Les Dionysiens [1] ont reçu une lettre informant les habitants de la commune d’une série de décrets absolument tous en lien avec une politique sécuritaire au nom de la « tranquillité publique ».

On compte notamment :

  • Un arrêté interdisant la consommation d’alcool de 18h30 à 6h du matin dans les rues.
  • Un arrêté interdisant la vente d’alcool à partir de 21h pour tous les commerces (à l’exception des bars et des restaurants). Autant dire qu’on cible directement les petites épiceries arabes et pakistanaises ainsi que les consommateurs trop peu fortunés pour aller payer des pintes au bar.
  • Enfin, le dernier arrêté sonne bizarrement puisqu’il contraint les « salons de coiffure de la rue de la République et de la rue Gabriel Perri » à fermer leurs portes à 20h.


C’est là que la touche raciste est explicite. En effet, ces salons de coiffure sont exclusivement des salons de coupes afros uniquement fréquentés par des personnes noires de différentes origines.

Le tout s’accompagne évidemment d’un appel à la délation à la police, grande tradition française, dont le PCF fût victime en d’autres temps.

Il est évident que si la question de l’alcool peut poser des problèmes de sécurité publique, ou de nuisance sonore, il est complètement délirant de faire croire que les salons de coiffure créent une nuisance.

En tant que voisins, nous pouvons constater que :

  • Contrairement à ce qui est sous-entendu, les salons afros ne restent pas ouverts une bonne partie de la nuit.
  • Ces commerces ramènent bien moins de monde que les bars du parvis de la basilique, pourtant pas visés par ces arrêtés (mais fréquenté par un public respectable, bien moins basané ça va de soi).
  • Le lien entre délinquance, nuisance et les salons de coiffure ne peut être qu’un lien raciste puisque la seule similitude entre les gens qui bossent dans les salons et ceux qui boivent des coups dans la rue est leur couleur de peau.


Bravo Laurent, taper sur les pauvres, libérer le racisme, ça c’est une politique courageuse (et surtout porteuse) !

Enfin, on peut s’inquiéter d’une dérive toute sécuritaire de la ville de Saint-Denis, où, pour plaire aux nouveaux habitants, la mairie affairiste met tout en œuvre pour éradiquer la présence visible des pauvres en centre-ville. Cela s’est concrétisé par une stigmatisation et une répression de vendeurs à la sauvette, souvent des personnes justes arrivées en France. Pour cela, le maire s’est appuyé sur les petits commerçants réacs plutôt que d’essayer de régler la problématique par une politique sociale. Ils en ont même appelé au très communiste Laurent Nunez pour venir les aider. Tous les Dionysiens du quartier de la gare voient donc régulièrement des pauvres gens avec des brochettes pas bonnes et des babioles à vendre se faire poursuivre et amender par les flics de tout bord, quand ce n’est pas des contrôles virils qui attendent les plus malchanceux·ses.

Tristesse.

Un habitant (vraiment) communiste de Saint-Denis


Article publié le 19 Juil 2019 sur Paris-luttes.info