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EDITO ►PAGE 3

SANS FRONTIERE

►PAGES 4/5

DOSSIER SANS PAPIERS

►PAGES 6/7 Acte 4 des sans papiers, la lutte continue_ !

►PAGES 8/10 Hôtel de la rue : la maison des peuples de Strasbourg

►PAGES 10/11 Entretien

►PAGES 12/15 La Roya à l’heure de la reconstruction

COURRIER DES LECTEURS

►PAGE 15 A propos de l’article sur la loi de programmation de la recherche, n°305 de Courant Alternatif

SOCIAL

►PAGES 16/17 Vaccins anti COVID : qui va gagner les millions ?

►PAGE 18 Enfermées pour leur bien. C’est possible ça_ ?

►PAGES 19/21 Contre les licenciements et les suppressions d’emplois_ : Répondons tou·tes ensemble à « _l’appel des TUI_ »

BIG BROTHER

►PAGES 22/23

RACISME

►PAGES 24/25 L’instrumentalisation raciste des attentats

ARMEE

►PAGES 26/27 L’armée française d’aujourd’hui, entre mythes et réalité

VERTEMENT ECOLO

►PAGE 28

ECOLOGIE

►PAGES 29/30 Poubellocène_ : le grand recyclage du capitalisme

POINT DE VUE

►PAGE 31 Naissance d’un projet de coopérative d’habitants

HISTOIRE/PARUTION

►PAGE 32 Je hais le nouvel an (Antonio Gramsci)/La fascinante démocratie du Rojava

Edito

L’ambiance n’est pas à la fête

Loin de vouloir faire « son bilan et son budget pour l’exercice à venir » (détestés par Gramsci), un retour sur l’année écoulée s’impose. Globalement, on peut dire : 2020, année de merde.

Pourtant, en 2019, il y avait eu la poursuite du mouvement des gilets jaunes, qui avait secoué un peu tout le monde, et remis sur le devant de la scène la lutte des classes. Cela avait permis de pousser au cul les centrales syndicales et « giletjaunisé » le mouvement contre la réforme des retraites. Il y avait aussi eu le Chili qui s’embrasait à la mesure des inégalités de classe démentielles, s’opposant de façon très offensive aux fondements militaro-économiques du capitalisme des Chicago Boys ; l’Algérie, le Liban et l’Irak, où sont descendues dans la rue des millions de personnes qui veulent en finir avec les régimes autoritaires et / ou les élites corrompues ; un mouvement assez « citoyen », mais dont les prolétaires faisaient largement partie, portant souvent un discours plus large qu’un simple renouvellement de la classe politique, comme au Soudan. C’est également sur les cendres encore fumantes de l’énorme mouvement à Hong-Kong que le régime chinois renforce encore son verrou aujourd’hui. Et nous ne parlons ici que des mouvements de grande ampleur ayant eu un écho dans les médias, car les grèves ouvrières sont nombreuses et vives dans les ateliers d’Asie du Sud-Est, sans que cela n’agite les radars médiatiques.

On ne peut certes pas dire qu’un soulèvement mondial était en gestation, ni qu’il y avait un lien clair entre ces mouvements. Malheureusement, lequel de ces mouvements a réellement gagné quelque chose de significatif ? Mais 2020 restera l’année où la pandémie de covid-19 a mis une grosse partie de la colère sous cloche, a assigné à domicile ceux et celles qui voulaient descendre dans la rue, et a détourné l’attention des révolté·es d’hier pour les « fondamentaux » : le (télé)travail, la famille, et la patrie, le salut de l’économie nationale. On a eu droit toute cette année, avec des déclinaisons nationales variées, au gouvernement par la gestion autoritaire de la crise, que les bourgeoisies ont su pour le moment utiliser pour renforcer leur pouvoir et notre exploitation.

Ce qui marque la période, c’est la confusion et l’absurde ambiants, faits de contradictions flagrantes dans le discours sanitaire, de mesures de soutien à l’économie (pas à tout le monde, surtout aux copains, hein) avec de l’argent magique qui ne sort que pour ce genre d’occasions, de déclarations émouvantes sur les services publics pour masquer l’austérité qui continue de plus belle… Pour qui veut ouvrir les yeux, ce qui ressort comme dénominateur commun de tout cela, c’est que les prolétaires sont des variables d’ajustement qui n’ont comme seul rôle que de se faire extirper de la plus-value, qu’on en sacrifie la partie non productive (EHPAD, licenciements, fermetures de sites, réformes du chômage et de la retraite…), que les services publics servent avant tout à faire tourner le capital national (garder les mômes pour que les parents bossent, éviter qu’il y ait « trop » de morts à l’hosto, maintenir tout ce beau monde bien tranquille avec quelques lois sécuritaires…) et que ce qu’on croyait acquis n’était qu’un stade du rapport du forces.

Si la pandémie ne durera pas éternellement*, son mode de gestion, lui, est parti pour durer. Il n’est qu’un renforcement bien opportun de l’administration de nos vies par l’État et le capital, mais visiblement, à ce jeu-là, la bourgeoisie a un train d’avance. La loi sécurité globale et les décrets de fichage des dissidents sont là pour renforcer l’appareil répressif en vue d’un éventuel prochain round, dont les Gilets Jaunes n’étaient peut-être qu’un avant-goût.

En couverture, on a fait quelques vœux pour 2021. On ajoute qu’on espère que les mobilisations qui ont su perdurer en 2020 (Liban, Irak), ou celles qui ont pointé le bout de leur nez (Biélorussie, Pologne, USA, sans-papiers en France…) flamberont de plus belle ! Pour la révolution, y a encore du boulot. Mais on y travaille. Comme dirait Gramsci : « Aucun jour prévu pour le repos. »

Groupe OCL Île-de-France

*le vaccin nous sauvera-t-il, ou sauvera-t-il seulement les profits de Big Pharma ? Vous le saurez dans ce numéro !




Source: Oclibertaire.lautre.net