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Edito :

MÊME PAS PEUR ?

Morts-vivants, spectres, revenants, squelettes…
La France aurait-elle peur ? Et la Belgique serait-elle en proie à la terreur la plus fétide ? C’est de saison sans doute. Sous le coup des aléas de l’histoire et des modes, une ancienne fête celtique a été remise au goût jour. Durant cette période, dit-on, la frontière entre le monde des morts et celui des vivants devenait perméable. Les revenants traînant parmi les vivants inspiraient la terreur. En retour, il convenait de faire peur aux revenants pour qu’ils retournent dans leur monde et fichent la paix aux vivants jusqu’à l’année suivante.

Mais aujourd’hui, entre folklore approximatif et opération commerciale, les terreurs d’antan ont perdu de leur substance. On s’amuse à se faire peur, on se fait peur pour rire. Les croquemitaines les plus épouvantables, ce ne sont pas ceux qui ont frappé à nos portes en réclamant « des bonbons ou des sorts »… Apparemment, les monstres qui s’apprêtent à nous hanter vont figurer sur des affiches électorales. La campagne présidentielle en France a déjà démarré, sans dire son nom, avec le spectre de l’extrême-droite toujours présent, comme épouvantail et caution pour les « gentils monstres » quiètement républicain. En Belgique, c’est un autre spectre qui remue et s’extrait de la fange : selon un récent sondage, plus d’un tiers de la population pense « que la société serait mieux gérée si le pouvoir était concentré dans les mains d’un seul leader », se dit désireuse de confier le pouvoir à une « autorité éclairée ».
Nous anarchistes, avons toujours pensé que le parlementarisme était aussi oppressif que les dictatures les plus assumées. Notre projet de société : égalitaire, adelphique, autogestionnaire. Nous restons hostiles à toute forme de gouvernement et continuerons d’inciter la société à s’organiser « d’en bas », sans l’attente d’un sauveur ou d’une sauveuse suprême, tombé·e des urnes ou d’un plébiscite. Même pas peur ! Devant les monstres et les croquemitaines de l’oppression, les anarchistes n’ont jamais accepté de subir la peur. Ils et elles ont recours à une tout autre voie. On appelle ça la révolte.



Source: Grainedanar.org