Octobre 12, 2022
Par Dijoncter
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MalgrĂ© l’arrivĂ©e au pouvoir de la gauche en Colombie, la rĂ©pression contre les peuples autochtones continue

En aout 2022, l’arrivĂ©e au pouvoir d’une coalition de gauche menĂ©e par Gustavo Petro aurait pu reprĂ©senter un espoir d’avancĂ©e pour les revendications du peuple Nasa. Ce peuple indien, en lutte pour se rĂ©appropier sa terre dans la rĂ©gion du nord du Cauca, est de nouveau la cible du gouvernement colombien et des multinationales.

Le gouvernement de Petro continue en effet de violemment criminaliser les communautés historiquement spoliées de leur terre par de grands propriétaires terriens.

Retrouvez ici, la lettre des familles Nasa qui parle de leur vision du monde dans le cadre de leur « libĂ©ration de la Terre MĂšre Â» :

Lettre dirigĂ©e au monde : ici c’est chez nous, lĂ  oĂč nous vivons et luttons II

Maintenant que les 48 heures d’ultimatum se sont Ă©coulĂ©es, nous adressons cette lettre au monde entier pour lui faire part de notre lutte, du danger qui nous guette et comment nous allons y faire face. Le grand chef nous fait savoir que nous sommes des envahisseurs et nous accorde 48 heures pour abandonner notre lutte et la terre sur laquelle nous nous battons. Et sinon, tout le poids de la loi de l’État colombien s’abattra sur nous.

Tout d’abord, nous vous parlerons de notre lutte. Le 2 septembre, nous avons commĂ©morĂ© les 17 ans de la reprise de la lutte directe pour la terre, dont les racines remontent Ă  1538, lorsque notre peuple a dĂ©cidĂ© de dĂ©clarer la guerre aux envahisseurs. Ces envahisseurs se sont emparĂ©s de notre terre et nous ont repoussĂ© vers les montagnes ; ils ont fait de la dĂ©possession un mode de vie, le fondement de leur civilisation. Ils dĂ©tiennent aujourd’hui les terres les plus fertiles et disposent de documents prouvant qu’ils en sont les propriĂ©taires. Ils constituent un pouvoir organisĂ© qui tire les ficelles de la politique, de l’économie, de la justice et des mĂ©dias colombiens. Ce qui leur permet de maintenir les documents Ă  jour et d’exploiter toujours plus la « Terre MĂšre Â», au point de lui arracher la peau, lui sucer le sang et de creuser dans ses entrailles. Et c’est cela qu’ils appellent « le progrĂšs Â», « le dĂ©veloppement Â».

Pour nous, les familles du peuple Nasa du nord du Cauca, la terre est Uma Kiwe, notre mĂšre. Tout est vivant en elle, elle est vie dans sa totalitĂ©, tous les ĂȘtres sont nos frĂšres et sƓurs et tous les ĂȘtres avons la mĂȘme valeur. L’envahisseur nous a endoctrinĂ©(e)s pour nous apprendre que nous, les humains, sommes en-dehors de notre MĂšre et supĂ©rieurs Ă  elle. Mais, au fond de notre cƓur Nasa Üus, nous savons que nous, les gens, sommes Uma Kiwe – tout comme le condor, le papillon, le maĂŻs et la roche sont Uma Kiwe. L’envahisseur nous a endoctrinĂ©(e)s pour nous apprendre que le pĂĄramo1 est une ressource qui produit de l’argent ; qu’en coupant la forĂȘt nous pourrons faire croitre nos comptes en banque ; qu’en creusant et en suçant les entrailles d’Uma Kiwe avec d’énormes tuyaux, nous pourrons avoir accĂšs Ă  une vie de bien-ĂȘtre. Ce sont les mots de l’envahisseur et il l’appelle : « l’objectif Â», « le projet de vie Â».




Source: Dijoncter.info