L’heure est au déconfinement et à la préparation du « monde d’après » que Macron tente de faire passer pour plus social et solidaire. Ne soyons pas dupes de ces belles annonces, elles sont avant tout électorales et veulent aussi « fluidifier » les rapports sociaux (entre employé-es et employeur-ses) pour éviter une reprise du travail trop houleuse car la colère est bien là. Déjà dans des hôpitaux, des EHPAD, des centres commerciaux, des usines, des luttes ont lieu contre l’injonction de travailler coûte que coûte …

A travers les décisions sanitaires- souvent brouillonnes ou impossibles à mettre en œuvre- qu’il prend, le gouvernement voudrait se présenter comme le gardien de notre santé mais, en réalité, son objectif premier n’est que la reprise du travail pour relancer l’économie capitaliste. Économie qui repose sur le travail humain, c’est encore plus flagrant aujourd’hui car pour la sauver, on nous demande de reprendre le travail quitte au sacrifice …

Souhaitons-nous que ce système perdure ?

Celui-là même qui nous a imposé hier la réforme des retraites (travailler plus longtemps pour moins de retraite), qui impose l’austérité à l’hôpital public – on en paie les conséquences – et dans tous les services publics et utilise la matraque contre toutes révoltes pour plus d’égalité, comme celle des gilets jaunes ?

Et pour demain ? On nous promet déjà des « jours difficiles » … il faudrait rembourser les centaines de milliards prêtés aux banques et aux grandes entreprises par le gouvernement. Pour nous, c’est non ! La crise de 2008 nous a rappelé une des leçons de la résolution d’une crise par l’État et le Capital : socialisation des pertes, privatisation des profits. Et les ordonnances prises dans le cadre de l’état d’urgence sanitaire seront là pour tenter de nous discipliner : fin des 35 heures, restrictions des congés payés, limitation de la contestation, etc

Pour contrer toutes les dispositions antisociales mais aussi liberticides qui sont et vont être prises, il est vital d’être offensif-ve et de construire un mouvement des travailleur-ses le plus fort possible … Au-delà du droit de retrait que nous appelons à exercer massivement face aux risques sanitaires qu’on nous ferait prendre (manque de masques, distanciation impossible, etc), il nous semble important d’utiliser l’arme de la grève et cela dans tous les secteurs pour défendre nos droits mais aussi passer à l’offensive et obtenir davantage. Cela ne peut se faire chacun de son côté et demande une coordination.

Car bien sûr, les difficultés financières, sociales, psychologiques sont bien présentes à cause du confinement et il faudra les surmonter pour la survie de chacun-e. Reprendre le travail, c’est retrouver un salaire – surtout que les mesures de chômage partiel sont en train d’être diminuées pour le mois de juin. Mais une reprise, à quel prix sanitaire ? Et surtout social ? Dans l’Histoire, les moments de crise ont souvent été des moments décisifs pour les droits des travailleur-euses. Si nous ne nous mobilisons pas, l’exploitation sera plus forte encore. Le capitalisme est en crise, ne le sauvons pas et changeons de système ! Des propositions émergent, notamment au sein de notre union interprofessionnelle Solidaires, grâce à notre bagage revendicatif.

L’Union syndicale Solidaires Nord appelle à :

- Construire les solidarités dans ces moments difficiles : distribution alimentaire, distribution de masques, système de garde d’enfants dans les règles de sécurité sanitaire. Des initiatives existent déjà, par exemple avec les brigades de solidarité populaire ou des réquisitions autogérées de moyens de production .

Soyons inventif-ves et solidaires.

- Ne pas replonger dans « le monde d’avant », qui n’est pas « normal » mais construire un monde meilleur.

- Discuter et s’organiser pour la lutte, notamment par la grève. Soit à distance via des outils numériques faciles d’utilisation que Solidaires Nord peut mettre à disposition. Soit sur les lieux de travail où c’est possible dans le respect des règles sanitaires.

- Diffuser et débattre de cet appel à faire grève pour construire un mouvement social large de transformation sociale et écologique.

- Exercer le droit de retrait face aux reprises de travail irresponsables.

Pour une transformation sociale et écologique radicale (voir sur nos sites pour nos revendications précises), augmentons la pression sur le pouvoir dominant !

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Union syndicale interprofessionnelle départementale Solidaires Nord

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Article publié le 29 Mai 2020 sur Solidaires.org