Décembre 17, 2020
Par Le Numéro Zéro
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« Travaille, consomme et ferme ta gueule » semble être la phrase du moment. Lois sécuritaires et liberticides, injonction à travailler alors que le spectre du chômage et d’une nouvelle crise économique accentue la misère au boulot… l’équipe du Couac a observé ces phénomènes à différentes échelles durant le second confinement. Dans ce numéro 11, on vous cause donc des galères du taf à Sainté et de sa précarité. Quelques brèves anti-travail, les habituels mots-croisés, l’actu de l’université ou les automnales nouvelles de la métropole des chômeureuses ponctuent ce numéro 11. On vous propose ici l’édito du numéro et un rapide sommaire.

« Travaille, consomme et ferme ta gueule » semble être la phrase du moment. On la voit écrite sur les murs de nos villes, on l’entend résonner dans nos rues les jours de manif. Et, c’est vrai, noël n’a encore pas été annulé cette année, la plupart des commerces sont de nouveau ouverts et les décoratioons sont de sortie. Les lois sécuritaires et liberticides s’enchaînent à un tel rythme qu’on ne sait plus contre laquelle lutter en prioriter : loi « sécurité globale », loi « contre les séparatismes », loi « de programmation de la recherche »… Pendant ce temps, on nous dit que « le travail c’est la santé », on fait comme si le virus ne se transmettait que dans des temps de « loisirs » en dénoncant les regroupements festifs et en encourageant les déplacements pour aller au turbin. Le spectre du chômage et d’une nouvelle crise économique – peut-on encore parler de crises tant celles-ci s’enchaînent les unes aux autres ? – accentue la misère au travail et on sait définitivement que les « partenaires sociaux » ne sont pas de ce nouveau-monde.

L’équipe du Couac a observé, un peu dépassée par l’accélération du temps, ces phénomènes à différentes échelles durant le second confinement. Certain-e-s d’entre nous ne travaillaient pas et se sont pris la tête – au moins au début – sur le choix des motifs de leurs attestations. D’autres ont travaillé à des rythmes et des distances (de l’écran) variables suivant les secteurs d’activités et les formes d’emplois. En tous cas, nous avons tous et toutes charbonné.e.s bénévolement pour sortir ce nouveau numéro et on peut déjà vous annoncer qu’on va calmer notre rythme de travail pour ne sortir que deux numéros en 2021. Une manière d’approfondir nos enquêtes, de se laisser le temps pour la mise en page et les relectures, et d’accompagner les sorties de numéros par des événements publics et radiophoniques.

Dans ce numéro 11 on vous cause donc des galères du taf à Sainté et de sa précarité (“Uber Eats – la précarité comme levier”, page 24 et “Despinasse – la fabrique à carcasses”, page 22). Le dossier traite également des statuts, de leurs effets (“Taffer en indé”, page 16 et “Pour un nouveau partage de la valeur”, page 35) et de leurs nouvelles modalités (“Toutes et tous télésurveillé.e.s”, page 32).

Celles et ceux qui s’organisent pour faire face au vide (“Intermittent-e-s sans travail, pour une intermittence du travail”, page 27) ou pour mettre des mots sur les maux (“La souffrance au travail – une réalité occultée”, page 36) témoignent aussi.

Quelques brèves anti-travail, les habituels mots-croisés, l’actu de l’université ou les automnales nouvelles de la métropole des chômeureuses ponctuent ce numéro 11.

On vous souhaite une bonne lecture et on vous retrouve avec le numéro 12 dans les cortèges de la prochaine fête des travailleureuses.

D’ici-là, attention au burn-out.

P.-S.

Débutée à l’automne 2016, l’aventure Couac réunit une joyeuse bande désorganisée, multiforme et changeante autour de la fabrication d’un journal artisanal à parution irrégulière. Couac s’empare de la liberté d’informer au local et se veut le relais d’initiatives, de luttes ou de dérives sociales et politiques. Sans directrice de publication, sans secrétaire de rédaction et sans carte de presse, la bande rédige, rencontre, interroge, enquête et dessine les contours d’une relative actualité.

Contrairement à bon nombre de titres de presse, – le mal-nommé – Le Progrès en tête, Couac est un journal indépendant, loin de tout actionnariat. Si certain·e·s au Couac ont des cartes d’adhésion ou des codes de factions, le journal est autonome, il n’est affilié à aucune organisation politique ou syndicale. Il n’est que le reflet des sensibilités des différentes personnes participant à son élaboration, que ce soit par l’écriture, la relecture ou toute autre contribution. Couac publie parfois des textes proposés, auxquels il adhère, pleinement ou en partie. L’important étant de montrer un autre regard sur la ville et sur tou·te·s celles et ceux qui la pratiquent et la font vivre.

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Bonne lecture !




Source: Lenumerozero.info