crise au moyen des interdictions pour le Covid-19. Établir une distance physique nécessaire dans les relations personnelles en tant que « distance sociale », vise à empêcher qu’on ne parle du vécu de la crise par lassitude, les espaces de socialisation étant mis sous pression pour finir par les fermer. Il a été demandé d’empêcher la communication des personnes en fermant les cafés, cafés, locaux et centres culturels de quartier. Les centres commerciaux sont ouverts tandis que les centres sociaux sont fermés ; ateliers et usines ouvertes mais centres d’activités pour les ouvriers de ces usines fermés. Le Pouvoir, qui nous empêche de parler de crise au moyen ces interdictions, va peut-être bientôt nous dire que « La pandémie de Covid-19 se propage avec la parole ! » Il voudra probablement aussi interdire de parler.

8. Crise organisationnelle : Les clusters de l’AKP19 ne peuvent pas être fermés. Que Covid-19 se propage ou non, le gouvernement poursuit ses activités et ses rassemblements. Il peut prendre des dispositions pour organiser des ventes massives de pain ou de thé. Des milliers de personnes peuvent encore être transportées en bus pour des ouvertures de magasins érigées en spectacles.

9. Crise dans les médias : les séries télévisées, les films et les concours dans le secteur des médias se poursuivent avec des centaines de travailleurs devant et derrière la caméra. Les médias ne peuvent pas cesser leur activité parce qu’ils sont un pouvoir indispensable pour le gouvernement.

10. Crise médiatique : L’état des connaissances sur la pandémie est délibérément déformé. Les informations sur la pandémie sont déformées. Les renseignements nécessaires et inutiles sont publiés en même temps, empêchant que les gens de comprendre. Le pouvoir veut également supprimer les informations venant de la société hors de son contrôle par le harcèlement et les menaces. La pression exercée sur l’Association Médicale en est la preuve.

11. Crise de l’information : Qui contrôle la connaissance, contrôle la société et l’individu aussi. Le système éducatif a été établi dans ce but. En d’autres termes, le système éducatif est un autre des pouvoirs de contrôle. Un lien important de la société avec l’information a été à présent rompu au titre de l’enseignement à distance. qui n’était pas accessible pendant la pandémie. L’excuse est à nouveau le Covid-19. L’éducation des riches se poursuit grâce aux cours privés, avec à la fois le déficit d’éducation des pauvres. Alors que les parents qui ne peuvent pas assurer l’éducation de leur enfant dépriment face à leur incapacité à leur être utiles, les enfants éprouvent également l’angoisse de leur incapacité future.

12. Crise sanitaire : les patients confrontés à une pandémie se sentent aux abois, du diagnostic au traitement. Là encore, la distinction entre riches et pauvres est claire. Les hôpitaux publics qui n’atteignent jamais le niveau des hôpitaux privés sont signalés comme non pleins malgré un taux d’occupation excessif. Quand le virus Covid-19 est-il transmissible, que signifie un test positif ou négatif… Qui peut rester à la maison, qui doit aller à l’hôpital ? La période de 14 jours est-elle réelle ? Le virus se transmet-il par voie aérienne ? Survit-il l’eau ? Incapable de résoudre ces questions, la société est dans une confusion telle qu’elle n’est pas en mesure de discuter des conditions du droit à la santé et au service public. Tandis que le médecin voit à peine l’état d’urgence de l’hôpital, toutes les chaînes de télévision sont informées à distance.

13. Crise sanitaire : Au sein du système de santé placé en première ligne par l’AKP19, la psychologie des agents de santé, des agents de nettoyage aux infirmières et aux médecins, a été chamboulée. Ces héros, qui se prennent aussi des injures régulièrement, vivent dans la contradiction et subissent chaque jour la pression du « je suis exposé », sous la pression aussi bien de l’’AKP19 que du Covid-19.

14. Crise terminale : C’est la crise terminale pour l’AKP19. L’AKP19 a été plus contagieux que le Covid-19 pendant son règne, qui aura duré environ 19 ans, et cette maladie n’est pas bénigne, c’est un virus mortel rempli de cas graves. C’est l’ennemi des jeunes, des peuples, des personnes travailleuses, des femmes, des LGBTI, de l’arbre, du cours d’eau, de la terre, de la justice et de la liberté. Des médicaments et des vaccins sont recherchés pour le traitement du Covid-19. Nous savons que cette pandémie n’est pas la première. Nous savons que des centaines de pandémies ont été surmontées depuis des milliers d’années. Le Covid-19 sera également mis en échec. Et nous savons que la pandémie du pouvoir contre la justice et la liberté a beau être plus dangereuse que le Covid-19, chaque pandémie du pouvoir sera détruite par des émeutes et des révolutions. Il y aura un vaccin pour chaque virus, chaque pouvoir sera détruit pour créer un nouveau monde.

Action anarchiste révolutionnaire DAF




Source: Monde-libertaire.fr