Suite Ă  des problĂšmes internes Ă  l’équipe du Monde Libertaire, ces deux numĂ©ros n’ont pu sortir comme prĂ©vu pour le premier dĂ©but juillet et pour le second dĂ©but septembre. Ils sortent donc dĂ©but septembre tous les deux Ă  quelques jours d’intervalle. 

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Edito : 

« Ils ont un drapeau noir en berne sur l’espoir
 ». Nous ne donnerons pas dans le monochrome, n’en dĂ©plaise Ă  Soulage. Nous avons voulu un numĂ©ro d’étĂ© riche en lumiĂšre, en couleurs. Alors ce dossier consacrĂ© Ă  l’art dans l’anarchie, Ă  l’anarchie dans l’art, Ă  l’art narchie
 Pour vous accueillir, Paul Signac et sa toile « Au temps d’harmonie :l’ñge d’or n’est pas dans le passĂ©, il est dans l’avenir. ». Son histoire ? Fin du XIXe siĂšcle, de nombreux artistes partagent les idĂ©es anarchistes. Paul Signac, en rĂ©ponses aux attentats, dĂ©cide de peindre une toile oĂč seraient reprĂ©sentĂ©s les idĂ©aux anarchistes. Et ce sera une toile de 4m par 3. L’art, comme l’anarchie, se nourrit de patience, commencĂ©e en 1 893, elle ne sera achevĂ©e qu’en 1 895. Dans le mĂȘme temps, Signac propose Ă  son ami le peintre Henri-Edmond Cross de rĂ©aliser une toile sur le mĂȘme thĂšme. Et ce sera « L’air du soir » (1 893-1 894). Entre le premier coup de pinceau de Signac et la fin de sa toile, le 25 juin 1894, Ă  Lyon Sadi Carnot est assassinĂ©. Viendra la 3 e loi scĂ©lĂ©rate, loi du 28 juillet 1 894, qui interdira toute propagande anarchiste. Le tableau de Signac devait initialement s’intituler Au temps d’anarchie


Mais revenons au dossier. Nous n’avons, bien sĂ»r, pas explorĂ© toutes les formes d’art possible, l’art n’a pas de limites. « Dis-donc, Il y a un trĂ©sor dans la maison d’à cĂŽtĂ©. /-Mais, iln’ya pas de maison Ă  cĂŽtĂ© !/- Alors nous en construirons une. ». Pas de limites

Un mathĂ©maticien dirait de « moins l’infini » Ă  « plus l’infini ». Nous ne soutiendrons pas les artistes du « moins l’infini » qui tirent l’esprit humain vers le bas, le normalisĂ©, le courtisĂ©, l’infĂ©odĂ©, l’institutionnalisĂ© ou le simple foutage de gueule. Nous rejoindrons les autres « Ilya vingt-mille ans qu’ils sont Ă  leur fenĂȘtre, /Ilya vingt-mille ans qu’ils crient dans le dĂ©sert! »

Un compagnon, Ă  la fin de son article, fait un rappel que je lui emprunte « Extrait des Principes de base de la FĂ©dĂ©ration Anarchiste – Nos objectifs – : Les anarchistes luttent pour une sociĂ©tĂ© libre, sans classe ni États, ayant comme buts premiers : « â€Š L’égalitĂ© dĂšs la naissance des moyens de dĂ©veloppement, c’est-Ă -dire d’éducation et d’instruction dans tous les domaines de la science, de l’industrie et des arts . Â»

Tout d’abord il nous faut vous demander de nous excuser pour le trĂšs gros retard du magnifique numĂ©ro d’étĂ© ; Trop d’articles et illustrations Ă  traiter (96 pages au lieu de 56), coup de « fiu » d’une rĂ©daction toujours sur la brĂšche, pause estivale (bien mĂ©ritĂ©e) de l’imprimerie, virus assassin, canicule terrassante
 la liste est longue des mauvaises raisons pour avoir ratĂ© l’obstacle
 Promis nous en tirerons les consĂ©quences.

Mais donc, c’est la rentrĂ©e. Pendant l’étĂ©, la Macronie s’est aiguisĂ©e les dents. Les stocks de lacrymos, de protĂšge-tout, de tonfas et grenades, de drones sont bien en place. Et les amendes tombent dru, comme les feuilles en automne. Amendes pour imposer le port du masque, amendes pour imposer l’absence de masque, amendes pour manifestation interdite, amende pour regroupement interdit, etc. etc. Alors que l’État respecte de moins en moins ses propres lois, c’est par tous les moyens qu’il s’affaire Ă  nous les imposer. La doctrine Ă©tatique c’est : « Meurtrir les chairs – vider les porte-monnaies ». L’assaut libĂ©ral contre tout ne peut passer qu’en force, il s’agit que chacun prennent peur et reste Ă  la maison Ă  manifester – ou s’endormir – sur son canapĂ© comme l’immense majoritĂ© des des 66 millions de confinĂ©s du printemps dernier. D’autres se seront donnĂ©s l’illusion d’agir en cliquant sur une des mille pĂ©titions rĂ©clamant le « monde d’aprĂšs ».

Mais pendant l’étĂ© les anarchistes aussi se sont aiguisĂ©s, que ce soit mi-juillet aux Reclusiennes ou mi-aoĂ»t aux Rencontres anarchistes organisĂ©es Ă  Merlieux par le groupe Kropotkine de la FĂ©dĂ©ration Anarchiste. Des moments de camaraderie et d’organisation ; quand l’épĂ©e se renforce, ainsi fait le bouclier
 Mais renforcer les banderoles ne suffit pas, il nous faut ĂȘtre offensif, prendre l’initiative en dĂ©montrant par les faits que l’anarchie n’est pas le chaos brutal que la presse se plaĂźt Ă  dĂ©peindre, mais une forme d’organisation de la citĂ© qui permet Ă  toutes et tous de prendre ensemble les meilleures dĂ©cisions.
Ainsi l’incroyable succĂšs des coopĂ©ratives alimentaires du groupe Henri Poulaille de Saint Denis doit faire des Ă©mules. Que mille fleurs fleurissent , disait le sanguinaire prĂ©sident Mao, nous dirons ici Que mille coopĂ©rateurs s’auto-organisent , sans chefs, sans salariĂ©s et sans bureaucratie, pour dĂ©cider de ce qui remplira leur assiette.
Coller, tracter, manifester c’est nĂ©cessaire, mais d’une efficacitĂ© des plus modestes
 ce n’est qu’au sein mĂȘme des activitĂ©s quotidiennes les plus triviales que nous pouvons convaincre du bien fondĂ© de nos idĂ©es, et les mettant Ă  l’Ɠuvre ! Et le moment des « courses » est devenu celui de l’action politique. La voie est maintenant bien pavĂ©e, c’est facile nous disent les Dionysiens ; il ne s’agit plus que de s’y coller et accĂ©lĂ©rer un mouvement d’ensemble, fĂ©dĂ©ral, au sein duquel Ă  l’image des Diony Coop du 9-3, l’individu ne peut bloquer le groupe, ni le groupe oppresser l’individu !

Le pouvoir est bout du panier ; sous les paniers, la rage !


Article publié le 28 Sep 2020 sur Grainedanar.org