En 2017, Sergio Moro avait condamné Lula da Silva à neuf ans et demi de prison pour corruption passive et blanchiment d’argent. Souvent accusé de partialité par les soutiens de l’ancien président, il vient d’accepter de devenir le ministre de la Justice du nouveau président d’extrême droite Jair Bolsonaro. En avril, au moment de son incarcération, Lula était largement en tête des sondages…

Dans un éditorial, l’édition brésilienne du journal espagnol El País estime que « Moro a retiré son masque ». Sa décision « entache rétrospectivement ses décisions contre Lula et le Parti des travailleurs. […] Que Moro soit ministre de Bolsonaro jette inévitablement une ombre rétrospective sur le fait de savoir si Lula a pu bénéficier d’un procès équitable ou d’un juge impartial. »

Autre élément troublant : quelques jours avant le premier tour, Sergio Moro avait rendu public le témoignage d’un ancien ministre de Lula incriminant ce dernier. Le quotidien A Folha de São Paulo remarquait alors que ces accusations censément confidentielles, « mises au jour sans preuve pour les corroborer », avaient été proférées en avril. Sergio Moro n’a pas expliqué pourquoi il avait attendu la semaine précédant le scrutin pour divulguer ces éléments.