Tout d’abord, joyeux début de trêve hivernale à toutes et tous ! Oui, oui, qu’on paie un loyer ou qu’on squatte, cette date du 1er novembre signifie un peu de répit, moins de risque d’expulsion et moins de risque de coupures d’énergie. Qu’on s’entende bien, ce n’est pas parce que la trêve hivernale existe que tout va bien… loin de là. Plutôt l’hiver s’annonce tendu et austère, une crise en suivant une autre qui en suit une autre qui en suit une autre. Mais il reste quelques espaces où on vient se donner et prendre de la force, et on aime à croire que le Placard Brule fait partie de ces endroits. Voici donc, sans plus attendre, le programme des discussions, avec même en exclu, un concert acoustique et une projection.

Les permanences ont lieu les mardis de 16h à 20h (on déborde jusqu’à 21h quand les discussions ont lieu à 18h30) avec des brochures, des revues, des affiches et des livres, quelques canaps’ où zoner, un peu de thé et à grignoter, n’hésites pas à ramener des trucs à partager si envie.

C’est important pour nous que cet espace soit accessible aux personnes qui ont besoin/envie de faire attention au covid (et autres virus). On tâtonne, on ne pense pas avoir de solution miracle, mais on essaiera de faire un point au début des discussions là-dessus pour voir ensemble si et comment appliquer des gestes de réduction des risques (aérer, masques…).

Si tu veux être ajouté.e sur la liste mail (on envoie le programme tous les mois), ou si t’as des questions, ou si tu veux proposer une discussion, ou si tu veux l’adresse, écris à placardbrule (at) riseup.net

Mardi 1er novembre à 16h – en mixité

La fable du chardon et du bouquet


Discussion autour de ce texte issu de la brochure “les pieds dans le plat”. Cette brochure critique différentes dynamiques des milieux queer féministes. Ce texte-là aborde l’épineuse question de comment la prise en compte des oppressions systémiques et l’utilisation des outils qui en découlent (non-mixité, lecture des privilèges, envie d’”inclusivité”, etc) peuvent mener à du réformisme. Il parle de comment cela peut empêcher ou rendre tabou certaines (auto)critiques, et refermer un espace de radicalités tant dans les idées que les pratiques.

Ce texte nous donne envie de réfléchir à la manière dont on navigue entre la nécessaire prise en compte des rapports d’oppressions systémique et des aspirations radicales anti autoritaire qui sont si importantes pour nous. À comment est-ce que l’on arrive à garder ouvert des espaces de critique du travail, des technologies, de l’état et ses institutions, de la consommation de masses sans culpabiliser ou tomber dans une position morale ? Comment on trouve des moyens de se renforcer ensemble pour attaquer l’origine de ces oppressions ?

Cette brochure n’est pas diffusée sur internet mais il y aura des exemplaires papier sur place.

Mardi 8 novembre à 18h30

Lecture/performance- A partir d’extraits du recueil La Septième Lèvre de Miel Pagès.

Ce recueil déploie une poésie ancrée dans le quotidien, une poésie mêlée d’instantanéité et d’images dans laquelle on assiste à une mise à l’épreuve du soi et du temps. Ces cantiques féministes et queer nous immergent dans une lutte intériorisée, intime, un temps par et pour soi en vue d’un être collectif au monde. Tout ça dans une langue narrative, pop et cinématographique !

“ça suffit

la servitude aux autres bassins qu’aux nôtres

ma petite foudre

nous nous donnerons des noms d’ouragan

que nous coudrons à nos seins affaissés”

Mardi 15 novembre de 16h à 20h – permanence du Placard Brûle

Vendredi 18 novembre – Discussion et Concert de soutien – en mixité

Résistances contre le fichage policier

Il y a plein de raisons de vouloir éviter d’être identifié.e.s par des flics. Qu’on soit en situation irrégulière, recherché.e, qu’on veuille esquiver le fichage, refuser de collaborer ou en solidarité avec

d’autres. Différentes pratiques existent pour freiner l’identification, comme de donner une identité imaginaire aux keufs, le refus d’empreintes, de photos, d’ADN, le refus ou l’usurpation d’identité… Ces pratiques ne plaisent pas beaucoup à l’État, dans ce monde où le contrôle repose notamment sur le fait de savoir « qui fait quoi où et quand ». Alors le pouvoir continue de resserrer ses mailles et renforce ses techniques répressives (lois, fichiers, technologies…)

On propose de discuter ensemble des nouveaux outils de l’État pour tenter d’empêcher ces pratiques de résistances, de ce que ça change (ou pas) dans nos manières de faire pour les garder possibles. On pourra lire ensemble le texte « A propos des identités imaginaires et de la prise d’empreintes forcée en garde à vue » et en causer.

17h30 à 20h Discussion autour du fichage policier

20h30 Concert de « Résille » (en acoustique – Queer punk)

Bar (avec et sans alcool) et à manger ! (vegan) – Infokiosque – Tout à prix libre – Les thunes aideront à payer les frais d’avocat dans les suites d’une affaire de répression pour identité imaginaire (et dégradation en réunion)

Mardi 22 novembre à 18h30 – ( mixité choisie : entre personnes Queer)

L’influence de l’hétéronormativité dans les sexualités queer

De quelles manières et comment on reproduit parfois ou souvent des dynamiques sexuelles hétéro lorsqu’on vit des relations queer ? Parce que l’hétéro-sexualité est partout depuis qu’on est gosses, difficile d’y échapper totalement même si on en a envie, qu’on essaie ou qu’on détourne ses normes alors parlons-en ensemble ! Pas question de juger les pratiques de chacun.e mais plutôt de détricoter ensemble ce qui se joue dans nos intimités.

Cette proposition de discute prend appui sur une brochure qui s’appelle « Entre désir gay et imitation hétéro- une réflexion queer sur le sexe gay » écrite par un mec cis pd, il questionne comment l’hétéronome influence les désirs et les pratiques des mecs gays. Au-delà des relations sexuelles et affectives entre mecs cis (parce qu’ils ne sont pas les seuls influencés par l’hétéronormativité), on pourrait élargir ce questionnement à l’ensemble des désirs et sexualités entre personnes queer. On lira aussi des extraits du livre de Juliet Drouar « Sortir de l’héterosexualité » si nous avons besoin de plus de matière pour se sentir à l’aise de discuter de tout ça.

Mardi 29 novembre à 18h30 – en mixité

Projection « Les 16 de Basse Pointe » de Camille Mauduech

Documentaire de 104 minutes sorti en 2008 autour de l’affaire dite des 16 de Basse Pointe.

Le 6 septembre 1948, à Basse-Pointe en Martinique, dans un climat de grève sur une habitation sucrière, un géreur, blanc créole, est assassiné de 36 coups de coutelas et retrouvé mort dans un champ de cannes de la plantation qu’il administre. Après une chasse à l’homme de plusieurs semaines, seize coupeurs de cannes noirs (dont 3 d’origine indienne) sont arrêtés et maintenus en détention préventive pendant trois ans. En 1951, leur procès, renvoyé à Bordeaux, ancien port négrier, avec l’assurance d’un verdict exemplaire et sans appel, deviendra le premier procès du colonialisme français aux Antilles.

On pourra discuter après la projection, si envie, en formel ou informel. Tu peux ramener des trucs à manger à partager et des plaids ou trucs moelleux du genre, si envie.




Source: Iaata.info