Octobre 16, 2021
Par Contretemps
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Que s’est-il passĂ© ? Comment en est-on arrivĂ© Ă  une situation oĂč une tĂȘte de gondole mĂ©diatique aux prises de position fascisantes se transforme en un potentiel candidat Ă  l’élection prĂ©sidentielle adulĂ© par nombre de mĂ©dias dominants ? Comment Zemmour vient-il s’installer sur les terres de l’extrĂȘme droite tout en contournant le Rassemblement national affaibli par sa rĂ©cente dĂ©faite Ă©lectorale et dĂ©stabilisĂ© en interne ?

C’est ce qu’analyse ici Stathis Kouvelakis en insistant sur la recomposition de cette extrĂȘme droite scindĂ©e en deux mais qui ancre en tout cas la banalisation d’un racisme structurel et de positions nĂ©ofascistes. Le niveau de pĂ©nĂ©tration de cette extrĂȘme droite dans les catĂ©gories populaires a de quoi tout particuliĂšrement alarmer : il nĂ©cessite luciditĂ© et construction d’alternatives claires.

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Pour fulgurante qu’elle puisse paraĂźtre, l’ascension d’Éric Zemmour sur la scĂšne politique ne tombe assurĂ©ment pas du ciel. Comme l’analyse Ugo Palheta, ce probable (Ă  l’heure oĂč sont Ă©crites ces lignes) transfert du principal poids-lourd mĂ©diatique de l’extrĂȘme-droite vers le terrain de la compĂ©tition partisane concentre les tendances lourdes de la pĂ©riode : elle en est « le symptĂŽme Â», elle les rĂ©vĂšle, au sens d’un processus chimique. RĂ©sumons-les briĂšvement : depuis la pĂ©riode Sarkozy, s’affirme une radicalisation Ă  droite du centre de gravitĂ© de la vie politique et du dĂ©bat public – ou plutĂŽt de ce qui en tient lieu. Les thĂ©matiques naguĂšre portĂ©es par la seule extrĂȘme-droite saturent le discours politico-mĂ©diatique mainstream, couvrant un espace qui va de la gauche (prĂ©tendument) « rĂ©publicaine Â» de Manuel Valls et de Laurent Bouvet au Rassemblement national (RN) en passant par la droite bourgeoise et les reprĂ©sentants du pouvoir macronien, dĂ©sormais ralliĂ©s Ă  la lutte contre l’« islamo-gauchisme Â» et le « sĂ©paratisme Â». Elles s’articulent autour d’un racisme dĂ©complexĂ©, fĂ©rocement islamophobe, dĂ©bouchant sur le mythe, gros d’un potentiel de violence exterminatrice, du « grand remplacement Â». Éric Zemmour est l’un des noms les plus marquants de cette dynamique de fascisation et son ubiquitĂ© mĂ©diatique, l’aboutissement d’un processus qui s’étale sur plusieurs annĂ©es, Ă  la fois accompagnement et aiguillons parmi les plus efficaces.

Un changement de conjoncture

La tentation est donc grande de n’en faire qu’un Ă©piphĂ©nomĂšne, un effet de surface, simple bulle sondagiĂšre ou « artefact mĂ©diatique Â». Pourtant, le passage du statut de polĂ©miste hypermĂ©diatisĂ© Ă  celui du potentiel candidat Ă  la prĂ©sidentielle, susceptible mĂȘme d’arriver au second tour Ă  en croire certains sondages, n’a rien d’une Ă©vidence. Il y a quelques mois Ă  peine, qui pensait Ă  une telle Ă©ventualitĂ© ? Qui prĂ©voyait qu’un Zemmour serait en mesure de dĂ©stabiliser Marine Le Pen et son parti, solidement campĂ©s sur le crĂ©neau Ă©lectoral de l’extrĂȘme-droite depuis quatre dĂ©cennies, ayant dĂ©jĂ  atteint Ă  deux reprises le second tour de la prĂ©sidentielle, et, selon des sondages pas si anciens, en passe mĂȘme de combler l’écart avec Macron dans l’hypothĂšse d’un second tour en 2022 ? Pour le dire autrement, si le phĂ©nomĂšne Zemmour resterait incomprĂ©hensible sans la dynamique de long terme qui le porte, il ne pourrait pas prendre la voie proprement politique dans laquelle il semble s’engager si un changement de conjoncture n’était pas intervenu au cours des derniers mois.

Car « quelque chose Â» s’est bien passĂ©, ou plus exactement est devenu visible, lors des derniĂšres Ă©lections rĂ©gionales, avec le rĂ©sultat moins bon que prĂ©vu du RN, et son incapacitĂ© Ă  conquĂ©rir, et mĂȘme Ă  disputer sĂ©rieusement, une seule rĂ©gion. Un tel Ă©chec – malgrĂ© un score Ă©levĂ© au niveau national – augurait mal de la prĂ©sidentielle, en faisant apparaĂźtre que, quelle que soit la configuration du second tour, le RN est vouĂ© Ă  perdre. Un tel constat signe l’échec de la stratĂ©gie dite « de dĂ©diabolisation Â» que sa dirigeante s’évertue Ă  mettre en Ɠuvre depuis quelques annĂ©es et qui ne fait sens qu’en tant que « stratĂ©gie de second tour Â», visant Ă  rassembler une majoritĂ© Ă  l’occasion d’une prĂ©sence, considĂ©rĂ©e comme acquise, au second tour de l’élection prĂ©sidentielle.

Cette quĂȘte de respectabilitĂ© est par ailleurs un passage obligĂ© pour toute formation qui prĂ©tend gĂ©rer l’Etat bourgeois et les affaires du capital – de lĂ  les multiples gages donnĂ©s au cours des derniers mois aux classes dominantes française et europĂ©ennes (abandon de la sortie de l’euro, engagement Ă  rembourser la dette, compatibilitĂ© revendiquĂ©e de la politique de « prioritĂ© nationale Â» et de l’essentiel du cadre de l’UE). DĂ©but 2021, le RN semblait en passe de rĂ©ussir sa transformation en potentiel « parti de gouvernement Â» et son arrivĂ©e au pouvoir, sans doute en alliance avec une partie de la droite bourgeoise, Ă©tait trĂšs largement considĂ©rĂ©e comme une hypothĂšse crĂ©dible.

Et voilĂ  que la contre-performance des rĂ©gionales vient dĂ©stabiliser en profondeur cette orientation, provoquant, ou accĂ©lĂ©rant, le dĂ©part d’élus, de cadres et de militants. On se rend alors compte, que, malgrĂ© le niveau ses scores et son influence dans les secteurs les plus dĂ©cisifs de l’électorat (les jeunes, les actifs, les couches populaires), le RN reste une machine modeste en tant que parti, et mĂȘme en tant que machine Ă©lectorale. Une telle formation se rĂ©vĂšle ainsi particuliĂšrement vulnĂ©rable Ă  un revers Ă©lectoral, et cela touche de plein fouet la figure de sa dirigeante, clĂ© de voute d’un courant politique centrĂ© sur la figure du leader. L’effet est amplifiĂ© par l’amateurisme organisationnel et le nĂ©potisme qui caractĂ©risent la gestion de ses affaires internes. Dans un contexte oĂč se joue l’hypothĂšse d’une possible conquĂȘte du pouvoir, la (relative) dĂ©convenue Ă©lectorale devient Ă©chec stratĂ©gique.

Descendre dans l’arùne

Mais comment expliquer ce revers ? C’est ici qu’intervient le « facteur Zemmour Â», plus exactement son passage d’un statut de champion mĂ©diatique des idĂ©es d’extrĂȘme-droite Ă  celui d’acteur potentiel du champ partisan. Car Zemmour fait une analyse pertinente, de point de vue de son camp politique, de cet Ă©chec. DĂšs le lendemain du scrutin, il y discerne l’effet croisĂ© de la « normalisation Â» du discours lepĂ©niste et de l’extrĂȘme-droitisation du champ politique mainstream : Â« En vĂ©ritĂ©, il n’y a plus de diffĂ©rence aujourd’hui entre son discours et celui d’Emmanuel Macron ou de Xavier Bertrand
 Marine Le Pen parle comme Emmanuel Macron, Emmanuel Macron parle comme Marine Le Pen, ils sont dĂ©jĂ  dans le second tour, puisque personne n’est censĂ© exister Ă  part ce second tour-lĂ , et on voit bien que les Ă©lecteurs refusent cette carte forcĂ©e  Â». Or, cette double banalisation du discours lepĂ©niste (elle parle « comme tout le monde Â» ayant amenĂ© « tout le monde Â» Ă  parler comme elle), effet paradoxal de cette « lepĂ©nisation des esprits Â» dont s’enorgueillissait jadis Le Pen Senior, entame sĂ©rieusement sa capacitĂ© Ă  canaliser la colĂšre et les ressentiments divers qu’il Ă©tait jusqu’alors parvenu Ă  cristalliser.

LĂ  se trouve l’explication de l’échec des rĂ©gionales : contre toute attente, l’électorat du RN a Ă©tĂ© autant, et mĂȘme davantage, touchĂ© par l’abstention que celui des autres formations (mis Ă  part celui de la France insoumise, autre constat d’échec)[1]. Quant aux cadres, ou du moins une fraction significative d’entre eux, voyant s’éloigner la perspective d’une victoire Ă©lectorale, ils sont de plus en plus enclins Ă  critiquer ce qu’ils perçoivent comme un ramollissement et un embourgeoisement de leur parti. Comme le dĂ©clare un ancien responsable de la fĂ©dĂ©ration des Deux-SĂšvres : « Le fossĂ© s’est creusĂ© au fur et Ă  mesure. On nous a interdit d’aller Ă  La Manif pour tous, puis de soutenir GĂ©nĂ©ration identitaire. Marine Le Pen dit que le ‘grand remplacement’ est complotiste, que l’islam est compatible avec la RĂ©publique, qu’elle ne sortira pas de Schengen ni de la Convention europĂ©enne des droits de l’homme
 C’est une gauchiste qui a grandi dans un chĂąteau et hĂ©ritĂ© de la succursale Le Pen Â».

C’est alors que peut dĂ©buter le « moment Zemmour Â» au plan politique. ArmĂ© de ce constat, prenant appui sur son exceptionnelle visibilitĂ©, qui en a fait l’un des aiguillons les plus efficaces de la radicalisation extrĂȘme-droitiĂšre du champ politique, Zemmour paraĂźt en mesure de profiter des difficultĂ©s de la reprĂ©sentante jusqu’alors lĂ©gitime de l’extrĂȘme-droite. Il peut dĂ©sormais se prĂ©senter lui-mĂȘme comme un porte-parole lĂ©gitime sur le terrain de la compĂ©tition politique de cette radicalisation pour laquelle il a tant ƓuvrĂ© sur le terrain mĂ©diatique.

C’est ce que traduisent les donnĂ©es qualitatives de certains sondages rĂ©cents, qui indiquent une montĂ©e fulgurante de sa possible candidature. Zemmour arrive Ă  attirer des intentions de vote venant Ă  la fois des candidats Ă©tablis de l’extrĂȘme-droite (Marine Le Pen et son satellite Dupont-Aignan) mais aussi de la droite classique. Il y a davantage : contrairement Ă  ce suggĂ©raient les premiĂšres enquĂȘtes, il semble Ă©galement en mesure d’attirer une partie substantielle de l’électorat populaire (et, dans une moindre mesure, jeune). Un Ă©lectorat qui, rappelons-le, se tourne, depuis plusieurs annĂ©es, de façon croissante vers l’extrĂȘme-droite – mĂȘme en tenant compte de l’abstention Ă©levĂ©e qui affecte ses rangs. Avant mĂȘme la montĂ©e de Zemmour, les sondages suggĂšrent un niveau de pĂ©nĂ©tration de l’extrĂȘme-droite dans les catĂ©gories populaires qui semble aller mĂȘme au-delĂ  des niveaux records de la prĂ©cĂ©dente prĂ©sidentielle : les trois candidats testĂ©s d’extrĂȘme droite totalisent autour de 50% des intentions de vote dans les catĂ©gories « ouvriers Â» et « employĂ©s Â», le total des candidats de gauche se situant, dans ces mĂȘmes catĂ©gories, entre 22 et 25%[2].

L’hypothĂšse Zemmour dessine ainsi les contours d’un bloc potentiellement majoritaire, soudant autour d’une extrĂȘme-droite hĂ©gĂ©monique, dont elle parvient Ă  Ă©tendre le champ d’influence, une partie de la droite bourgeoise classique. Si elle se confirme, elle pourrait accĂ©lĂ©rer l’éclatement de cette derniĂšre, dont une partie s’est dĂ©jĂ  ralliĂ©e Ă  Macron, ou s’apprĂȘte Ă  le faire au cours de la pĂ©riode Ă  venir – c’est au parti nouvellement crĂ©Ă© d’Édouard Philippe que paraĂźt dĂ©volu le rĂŽle de rĂ©ceptacle.

Un transfert inachevé

Si le « moment Zemmour Â» est bien le symptĂŽme d’un processus de radicalisation fascisante du champ politique, il signale aussi que ce processus dĂ©borde dĂ©sormais, ou, Ă  tout le moins, prend de court, ceux qui ont Ă©tĂ© jusqu’à prĂ©sent ses principaux vecteurs et bĂ©nĂ©ficiaires sur le terrain de la reprĂ©sentation politique. Plus que d’une « solution de rechange de la bourgeoisie Â», comme le suggĂšre Ugo Palheta, au sens oĂč la bourgeoisie aurait forgĂ© plusieurs options pour pouvoir en choisir la meilleure (pour ses intĂ©rĂȘts) le moment venu, le phĂ©nomĂšne nous semble relever d’une forme d’« autonomie du politique Â», ou, pour le dire autrement, d’un processus qui Ă©chappe Ă  ses initiateurs. Ce faisant, il agit comme un facteur d’accĂ©lĂ©ration de la fragmentation, donc de l’instabilitĂ© et de l’imprĂ©visibilitĂ©, d’un champ politique dĂ©structurĂ© – ce qui ne fait pas forcĂ©ment les affaires de la bourgeoisie – qui n’aime rien tant que l’ordre et les alternances tranquilles.

Cette autonomie est cependant toute relative. Et cela non seulement au sens oĂč les options politiques de Zemmour sont, Ă  l’évidence, tout autant au service des intĂ©rĂȘts capitalistes que celles des autres reprĂ©sentants du bloc bourgeois. Pour rĂ©ussir la conversion d’un capital mĂ©diatique sur le champ de la compĂ©tition politique partisane, il faut ĂȘtre en mesure d’en acquitter les droits d’entrĂ©e. Et ceux-ci sont Ă©levĂ©s, en particulier pour une campagne prĂ©sidentielle : signatures, finances, meetings, obligation de prĂ©sence – mĂȘme limitĂ©e – sur le terrain. La dĂ©liquescence des partis favorise certes l’entrĂ©e en force d’outsiders dans le jeu politique – la victoire-Ă©clair de Macron en est la preuve – ou le succĂšs de campagnes menĂ©es avec un appareil rĂ©duit au minimum, telle celle de MĂ©lenchon en 2017. Mais, dans les deux cas, les candidats ont pu mobiliser d’importantes ressources : venant des Ă©lites Ă©conomiques dans le cas de l’actuel prĂ©sident, capitalisant sur le long parcours au sein de la gauche politique dans celui du leader de la France insoumise. Reste Ă  voir si Zemmour est en capacitĂ© d’enclencher une mobilisation de ce type, et c’est lĂ  sans doute le sens du report de sa dĂ©cision de se prĂ©senter ou non Ă  la prĂ©sidentielle.

En tant qu’expression d’une (relative) autonomie du politique, dans un contexte de crise organique de la reprĂ©sentation et de fascisation rampante, l’émergence de l’hypothĂšse Zemmour est signe Ă  la fois de force et de faiblesse. Force, en qu’elle montre que ce processus de radicalisation fascisante est ancrĂ© en profondeur, qu’il dispose de rĂ©serves et d’énergies allant au-delĂ  de celles mises en Ɠuvre par ceux qui en ont Ă©tĂ© jusqu’ici les reprĂ©sentants lĂ©gitimes. Faiblesse, car il reste Ă  prouver, d’une part, qu’un tel candidat est susceptible de rassembler davantage qu’une Marine Le Pen et, de l’autre, qu’une extrĂȘme-droite scindĂ©e en deux ailes de taille Ă©lectoralement comparable est plus crĂ©dible que la configuration relativement unifiĂ©e qui s’était imposĂ©e jusqu’à prĂ©sent. Auquel cas, se pose inĂ©vitablement la question du cui bono. Il se pourrait bien, en fin de compte, que la double fonction – dĂ©libĂ©rĂ©ment assumĂ©e ou simplement « objective Â» – de ce personnage issu des entrailles de l’aile rĂ©actionnaire de la droite bourgeoise, Ă  savoir des colonnes du Figaro, soit de dĂ©stabiliser le seul pĂŽle qui, compte tenu du dĂ©labrement actuel de la gauche, semblait jusqu’alors pouvoir mettre (Ă©lectoralement) en difficultĂ© le champion du bloc bourgeois tout en assurant Ă  ses idĂ©es (fascistes) un niveau inĂ©dit de visibilitĂ© et d’acceptabilitĂ©.

En ce sens, et mĂȘme s’il ne va pas jusqu’au bout de sa dĂ©marche, Eric Zemmour a dĂ©jĂ  gagnĂ©.

Notes

[1] Selon le sondage IFOP sortie des urnes, l’abstention a touchĂ© 71% de l’électorat lepĂ©niste de 2017 contre 48, 64 et 60% pour, respectivement, l’électorat de Fillon, Macron et Hamon. Seul l’électorat de MĂ©lenchon s’est davantage abstenu (75%).

[2] Selon l’enquĂȘte IFOP d’octobre 2021, qui le situe Ă  14% des intentions de vote, Zemmour obtiendrait 18% du vote employĂ© (Le Pen 29%, Dupont-Aignan 3%), 13% du vote ouvrier (Le Pen 30%, Dupont-Aignan 6%), 20% des titulaires de CAP/BEP (Le Pen 27%), 15% des salariĂ©s du secteur public (Le Pen 19%, Dupont-Aignan 2M), 10% des moins de 35 ans (Le Pen 19%, Dupont-Aignan 3%) et 14% des 35-49 ans (Le Pen 19%, Dupont-Aignan 3%). En 2017, selon le sondage sortie des urnes IFOP, la catĂ©gorie « ouvriers Â» avait votĂ© Ă  39% pour Le Pen et 3% pour Dupont-Aignan, et les « employĂ©s Â», respectivement, Ă  30% et 5%.

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Source: Contretemps.eu