Octobre 4, 2021
Par Rebellyon
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Nous, organisations co-appelantes de la manifestation du 25/09 (et non 26), avons Ă©tĂ© surprises et peinĂ©es de dĂ©couvrir la publication Ă©crite par deux camarades et publiĂ©e par Rebellyon le 27 septembre.

En lutte permanente contre la presse aux ordres (voir publication rĂ©cente des Gilets Jaunes de Lyon & Environs sur leur page Facebook), il nous est dĂ©sagrĂ©able de devoir encore prendre du temps et de l’énergie pour rĂ©pondre aux interpellations Ă©mises par notre propre « camp Â».

Vue la gravitĂ© des accusations profĂ©rĂ©es, pour rappel il nous est reprochĂ© de tolĂ©rer / soutenir l’antisĂ©mitisme, nos collectifs sont cependant dans l’obligation d’émettre un communiquĂ©.

Nous ne rĂ©pondrons pas ici Ă  chaque propos malveillant* mais nous attacherons Ă  rĂ©pondre de maniĂšre constructive sur notre conception de la lutte contre les mesures du 12 juillet et sur l’importance / la nĂ©cessitĂ© pour les collectifs militants de se saisir du sujet.

Le 12 juillet Emmanuel MACRON prononçait une allocution dans laquelle il attaquait de plein fouet le « vivre ensemble Â», tant sur le plan de la libertĂ© que sur ceux de l’égalitĂ© et de l’adelphitĂ© :

– mise en place d’un pass sanitaire pour l’ensemble de la population et d’une obligation vaccinale supplĂ©mentaire (celle contre la COVID) pour les soignant.e.s

– maintien de l’entrĂ©e en application de la nouvelle mĂ©thode de calcul des allocations chĂŽmage au 1er octobre

– rĂ©engagement du processus de rĂ©forme des rĂ©gimes de retraites

Un mouvement de colĂšre, spontanĂ© et imprĂ©visible, semblable au dĂ©but du mouvement des Gilets Jaunes ou de celui contre la Loi SĂ©curitĂ© Globale, s’est alors propagĂ© Ă  travers le pays.

AprĂšs le 14 et le 17 juillet des milliers de personnes qui, pour certaines, n’avaient jamais manifestĂ© de leur vie se sont retrouvĂ©es Ă  fouler le pavĂ© chaque samedi de l’étĂ©.

Et c’est dans l’ingĂ©nuitĂ© politique de ces « primo-manifestant.e.s Â» et dans leur mĂ©connaissance des rĂ©cupĂ©rations partisanes et mĂ©diatiques que se trouvent les racines de la confrontation intra-cortĂšge vĂ©cue le 25 septembre.

En effet trĂšs rapidement on a pu voir se mettre en branle les mĂȘmes mĂ©canismes qu’en fin d’annĂ©e 2018 :

– d’un cĂŽtĂ© des mouvements conspirationnistes (RĂ©InfoCovid, Union Essentielle, etc) ou d’extrĂȘme-droite (Les Patriotes / Coronafolie, Debout La France, etc), essayant de rĂ©cupĂ©rer la colĂšre populaire au nom de « l’UnitĂ© Â» pour gagner en crĂ©dibilitĂ©

– de l’autre la rĂ©pression d’Etat, par sa police et par sa presse, pour minimiser le nombre de manifestant.e.s et faire fuir celleux qui voudraient lutter (accusations d’antisĂ©mitisme, terreur policiĂšre, garde-Ă -vue abusives…)

Et malheureusement, comme pendant les Gilets Jaunes, les grands absents ont été les partis de gauche, les syndicats et les collectifs traditionnellement engagés dans les combats sociaux.

Ceci explique en grande partie les difficultĂ©s Ă  faire entendre des revendications contre les rĂ©formes ultralibĂ©rales du 12 juillet en parallĂšle des chants antipass.

En abandonnant la rue Ă  l’extrĂȘme-droite, la majeure partie du camp progressiste a offert un boulevard Ă  l’extrĂȘme-droite : sans repĂšres, nombre de manifestant.e.s se sont tournĂ©.e.s vers les structures leur apportant la sĂ©curitĂ© (manifestations dĂ©clarĂ©es) et portant mĂ©diatiquement leurs revendications contre le pass sanitaire, sans pour autant qu’iels partagent leurs opinions nausĂ©abondes.

A Lyon, immĂ©diatement, le danger de participer Ă  des cortĂšges unitaires Ă  la ligne politique confuse, si ce n’est douteuse, a Ă©tĂ© perçu.

Des collectifs comme Fakir, le CNNR, les Gilets Jaunes ou TNP Occupé mais également des citoyen.ne.s indépendant.e.s ont refusé de marcher aux cÎtés des xénophobes, des racistes, des homophobes.

Iels ont tentĂ© de dialoguer avec l’ensemble des groupes qui se sont constituĂ©s contre le pass sanitaire et se sont Ă©vertuĂ©.e.s Ă  lever les ambiguĂŻtĂ©s de certaines organisations.

Les villes oĂč la dĂ©marcation n’a pas Ă©tĂ© Ă©tablie ont connu pour certaines des agressions de la part de l’extrĂȘme-droite au sein mĂȘme des cortĂšges (Nantes, Montpellier, Toulouse).

Chaque samedi depuis le 24 juillet 2021, que ce soit en cortĂšges dĂ©clarĂ©s (7 aoĂ»t, 4 septembre, 18 septembre ou 25 septembre) ou lorsque des manifs sauvages Ă©taient lancĂ©es par des collectifs citoyens, nos organisations ont toujours appelĂ© Ă  combattre le pass sanitaire, les rĂ©formes libĂ©rales et l’extrĂȘme-droite (condamnation de la rĂ©cupĂ©ration politique, appel Ă  la solidaritĂ© internationale et lutte contre le capitalisme via la levĂ©e des brevets, etc).

Nous reprocher de cautionner l’antisĂ©mitisme est donc non-seulement un non-sens mais Ă©galement dangereux pour l’avenir des luttes puisque ceci contribue Ă  diminuer notre capacitĂ© Ă  faire face numĂ©riquement aux Patriotes et consorts.

Avoir tracĂ©, par la nature des appels, une ligne de distinction entre nous et l’extrĂȘme-droite appelant aux Brotteaux depuis fin juillet nous prĂ©munit-il de la prĂ©sence dans les cortĂšges de manifestant.e.s utilisant, consciemment ou non, des slogans et chants complotistes ou assimilables Ă  de l’antisĂ©mitisme ?

L’expĂ©rience relatĂ©e par nos deux camarades prouve que non.

Nous restons cependant persuadĂ©.e.s que ce n’est ni par la confrontation physique (arrachages de pancartes) ni par le mĂ©pris (dĂ©parts des cortĂšges et tribunes dans les mĂ©dias militants) que les citoyen.ne.s rejetant l’extrĂȘme-droite, puisque prĂ©sent.e.s dans nos cortĂšges, intĂ©greront les luttes sociales et l’antifascisme.

C’est au contraire grĂące Ă  la prĂ©sence massive de collectifs « de gauche Â» que l’éducation populaire pourra se faire.

Comme le soulignent les auteur.rice.s de la publication « Pas un·e seul·e de nos potes qu’on croise d’habitude en manif n’était lĂ  Â» : comment amener le mouvement Ă  Ă©tendre ses revendications si notre camp s’enferme dans une stratĂ©gie d’évitement et de condamnation ?

Tout en dĂ©plorant l’altercation vĂ©cue par nos camarades, nous encourageons chacun.e Ă  venir se faire sa propre opinion, Ă  amener ses pancartes et drapeaux (venir les mains vides, comme les auteur.rice.s de la publication prĂ©cĂ©dente, n’aidera pas Ă  visibiliser nos revendications sociales), nous invitons toutes et tous Ă  venir se placer – idĂ©alement – en tĂȘte de cortĂšge oĂč iels constateront qu’iels ne sont pas seul.e.s (voir banderole en illustration), et surtout Ă  ne pas s’arrĂȘter Ă  la conclusion « Ă‡a pue la merde Â» qui illustre l’abandon du terrain Ă  nos adversaires.

Les collectifs organisateurs du 25/09

- Fakir Lyon

- TNP OccupĂ©

- AG des Gilets Jaunes de Lyon & Environs

- CNNR Lyon




Source: Rebellyon.info