Septembre 12, 2020
Par CNT AIT Toulouse
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Le fait, dans les pays les plus touchĂ©s comme la France, ce confinement s’est rĂ©vĂ©lĂ© ĂȘtre un calcul politique habile. La peur de la contagion est naturelle et elle entraĂźne historiquement un rĂ©flexe collectif de repli sur soi. Cela s’est vu lors de l’épidĂ©mie de 1969 avec la grippe de Hong-Kong de toutes façons les gens restent chez eux, soit parce qu’ils sont dĂ©jĂ  malades soit parce qu’ils ne veulent pas le devenir. La diffĂ©rence actuelle c’est l’existence de rĂ©seaux mĂ©diatiques dont la puissance sans commune mesure avec ce qui existait y a un demi-siĂšcle Ă©tait en capacitĂ© d’amplifier le phĂ©nomĂšne de repli sur soi jusqu’à le transformer en une Ă©norme panique. Cette panique a Ă©tĂ© canalisĂ©e par l’Etat français. En effet, devant l’incurie de sa gestion il existait un risque que cette panique initiale ne donne lieu par la suite Ă  des mouvements de rĂ©volte. Dans un premier temps le gel de la situation politico-sociale lui a permis une reprise en main des Ă©vĂ©nements sous le mot d’ordre de « faire passer l’humain avant l’économie Â». Cette nouvelle profession de foi humanitaire des politiciens est une foutaise. Comme ce fĂ»t le cas pour la rĂ©volution culturelle , qui a enfantĂ© Pol Pot le gĂ©nocidaire du Cambodge, et comme pour le grand bond en avant, on connaĂźt d’avance le prix humain de ces manƓuvres sur le plan social, Ă©conomique et psychologique . « Quoi qu’il en coĂ»te Â» 
Certes, mais qui va payer ?

Rappelons que dans le monde des Ă©tats du Grand Confinement qui disent tant s’inquiĂ©ter pour notre santĂ©, la faim ne cesse de progresser et on ne voit pas lĂ  de volontĂ© politique de faire passer l’humain avant l’économie , bien au contraire . En 2015, 25.000 personnes sont donc mortes chaque jour de ce flĂ©au (soit 9,1 millions dĂ©cĂšs par an dus Ă  la faim ) . Les prĂ©dictions sur ce qui va suivre sont donc terriblement faciles Ă  faire. A l’échelle mondiale les Ă©carts entre les riches et les pauvres ne vont cesser de grandir, le nombre de victimes de la pauvretĂ© va augmenter, avec son lot de souffrances psychologiques, de maladies et de mortalitĂ©. 

Alors que nous dit ce Grand Confinement ? Qu’au niveau mondial le pouvoir en rĂ©alitĂ© n’ a choisi ni l’économie ni l’humanitĂ©, il a choisi dans un premier temps d’affermir son autoritĂ© pour ensuite ĂȘtre en mesure de nous faire payer les dĂ©cisions qu’il a prises Ă  notre place . C’est pour cela qu’il s’est construit une position de protecteur. 

Sur la page https://www.gouvernement.fr/info-coronavirus/carte-et-donnees il est proclamĂ© en lettres majuscule que « l’État agit pour nous Â». Cette proclamation signe une volontĂ© d’infantilisation , volontĂ© que l’on retrouve dans l’usage immodĂ©rĂ© du terme Â« pĂ©dagogie Â» dans les discours de la classe technocratique et mĂ©diatique. Rappelons-en l’ Ă©tymologie : dans le grec ancien pĂ©dagogie signifiait « conduire des enfants Â» … 

Ce message est donc idĂ©ologique ; Il veut nous persuader que nous ne pouvons pas agir par nous-mĂȘmes, que nous ne comprenons rien. Tout le reste en dĂ©coulera. Par exemple, si les choses se passent mal, ce sera de notre faute parce que nous nous sommes « relĂąchĂ©s Â». Nous avons Ă©tĂ© dissipĂ©s comme on disait autrefois des Ă©lĂšves agitĂ©s du fond de la classe !

Mais nous savons que en pleine Ă©pidĂ©mie l’État français a interdit la vente des masques, proclamĂ© qu’ils Ă©taient inutiles et qu’on est allĂ© jusqu’à licencier des infirmiers qui en rĂ©clamaient. Le 06 Juillet nous avons en effet appris que « Les deux infirmiers d’un Ehpad toulousain qui ont Ă©tĂ© mis Ă  pied du jour au lendemain, fin mars, parce qu’ils rĂ©clamaient des masques en pleine pandĂ©mie restent dans l’attente de la suite de l’instruction de leur dossier. Leur licenciement est dĂ©sormais officiel. Â» (la DDM ). L’État a aussi interdit aux mĂ©decins de prescrire l’ hydroxychloroquine mais a envoyĂ© voter les citoyens le 16 Mars 
 

Puis des Ă©lus ont fait dĂ©visser des bancs pour faire la « guerre au virus Â», passĂ© les trottoirs Ă  l’eau De Javel, inventĂ© la bouffonnerie des « plages dynamiques Â» oĂč pour ne pas s’infecter, il ne fallait pas poser sa serviette sur le sable. Si les institutions ont pris des mesures, ce furent des mesures nuisibles, des mesures inefficaces ou des mesures loufoques, elles n’ont pas agi pour protĂ©ger les gens.

Les libanais ce mois d’AoĂ»t en ont fait l’amĂšre expĂ©rience. Dans ce pays les mesures « sanitaires Â» ont Ă©tĂ© trĂšs dures Ă  tel point que Â« La Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Michelle Bachelet, a sonnĂ© l’alarme sur la crise socio-Ă©conomique du Liban le 10 juillet 2020. Sa dĂ©claration a citĂ© des chiffres libanais et onusiens qui estiment que 75% de la population libanaise a besoin d’aide. Depuis octobre, la lire avait perdu plus de 80% de sa valeur et les coupures d’électricitĂ© chroniques sont dĂ©sormais la norme. En outre, le Liban accueille plus de 250 000 travailleurs migrants, dont beaucoup ont perdu leur emploi, n’ont pas Ă©tĂ© payĂ©s, se sont retrouvĂ©s sans abri et incapables d’envoyer des fonds Ă  leur famille chez eux. Bachelet a appelĂ© les partis politiques du pays Ă  adopter de toute urgence des rĂ©formes et Ă  donner la prioritĂ© Ă  des Ă©lĂ©ments essentiels tels que l’électricitĂ©, l’alimentation, la santĂ© et l’éducation Â» (https://en.wikipedia.org/wiki/COVID-19_pandemic_in_Lebanon),

LĂ  encore,on pourrait penser que l’État libanais avait choisi dans sa grande misĂ©ricorde de faire passer la santĂ© avant l’économie, sauf que 
..le 04 AoĂ»t 2020 l’explosion de 2750 tonnes de nitrate d’ammonium stockĂ©es prĂ©s d’un dĂ©pĂŽt de « feux d’artifices Â» dans le port de Beyrouth nous apportĂ© la preuve du contraire (Pour mĂ©moire cette explosion a fait au moins180 morts et le covid 121 pour tout le pays ).

Si l’État libanais avait Ă©tĂ© prĂ©occupĂ© de sa population, il n’aurait pas laissĂ© 2750 tonnes d’explosifs ainsi abandonnĂ©es en pleine ville pendant 6 ans. Pour le pouvoir l’action politique est dĂ©terminĂ©e de façon triviale. Il s’agit de se renforcer Â« quoi qu’il en coĂ»te Â» pour affaiblir toute contestation. Tout le reste n’est que rhĂ©torique :

Au surplus, dans les actions des hommes, et surtout des princes, qui ne peuvent ĂȘtre scrutĂ©es devant un tribunal, ce que l’on considĂšre, c’est le rĂ©sultat. Que le prince songe donc uniquement Ă  conserver sa vie et son État  : s’il y rĂ©ussit, tous les moyens qu’il aura pris seront jugĂ©s honorables et louĂ©s par tout le monde. ” Machiavel, le Prince.




Source: Cntaittoulouse.lautre.net