Mai 26, 2022
Par Demain Le Grand Soir
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1 / Attaque d’un repas de quartier libertaire : la Jeune Garde met en danger nos luttes

Cette agression est le rĂ©sultat d’interminables embrouilles et tensions entre diffĂ©rents groupes antifas lyonnais, principalement la Jeune Garde et les autonomes de la GALE (Groupe antifasciste Lyon et environs) qui durent depuis des annĂ©es.

Nous sommes des antifascistes anarchistes et autonomes saoulĂ©-x-s par ces groupes et ces embrouilles depuis des annĂ©es. La plupart du temps, on n’est pas prĂ©sent-x-s quand il y a ces embrouilles entre ces groupes et on a que des propos rapportĂ©s. Souvent, on entend juste deux versions, parole contre parole, on peut pas savoir qui ment, et ça finit juste par nous fatiguer et nous dĂ©goĂ»ter du « milieu Â» antifa.

Ce 1er mai, on Ă©tait prĂ©sent-x-s place Colbert. On a Ă©tĂ© tĂ©moins. Comme tous les gens qui Ă©taient lĂ , impossible de renvoyer les responsabilitĂ©s dos-Ă -dos : on a Ă©tĂ© tĂ©moins d’une attaque par la Jeune Garde.

Ce qu’il s’est passĂ©

Environ une heure aprĂšs l’arrivĂ©e de la manif, il y avait une centaine de personnes sur la place Colbert, des militant-x-s, des familles
 Il faisait beau, on buvait le punch de Radio Canut et une chorale militante mettait une ambiance sympa. Les membres de la Jeune Garde n’étaient pas lĂ , parti-x-s rapidement de la place aprĂšs l’arrivĂ©e de la manif. Visiblement, iels sont allĂ©-x-s se regrouper un peu plus loin.

D’un coup, iels ont dĂ©barquĂ©-x-s Ă  une quarantaine en colonne d’un pas rapide sur la place Colbert. Pendant quelques secondes, on a cru que c’était une des milices fascistes du Vieux Lyon qui venait nous attaquer, comme ces groupes le font rĂ©guliĂšrement lors d’évĂ©nements militants. Mais on a vite reconnu les membres de la Jeune Garde, qui se sont positionnĂ©-x-s en ligne dans une attitude menaçante et provocatrice face un groupe d’une vingtaine de personnes, parmi lesquelles des membres ou proches de la GALE.

Ces dernier-x-s sont restĂ©-x-s Ă  distance et ont envoyĂ© un petit groupe de meufs discuter. À peine arrivĂ©es devant la Jeune Garde, des coups ont Ă©tĂ© donnĂ©s et c’est parti en bagarre gĂ©nĂ©rale. Plusieurs personnes ont Ă©tĂ© blessĂ©es, la plupart Ă©tant des gens comme nous qui n’avaient rien Ă  voir avec les embrouilles et qui essayaient de s’interposer. On n’a pas vu qui a donnĂ© le premier coup ou dit le premier mot de travers et on s’en fiche, ce qu’on a vu c’est que la Jeune Garde Ă©tait venue dans l’unique but de se battre. Rien dans leur action n’était diffĂ©rent des attaques de milices fascistes qu’on a vu/subit par le passĂ©.

AprĂšs quelques minutes violentes et choquantes, beaucoup de gens sont partis de la place, dont les personnes visĂ©es comme appartenant Ă  la GALE. Une voiture de la natio est passĂ©e devant la Jeune Garde qui restait sur la place sans ĂȘtre inquiĂ©tĂ©e par les flics, qui ont suivi direct les gens qui s’enfuyaient, dont nous, ce qui nous a mis en danger. On prĂ©cise qu’on est parti-x-s pas parce qu’on est potes avec la GALE, mais juste parce que la Jeune Garde nous a fait flipper et qu’on avait peur qu’iels nous agressent.

Personne n’est irrĂ©prochable, mais la Jeune Garde a dĂ©passĂ© toutes les limites

Nous sommes loin d’ĂȘtre des proches de la GALE. Nous avons eu de nombreux dĂ©saccords vis-Ă -vis des positions et comportements de membres ou de proches de la GALE. Nous nous organisons trĂšs peu avec elleux car nous leur reprochons de nombreuses choses (sur lesquelles nous ne nous Ă©talerons pas ici). Mais, ce qu’a fait la Jeune Garde, on n’avait jamais vu un truc aussi grave de la part « d’antifas Â».

On a entendu les versions des deux sur les bagarres/agressions/vengeances qu’il y a eu entre elleux ces derniers temps et qui ont menĂ© Ă  cette triste scĂšne, et on trouve que personne n’est irrĂ©prochable. Mais dans tout ce qui a Ă©tĂ© dit, que ce soit vrai ou faux, absolument rien ne justifie cette attaque par la Jeune Garde. Cette action stupide et viriliste ne pouvait que faire empirer dangereusement les choses.

C’est n’importe quoi de dĂ©barquer en colonne en montrant les muscles et en essayant d’intimider. De chercher Ă  rĂ©soudre un diffĂ©rend entre « antifas Â» par la violence (on n’est pas systĂ©matiquement contre le recours Ă  la violence, mais on considĂšre qu’elle doit ĂȘtre rĂ©servĂ©e Ă  nos vĂ©ritables ennemis : les fachos, machos, capitalistes et autres oppresseurs, et les flics qui les protĂšgent).

Ce comportement est symptomatique d’une maniĂšre assez gĂ©nĂ©rale de concevoir la lutte antifasciste. Celui qui dit la vĂ©ritĂ©, c’est celui qui tape le plus fort. À la moindre critique, on propose de “s’expliquer dans une ruelle” (on comprend toustes ce que ça veut dire). Vous ĂȘtes sĂ»r-x-s que la meilleure maniĂšre d’agir contre l’extrĂȘme-droite, c’est d’agir selon des codes virilistes utilisĂ©s par les fachos eux-mĂȘmes ? Et de dire bien fort devant les camĂ©ras que la Jeune Garde n’est pas violente
 bande d’hypocrites.

Cette attaque est d’autant plus grave qu’elle a Ă©tĂ© prĂ©parĂ©e : genre en se donnant rendez-vous avant, en y allant ensemble, y en a pas un-e seul-e dans le lot qui s’est demandĂ© si c’était pas une idĂ©e de merde qui ne rĂ©soudrait rien ? Cette prĂ©mĂ©ditation de la violence est beaucoup plus grave qu’une rĂ©action violente sous le coup de la surprise ou de l’impulsion (mĂȘme si c’est aussi un problĂšme).

La Jeune Garde profite que la GALE soit affaiblie par la répression

La GALE a fait l’objet ces derniers temps d’une rĂ©pression Ă©tatique particuliĂšrement violente. Pour rappel, des gens proches de la GALE ont passĂ© plusieurs semaines en prison l’automne dernier avant d’ĂȘtre relaxĂ©s, Ă  cause d’une procĂ©dure complĂštement fallacieuse et d’un acharnement policier et politique. Plus rĂ©cemment, la GALE a Ă©tĂ© dissoute par le gouvernement. Dans tous les pseudo-Ă©lĂ©ments invoquĂ©s par le ministĂšre pour justifier cette dissolution, pas un seul n’est aussi grave que les violences qu’a dĂ©clenchĂ© la Jeune Garde ce 1er mai.

La Jeune Garde ne subit pas autant de rĂ©pression (et on ne lui souhaite pas). LĂ , clairement, elle profite que la GALE soit affaiblie par la rĂ©pression judiciaire, que ses membres n’aient plus le droit de se regrouper et s’organiser ensemble, que certain-x-s de ses proches risquent des condamnations judiciaires et la prison, que le groupe soit privĂ© de ses moyens de communications (comptes sur les rĂ©seaux sociaux
).

MalgrĂ© tout ce qu’on peut reprocher Ă  la GALE, iels ont notre soutien total et inconditionnel face Ă  la rĂ©pression violente et injuste qui s’abat sur elleux. Cette rĂ©pression est une menace grave pour tous les mouvements et groupes antifascistes, anti-autoritaires et/ou progressistes. Au-lieu de s’organiser pour se dĂ©fendre collectivement face Ă  cette attaque d’une gravitĂ© sans prĂ©cĂ©dent, la Jeune Garde en profite pour essayer de prendre une position dominante sur l’antifascisme lyonnais, en enfonçant encore plus son « rival Â».

Depuis sa crĂ©ation, la Jeune Garde s’est revendiquĂ©e ouvertement contre « l’antifascisme autonome Â». En tant qu’autonomes et anti-autoritaires, on n’est pas d’accord dans le fond. Mais dans la pratique, on est OK pour en dĂ©battre et pour soutenir / collaborer avec des groupes qui ont d’autres modes d’organisation que nous. En participant Ă  la tentative de l’État d’éliminer la GALE, la Jeune Garde veut affaiblir l’antifascisme autonome par la violence et la rĂ©pression, plutĂŽt qu’en dĂ©fendant sa propre vision alternative de l’antifascisme. Et de fait, nous sommes antifascistes, nous militons de maniĂšre autonome et mĂȘme si nous ne militons pas aux cĂŽtĂ©s de la GALE, nous sommes menacĂ©-x-s par la Jeune Garde.

La Jeune Garde et les groupes qui s’organisent avec elle doivent rendre des comptes

La situation actuelle affaiblit l’ensemble des luttes antifascistes locales, dont la plupart des gens impliquĂ©-x-s comme nous ne sont ni Ă  la GALE ni Ă  la Jeune Garde. À dĂ©faut de rĂ©concilier ces deux groupes, il faut au moins qu’ils puissent coexister en s’ignorant mutuellement, pour qu’on puisse consacrer le maximum de notre Ă©nergie Ă  lutter contre la menace fasciste.

Pour qu’un apaisement soit possible, la Jeune Garde va devoir se calmer et ne jamais recommencer une telle action. Elle a des comptes Ă  rendre Ă  l’ensemble des militant-x-s et collectifs « progressistes Â» / « de gauche Â». Sans ça, au vu de ce dont nous avons Ă©tĂ© tĂ©moins ce 1er mai, nous les considĂ©rons comme des ennemis de nos luttes, tout aussi dangereux que les fascistes.

Rappelons Ă©galement que la Jeune Garde a dĂ©jĂ  Ă©tĂ© dĂ©noncĂ©e par des militant-x-s racisĂ©-x-s et/ou LGBTQ+ pour des propos racistes, islamophobes, transphobes, homophobes. L’annĂ©e derniĂšre, un militant antiraciste s’est fait agresser par des membres de la Jeune Garde et avait tĂ©moignĂ© publiquement. Depuis, non seulement la Jeune Garde ne s’est pas exprimĂ©e, encore moins remise en question, mais elle a fait des autonomes antifascistes la vĂ©ritable cible de sa lutte, que ce soit par des insultes, des coups de pression, des reprĂ©sailles violentes ou une exclusion pure et simple de l’organisation de manifestations et autres Ă©vĂ©nements antifascistes.

En juin 2021, lors d’une discussion avec Usul, RaphaĂ«l Arnault, porte-parole de la Jeune Garde, tenait les propos suivants, symptomatiques du mode de pensĂ©e de la Jeune Garde : “Malheureusement, ce n’est plus seulement les militants antifascistes qui sont visĂ©s par la menace de l’extrĂȘme-droite, mais bien de nombreuses personnes, que ce soit en raison de leur couleur de peau, de leur orientation sexuelle ou de leurs idĂ©es politiques”. Il serait utile de rappeler que les personnes racisĂ©es, les personnes musulmanes et juives, et les personnes LGBTQIA+ sont les premiĂšres cibles de l’extrĂȘme-droite, mais manifestement la Jeune Garde ne l’a toujours pas compris puisqu’à chaque manifestation, le cortĂšge des personnes les plus vulnĂ©rables est relĂ©guĂ©e en fin de cortĂšge
la position la plus fragilisĂ©e et la plus invisible. Ces mĂȘmes personnes qui se font agresser tous les jours reçoivent un message clair : “La lutte antifasciste, c’est un truc de mascu viriliste blanc, vous n’avez pas votre place dans la lutte antifasciste en dehors de notre utilisation de votre image de victimes de l’extrĂȘme-droite”. Il est bien beau de parler de lutte antiraciste, antisexiste, anti-LGBTQphobie, antifasciste devant les camĂ©ras, lorsque la Jeune Garde perpĂ©tue ces discriminations de maniĂšre autoritaire et violente, sans aucune rĂ©action des diverses organisations et collectifs qui continuent, malgrĂ© tout, de s’organiser avec eux.

De nombreux groupes rĂ©volutionnaires, anarchistes et anti-autoritaires s’organisent avec la Jeune Garde. Beaucoup d’entre eux le font Ă  cause de dĂ©saccords avec la GALE, avec qui on ne leur demande pas de se rĂ©concilier mais seulement de les soutenir face Ă  la rĂ©pression qu’iels subissent et l’agression de ce 1er mai. Des membres de nombreux groupes/collectifs Ă©taient prĂ©sents et tĂ©moins de cette attaque. Personne n’a pour le moment pris de position publique sur le sujet. C’est notamment le cas Ă  Lyon de l’UCL, Solidaires, la CNT ou encore le NPA. Ces orgas et syndicats, par lesquelles certain-x-s d’entre nous sont passĂ©-x-s ou sont proches, ne peuvent pas Ă  la fois se dire contre le fascisme et continuer Ă  s’organiser avec la Jeune Garde sans lui demander de rendre sĂ©rieusement des comptes sur cette attaque et s’assurer que ça ne se reproduira jamais.

Des militant-x-s antifascistes, autonomes et anarchistes

2/ Information publique sur plusieurs agressions contre des militant·es de la Jeune Garde et des militant·es du milieu antifasciste à Lyon

Des organisations du collectif unitaire lyonnais Fermons les locaux fascistes, auquel participe le groupe local de Lyon de l’Union communiste libertaire, ont rĂ©digĂ© le communiquĂ© suivant :

Lyon, le 20 mai 2022

Information publique sur plusieurs agressions contre des militant·es de la Jeune Garde et des militant·es du milieu antifasciste à Lyon

Le milieu militant antifasciste et plus largement luttant contre l’extrĂȘme droite et ses idĂ©es est secouĂ© depuis quelques semaines par une vague d’agressions, perpĂ©trĂ©es non pas par un groupuscule fasciste mais par des militant·es se revendiquant elles et eux-mĂȘmes de l’antifascisme. À Lyon, Paris, et ailleurs, ces agressions blessent dĂ©jĂ , menacent des manifestations, remettent en cause des initiatives unitaires.

Des versions mensongĂšres ou approximatives des faits sont propagĂ©es par les auteur·rices des agressions, cherchant Ă  aggraver la crise. Au contraire, pour les organisations lyonnaises signataires de ce texte, l’urgence est au rĂ©tablissement du calme, Ă  l’exposition claire des faits, Ă  la condamnation des agressions et Ă  la dĂ©sescalade. L’heure est Ă©galement Ă  la remise en cause des pratiques virilistes dans les milieux antifascistes sur des bases fĂ©ministes claires.

Nous analysons aujourd’hui que nous devons collectivement et clairement communiquer sur les faits qui se sont dĂ©roulĂ©s et ne pas laisser les rĂ©seaux sociaux ĂȘtre envahis par des versions des faits mensongĂšres ou approximatives. Nous espĂ©rons que cette communication clarifiera Ă  Lyon et dans les autres villes l’origine de la crise, ses tenants et aboutissants, Ă©clairera les nĂ©cessaires prises de position, et nous permettra ensuite de reprendre notre lutte contre l’extrĂȘme droite et pour de nouvelles conquĂȘtes sociales.

Le contexte

Nous nous sommes jusque lĂ  abstenu de toute communication publique, compte tenu de la procĂ©dure de dissolution qui visait la GALE, afin de ne pas donner prise Ă  une instrumentalisation rĂ©pressive par le gouvernement. De plus, nous n’avons pas comme pratique de diffuser des conflits sur les rĂ©seaux sociaux, ceci pour ne pas donner d’élĂ©ments Ă  nos ennemis et Ă  la police.

Les agressions par des groupes autonomes, en particulier la GALE, contre les militant·es du mouvement social lyonnais ne sont pas nouvelles : le 1er mai 2021 contre des militant·es CGT et de l’intersyndicale, en juin 2021 contre un militant LFI qui avait dĂ» ĂȘtre exfiltrĂ© d’une manifestation, pour ne citer que les Ă©vĂ©nements les plus rĂ©cents.

MalgrĂ© ces pratiques dĂ©testables, nos organisations n’ont jamais considĂ©rĂ© que le gouvernement puisse ĂȘtre un « arbitre Â» face Ă  de telles pratiques, et nous nous sommes opposé·es Ă  la procĂ©dure de dissolution visant ce groupe et avons participĂ© au rassemblement de soutien et l’avons fait connaĂźtre.

La vague actuelle d’agressions a dĂ©marrĂ© aprĂšs la manifestation du 16 avril 2022 et cible des militant·es de la Jeune Garde. La Jeune Garde est une organisation antifasciste partenaire d’autres organisations signataires de ce texte dans le cadre du collectif unitaire Fermons les locaux fascistes. À travers la Jeune Garde, c’est avant tout une conception unitaire et populaire de l’antifascisme qui est attaquĂ©e. MĂȘme si, pour certain·es, les organisations antifascistes Jeune Garde et GALE peuvent sembler proches, les bases politiques ne sont pas les mĂȘmes et la Jeune Garde s’est toujours intĂ©grĂ©e dans les collectifs et organisations unitaires.

Les faits des 16 et 17 avril

Alors que la manifestation contre l’extrĂȘme droite du 16 avril 2022, organisĂ©e par l’organisation unitaire Fermons les locaux fascistes, s’était dĂ©roulĂ©e sans incident, et que les organisateur·rices et des membres de la Jeune Garde quittaient en groupe la manifestation, un membre de la GALE a pris Ă  partie un membre de la Jeune Garde, en multipliant les insultes sexistes devant de nombreux tĂ©moins. Plus tard dans l’aprĂšs midi, ce mĂȘme individu et deux autres personnes ont agressĂ© un militant de la Jeune Garde,alors que celui-ci marchait dans la rue avec des amies, elles aussi insultĂ©es. Cela a entrainĂ© cinq jours d’ITT (IncapacitĂ© Temporaire de Travail) pour le militant agressĂ©.

Le lendemain 17 avril, alors que des membres de la Jeune Garde venaient demander des comptes aux auteur·rices de l’agression, une bagarre a Ă©clatĂ© au cours de laquelle l’agresseur de la veille a dĂ©gainĂ© un couteau et tentĂ© Ă  plusieurs reprises de poignarder un militant de la Jeune Garde, heureusement sans succĂšs. Ces faits ont eu lieu devant de nombreux tĂ©moins, attablĂ©s dans un bar.

Cela n’a pas empĂȘchĂ© pour autant la GALE de diffuser une version totalement mensongĂšre des faits, prĂ©tendant que des militants de la Jeune Garde avaient agressĂ© une militante fĂ©ministe antifasciste isolĂ©e.

Les faits du 19 avril

Par la suite, Ă  Paris, un des porte-paroles de la Jeune Garde a Ă©tĂ© pris Ă  partie sur la foi de cette version mensongĂšre par des militantes de la CFA (Coordination fĂ©ministe antifasciste, dirigĂ©e par une ancienne militante de la GALE) accompagnĂ©es par des militants de l’AFA Paris Banlieue. Pourtant, ce porte-parole n’était pas prĂ©sent lors des faits des 16 et 17 avril.

Une altercation entre les militants de la Jeune Garde et la CFA s’en est suivie au sortir d’une confĂ©rence. Une femme de la Jeune Garde s’est vue rouĂ©e de coups par 6 femmes de la CFA tandis que les autres camarades tentaient de s’interposer pour temporiser la situation. Deux militants de l’AFA Paris Banlieue ont Ă©tĂ© reconnus, portant chacun un protĂšge-dents. Il ne s’agissait donc pas d’une situation involontaire mais bien d’un guet-apens, Ă©tant donnĂ© que les militants Ă©taient prĂ©parĂ©s pour l’affrontement.

Les faits du 1er mai

Le 1er mai, une nouvelle Ă©tape a Ă©tĂ© franchie. Alors que la manifestation lyonnaise s’était dĂ©roulĂ©e sans incident, la GALE, assistĂ©e par des personnes venues pour l’occasion de Paris et d’ailleurs, appartenant Ă  la CFA, Ă  l’AFA Paris Banlieue ou en Ă©tant proches, a agressĂ© une militante de la Jeune Garde en pleine fĂȘte de quartier oĂč se trouvaient de nombreuses familles avec enfants.

Les autres militant·es de la Jeune Garde prĂ©sent·es ont dĂ©fendu leur camarade, et s’en est suivie une violente bagarre pendant laquelle plusieurs personnes, y compris extĂ©rieures aux groupes citĂ©s, ont Ă©tĂ© blessĂ©es.

Si la confusion et la mĂ©connaissance des diffĂ©rents groupes expliquent que certaines personnes sur la place n’ont pas compris l’origine de la bagarre, le dĂ©clencheur, Ă  savoir l’agression initiale, ne fait aucun doute, celle-ci ayant Ă©tĂ© filmĂ©e. De mĂȘme, si l’arrivĂ©e tardive et en groupe de la Jeune Garde sur la place a pu ĂȘtre interprĂ©tĂ©e comme une prĂ©paration Ă  la bagarre, les tĂ©moignages que nous avons recueillis indiquent que c’est la GALE et ses allié·es qui ont tendu une embuscade et ont provoquĂ© par texto la Jeune Garde. La Jeune Garde a donc rejoint la place en sachant qui s’y trouvait mais en espĂ©rant que le bon sens l’emporterait.

Plus tard dans l’aprĂšs-midi et ailleurs dans Lyon, des militant·es de la Jeune Garde ont Ă©tĂ© attaqué·es de nouveau par ces mĂȘmes agresseur·euses, Ă©quipé·es de casques et armé·es de bombes lacrymogĂšnes et de bĂątons, Ă  15 contre 7, heureusement sans faire de blessé·es. Ils et elles avaient auparavant essayĂ© de tendre un guet-apens au domicile d’un militant de la Jeune Garde, sans succĂšs.

SimultanĂ©ment, Ă  Paris, des membres de l’AFA Paris Banlieue ont profĂ©rĂ© pendant la manifestation des menaces de mort contre des membres de la Jeune Garde.

Les faits depuis le 1er mai 2022

L’agression du 1er mai Ă  Lyon montrant que les risques d’attaque physique des membres de la Jeune Garde par des membres de la Gale sont importants, des prĂ©cautions extraordinaires sont dĂ©sormais prises.

De ce fait, la Jeune Garde fait le choix difficile de ne pas se rendre Ă  certains Ă©vĂšnements politiques auxquels elle est pourtant invitĂ©e dans le but d’éviter toute situation de confrontation dans des moments oĂč l’unitĂ© et la cohĂ©sion sont nĂ©cessaires pour notre camp politique. Autre exemple, l’hommage annuel Ă  ClĂ©ment MĂ©ric, militant antifasciste assassinĂ© le 5 juin 2013, ne pourra pas se tenir cette annĂ©e Ă  Lyon dans des conditions normales et les organisations signataires sont encore en train d’en chercher les modalitĂ©s.

Face Ă  cette situation, la Jeune Garde a cherchĂ© la dĂ©sescalade et un rĂšglement politique de la situation notamment en faisant appel au collectif Fermons les Locaux Fascistes. C’est Ă©galement en ce sens que nous avions diffusĂ© une premiĂšre interpellation en interne de certaines de nos organisations nationales, afin d’éviter tout Ă©talage de telles pratiques sur les rĂ©seaux sociaux et de mettre fin Ă  de tels actes inacceptables.

Mais suite Ă  cette interpellation, de nouveaux faits graves se sont ajoutĂ©s de la part de proches de la GALE et de la CFA. Tout d’abord, une version mensongĂšre des faits a Ă©tĂ© diffusĂ©e sur les rĂ©seaux sociaux par la CFA, et reprise Ă  leur compte – sans susciter de rĂ©action de la CFA et de la GALE – par les mĂ©dias d’extrĂȘme droite. Puis, des comptes crĂ©Ă©s par des proches de la GALE ont diffusĂ© le 16 mai 2022 l’adresse d’un militant de la Jeune Garde Lyon sur les rĂ©seaux sociaux, en invitant les fascistes Ă  s’en servir. Il est Ă  noter que ce militant Ă©tait lui aussi absent les 16, 17 avril et 1er mai. Cela a contraint le militant Ă  quitter son domicile pour une durĂ©e indĂ©terminĂ©e. La proximitĂ© des comptes en question et de la GALE ne fait aucun doute au vu de certains messages, dont nous avons gardĂ© trace. Enfin, dĂ©montrant bien la non prise en compte rĂ©elle des questions fĂ©ministes, un enchaĂźnement de propos et injures sexistes a eu lieu sur les rĂ©seaux sociaux.

Nos conclusions

Il y a une volontĂ© manifeste de nuire, comme en tĂ©moigne un certain nombre de messages sur les rĂ©seaux sociaux. Celles et ceux qui perpĂ©tuent ces agressions ne peuvent plus se revendiquer du mĂȘme antifascisme que nous. Car Ă  qui profitent de tels actes si ce n’est au pouvoir en place et aux fascistes, qui marquent rĂ©guliĂšrement Lyon de leurs violences ?

Les organisations signataires de ce texte dĂ©noncent les comportements virilistes de la part de la GALE et de ses allié·es. Elles appellent Ă  un travail en profondeur sur le virilisme dans l’ensemble du milieu antifasciste, y compris dans les organisations signataires. Nous rejetons Ă©galement toute instrumentalisation de nos luttes et de nos modes de dĂ©nonciation des violences sexistes et patriarcales.

Nous dĂ©plorons les amalgames qui sont faits entre « agression Â» et « autodĂ©fense Â». Il faut le rappeler : Ă  Lyon, une partie du mouvement autonome antifasciste s’est rendu coupable de pratiques d’intimidation, d’insultes et de comportements virilistes visant, et subis par, les fĂ©ministes lors de manifestations fĂ©ministes rĂ©centes.

Les organisations signataires, qui mĂšnent depuis de nombreuses annĂ©es une activitĂ© soutenue contre l’extrĂȘme droite, invitent Ă  :

dĂ©noncer avec la plus grande fermetĂ© ces agissements ;

rĂ©futer les versions mensongĂšres des Ă©vĂšnements ;

ne pas s’allier avec des individus soutenant ces agressions et ces mĂ©thodes ;

remettre en question la culture du virilisme dans les milieux antifascistes qui entretiennent des rivalités délétÚres.

Organisations lyonnaises ou du RhĂŽne signataires : Alternatiba, EcoDĂ©fense, Ensemble !, Jeune Garde, La France Insoumise, MeTooLyon, Nouveau Parti Anticapitaliste, Parti Communiste Français, Parti de Gauche, Section DĂ©partementale FSU, Union Communiste Libertaire, Union DĂ©partementale CGT, Union DĂ©partementale Solidaires, UnitĂ© Communiste




Source: Demainlegrandsoir.org