Octobre 9, 2019
Par CNT AIT Toulouse
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Jamais sur notre planĂšte autant de richesse n’a cĂŽtoyĂ© autant de misĂšre, jamais sans doute l’avenir de l’humanitĂ© n’a paru aussi sombre. L’effondrement de l’humanitĂ© est devenu un thĂšme Ă  la mode et des spĂ©cialistes du sujet (« collapsologues Â» :c’est le mot Ă  la mode) sont les vedettes des plateaux tĂ©lĂ©s. Les revues, les livres, les reportages parlant d’effondrement se vendent comme des petits pains. Et pourtant tous les jours, les gens se lĂšvent, vont Ă  leur travail, et le soir allument la tĂ©lĂ© pour s’abreuver de sport, de sĂ©ries ou Ă©couter les exhortations de leurs dirigeants Ă  se serrer un peu plus la ceinture, Ă  faire des efforts.

Le monde va mal mais pourtant tout continue comme avant, comme si de rien n’était. Le monde se rĂ©chauffe, les calottes glaciaires et les glaciers fondent, les ocĂ©ans montent mais dĂšs que les chiffres des ventes de voiture ou d’avions faiblissent, dĂšs que la courbe du commerce mondial baisse un peu, on entend les cris d’effroi des industriels, des actionnaires, des boursiers.

Les populations d’insectes s’effondrent, la disparition des pollinisateurs constitue une catastrophe majeure , tous les scientifiques en sont d’accord, il suffirait d’interdire certains insecticides mais les lobbys veillent , trop d’argent en cause et les gouvernements refusent.

La surpopulation menace, chacun se demande comment demain nourrir 9 milliards d’ĂȘtres humains mais au moindre signe de baisse des taux de natalitĂ© les gouvernements s’alarment : qui fera tourner l’économie ? qui va payer les retraites ?

Les scientifiques dĂ©plorent la disparition des zones humides, l’artificialisation des sols et pourtant les entrepĂŽts gĂ©ants, les zones commerciales, les autoroutes, les lignes TGV se multiplient pour le plus grand bonheur des bĂ©tonneurs, des marchands, des concessionnaires


On pourrait multiplier les exemples, Ă  chaque fois, un mur d’argent s’oppose aux prĂ©conisations de la raison et l’on repousse Ă  plus tard les mesures environnementales nĂ©cessaires. Les gĂ©nĂ©rations futures se dĂ©brouilleront. Il y a un monde entre les discours et les actes car une vĂ©ritable politique respectueuse de l’environnement, au service des populations nĂ©cessiterait un bouleversement total des rĂšgles Ă©conomiques. La recherche du profit maximum est la rĂšgle d’or qui dĂ©termine les choix de n’importe quel entrepreneur sur cette planĂšte. Un industriel ou un commerçant choisit de produire un bien parce qu’il pense pouvoir le vendre et en tirer un profit financier, et parce que l’entrepreneur a des concurrents, il va tout faire pour rendre son produit le plus dĂ©sirable et le moins cher possible. Il y va de la survie de son entreprise et du niveau de ses profits.

Et parce que les Ă©tats sont eux aussi en situation de concurrence entre eux, la ligne de conduite de tous les gouvernements est simple : surtout ne rien faire qui pourrait avoir une incidence nĂ©gative sur la croissance Ă©conomique, ou qui pourrait amputer les profits des entreprises nationales. Chaque Ă©tat ne voit que son intĂ©rĂȘt et c’est pour lui la meilleure façon d’acheter la paix sociale (croissance Ă©gal emploi, rentrĂ©es fiscales, etc…) et de tenir son rang parmi les nations. C’est pour ça que par exemple, l’Europe autorise la vente de produits phytosanitaires notoirement dangereux pour la faune et les populations et c’est Ă©galement pour ça que le gouvernement français a pendant des dĂ©cennies autorisĂ© la vente d’amiante alors que le caractĂšre dangereux (rĂ©sultat : des milliers de malades et de morts) de ce minĂ©ral Ă©tait prouvĂ©. On pourrait multiplier les exemples.

Aujourd’hui, l’écologie intĂ©resse les capitalistes uniquement parce qu’elle constitue un formidable relais de croissance pour les industries et de fabuleuses perspectives de profits. Remplacer les Ă©nergies fossiles par des Ă©nergies renouvelables ? Tant pis si on ne fait que dĂ©placer la pollution et si le rapport entre la quantitĂ© d’énergie nĂ©cessaire pour fabriquer les outils produisant l’énergie (Ă©oliennes, capteurs solaires …) et les rĂ©sultats (quantitĂ© totale d’énergie produite) est faible ce qui est trĂšs dommageable Ă  moyen terme.

Imposer la motorisation Ă©lectrique des vĂ©hicules ? Gigantesque. Tant pis si ce projet nĂ©cessite la construction de nombreuses centrales nuclĂ©aires pour recharger les batteries avec tout ce que cela implique, si la production et le recyclage des batteries est source de pollutions monstrueuses 


Les industriels et les gouvernements nous vantent les vertus Ă©cologiques d’énergies ou d’industries qui Ă  l’examen se rĂ©vĂšlent aussi nocives pour l’environnement et les populations que les anciennes, mais pour sauver l’ordre social existant, pour calmer l’angoisse des populations, tous les coups sont permis pour faire croire que la situation est sous contrĂŽle.

Par exemple, si les insectes pollinisateurs disparaissent, on les remplacera par des armĂ©es de drones robots ou pour limiter le rĂ©chauffement climatique on va mettre en orbite de gigantesques parasols. Pour faire en sorte que rien ne change, pour laisser croire qu’ils dominent la situation, qu’ils possĂšdent les solutions, les maĂźtres du monde, Ă©tats et capitalistes se dĂ©guisent en nouveaux docteurs Faust.

Rien de nouveau, Ă  toutes les Ă©poques, les Ă©tats et les religions ont suscitĂ© alternativement la peur et l’espoir pour obtenir la soumission des populations, pour qu’elles acceptent l’ordre Ă©tabli. Dans des temps pas si anciens, l’état, la religion, les propriĂ©taires disaient que la priĂšre, le paiement de l’impĂŽt, l’obĂ©issance Ă  la loi Ă©taient la meilleure façon de se protĂ©ger des flĂ©aux : Ă©pidĂ©mies, famines, guerres. Aujourd’hui, l’état et les capitalistes nous demandent de leur faire confiance pour gĂ©rer les catastrophes environnementales Ă  venir, ils ont -prĂ©tendent-ils- la solution mais de la mĂȘme maniĂšre que les rois, les religions, les propriĂ©taires Ă©taient par leurs actes cause des guerres, des famines, de la misĂšre, les Ă©tats modernes avec les capitalistes sont la cause des dĂ©sordres du monde.

C’est folie que de leur faire confiance. Ne faisons confiance qu’à nos propres forces, bĂątissons un monde nouveau enfin dĂ©barrassĂ© de la dictature de la marchandise.




Source: Cntaittoulouse.lautre.net