Juillet 28, 2021
Par Archives Autonomie
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En Espagne comme en Italie, les choses ne vont pas bien pour le capitalisme, la crise est grave et les grèves en sont la preuve. Sauf que ces mouvements se nourrissent encore de l’illusion républicaine et du retour aux formes démocratiques et constitutionnelles de gouvernement. Les anarchistes et les bolcheviks poussent encore les masses prolétariennes sur la voie de la lutte pour des revendications immédiates. Sur ce terrain, la petite bourgeoisie intellectuelle et une partie des militaires libéraux ont tenté un mouvement pour abattre la dictature anticonstitutionnelle de Berenguer, qui a succédé à Primo de Rivera. L’insuccès de ce mouvement, qui était vu avec beaucoup de sympathie dans les milieux démocratiques français, a été complet. Était-il prématuré ? Doit-on chercher dans son immaturité la raison de son échec ? Nous ne le pensons pas. Ce mouvement, auquel le prolétariat a participé en l’épaulant, aurait pu avoir du succès si la bourgeoisie espagnole avait eu les moyens de se permettre le luxe d’une période de prospérité économique. Ce qui n’est le cas ni en Espagne, ni en Italie, et le mouvement espagnol a également démontré que la petite bourgeoisie est incapable d’un mouvement autonome et qu’elle n’arrivera pas à elle seule à imposer une république à la bourgeoisie nationale, laquelle a une alliée puissante dans l’idéologie du pouvoir féodal. Seul le prolétariat pourrait donner au mouvement un caractère révolutionnaire et lui offrir des garanties de succès. La révolution prolétarienne pourrait toutefois aussi triompher dans ce pays si les ouvriers nourrissaient en elle un esprit de lutte et de sacrifice, résolu, exempt de toute illusion collaborationniste avec les autres classes, et à condition que leur conscience leur dise clairement que leur révolution ne peut être qu’un simple épisode de la lutte contre le capitalisme international.

L’autre limite, à savoir la dernière expérience espagnole du type “concentration”, a prouvé la justesse des opinions que nous avons exprimées sur la situation italienne et qui vaut évidement aussi pour l’Espagne.

Comme en Italie, en Espagne, seules la dictature des conseils et la guerre révolutionnaire peuvent représenter une contribution efficace au développement de la révolution prolétarienne mondiale.




Source: Archivesautonomies.org