Mars 31, 2022
Par La Bogue
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La GALE est le dernier groupe en date Ă  faire les frais de cette procĂ©dure Ă©minemment politique, dĂ©cidĂ©e en Conseil des Ministres. Depuis 2010, le rythme des dissolutions s’est accru et les cibles se sont Ă©largies. Depuis fin 2020, le gouvernement a entamĂ© un processus de dissolution de plusieurs associations de lutte contre le racisme et l’islamophobie ou contre la colonisation des territoires palestiniens par l’Etat d’IsraĂ«l. La tentative de dissolution de la Gale s’inscrit donc dans un contexte rĂ©pressif visant celles et ceux que l’Etat considĂšre comme ses ennemis intĂ©rieurs : les musulman-es et la gauche radicale.

Le principe de cette politique rĂ©pressive est toujours le mĂȘme : lĂ©gitimer des procĂ©dures judiciaires exceptionnelles et abusives par le fait qu’elles s’attaquent Ă  des groupes moralement « indĂ©fendables Â» (terrorisme, milices d’extrĂȘme-droite), pour ensuite les Ă©tendre Ă  d’autres domaines.

La nouveautĂ© cette fois-ci, c’est la mobilisation d’un article de la loi SĂ©paratisme, (L 212-1) taillĂ© sur mesure pour s’attaquer aux groupes de gauche radicale. C’est par le biais de cet article, qui vient renforcer les dispositions du Code de SĂ©curitĂ© IntĂ©rieure, que la Gale est accusĂ©e de « provoquer Ă  des manifestations armĂ©es ou Ă  des agissements violents Ă  l’encontre des personnes ou des biens Â». Dans les obscurs dĂ©bats autour d’une loi islamophobe, liberticide et dangereuse, Darmanin argumentait, sans rire : « Imaginons une association de black blocs dont les membres revendiquent des attaques contre les forces de l’ordre, contre les biens Â». En ligne de mire, Darmanin visait Ă©videmment des mĂ©dias comme Nantes RĂ©voltĂ©e, et des groupes politiques comme la GALE, et plus largement la contestation de rue et la critique radicale du gouvernement.

En cela, Darmanin renoue avec un usage historique de la dissolution, aux fins de museler des rĂ©sistances Ă  l’ordre Ă©tabli : dans les annĂ©es 50, des organisations indĂ©pendantistes et anticoloniales Ă©taient visĂ©es ; dans les « annĂ©es 68 Â», c’est au tour des groupes d’extrĂȘme-gauche (Gauche ProlĂ©tarienne, Ligue Communiste, le Mouvement du 22 mars, etc.) ; dans les annĂ©es 1980, ce sont une nouvelle fois des organisations de gauche extra-parlementaire, ainsi que des indĂ©pendantistes corses qui sont attaquĂ©s ; ou encore le mouvement kurde dans les annĂ©es 1990.

Les mĂąchoires juridiques se complĂštent d’annĂ©e en annĂ©e pour attaquer ceux et celles qui se permettent encore de critiquer le gouvernement. La loi sĂ©paratisme est venue complĂ©ter un mille-feuille rĂ©pressif dĂ©jĂ  consĂ©quent : loi SĂ©curitĂ© Globale ; Ă©tat d’urgence permanent ; incarcĂ©ration massive pour des motifs politiques ; blessures et mutilations ; lois « anti-casseurs Â» aprĂšs les Gilets Jaunes ; Ă©tat d’urgence sanitaire ; avalanche de mesures racistes et antisociales. Pourtant, la contestation ne disparaĂźt pas.

L’extrĂȘme-droite de son cĂŽtĂ© rĂ©clame depuis des annĂ©es la dissolution de groupes antifascistes.

Faut-il rappeler que la disposition originelle qui permet Ă  l’Etat de dissoudre des groupes provient de la lutte contre les ligues fascistes en 1934 ? A l’heure oĂč les idĂ©es fascistes, racistes et nationalistes progressent significativement, et oĂč les exactions des militants d’extrĂȘme-droite se multiplient (ratonnades, agressions, meurtres, tortures etc.), notamment Ă  Lyon, le gouvernement choisit de s’attaquer Ă  des associations de lutte contre l’islamophobie, des associations antiracistes et antifascistes, qui nourrissent une critique radicale et lĂ©gitime des actions du gouvernement.

Ce qui est reprochĂ© aux supposé·es membres de la Gale, c’est de participer Ă  des manifestations, de s’opposer Ă  la violence et au racisme d’Etat, de mettre en lumiĂšre la violence de la police, de dĂ©noncer les groupuscules nĂ©ofascistes, de relayer des informations sur des mobilisations et surtout d’avoir une audience massive sur les rĂ©seaux sociaux.

Nous disons qu’ils et elles ne sont pas seul·es Ă  faire vivre l’ensemble de ces gestes de solidaritĂ©, de lutte politique contre les injustices, le racisme et le fascisme. Nous considĂ©rons que ces procĂ©dures de dissolution liberticides attaquent nos droits individuels et collectifs Ă  nous exprimer, manifester, informer et tout simplement lutter.

Par conséquent, nous appelons le gouvernement à reculer, et à renoncer à la dissolution de la GALE.

Le lien de la pĂ©tition :

https://www.change.org/p/stop-aux-d…




Source: Labogue.info