Cette histoire terriblement triste rappelle à quel point le capitalisme est inhumain, à quel point le management détruit des vies. Mais aussi à quel point les beaux discours sur « les héros » en « première ligne » pendant le confinement étaient hypocrites.

Le 15 mai, près de Caen, deux éboueurs partagent une bière avec un riverain. Cet habitant veut les remercier d’avoir ramassé les poubelles pendant le confinement. Un petit geste d’amitié envers des travailleurs qui ont pris des risques pendant la pandémie. Les deux éboueurs sont convoqués, et immédiatement licenciés par l’entreprise privée Coved, qui les emploie.

Ce vendredi à l’aube, habillé en tenue de travail, l’un de ces éboueurs n’est pas allé au boulot : « il a mis son fusil de chasse dans sa bouche et il a tiré». «Vingt-six ans de carrière, vous vous rendez compte ! » explique un de ses collègues. À ses pieds, ses parents ont trouvé la lettre de licenciement, envoyée la veille. Veuf depuis plusieurs années, cet homme de 46 ans laisse un fils de 18 ans.

Les syndicats dénoncent un management expéditif et de mauvaises conditions sociales, ils ont saisi l’inspection du travail. La famille de la victime envisage de porter plainte.

Chaque année le travail tue des centaines de personnes en France. A cause d’accidents, de maladies, ou de dépressions provoquées par des conditions inhumaines, des pressions psychologiques, des humiliations. Alors que le gouvernement parlait de valoriser les « premières lignes » au plus fort de la crise, tout continue comme avant, et même pire. Les petits chefs qui brisent des vies rendront-ils un jour des comptes ?


https://www.francetvinfo.fr/faits-divers/suicide-d-un-eboueur-pres-de-caen-apres-son-licenciement-sa-famille-envisage-de-porter-plainte-les-syndicats-saisissent-l-inspection-du-travail_4003491.html


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Article publié le 11 Juin 2020 sur Nantes-revoltee.com