Mai 1, 2016
Par Indymedia Bruxsel
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Le 7 mars 2016 avait lieu le diner du Crif. Comme chaque année, il y aurait beaucoup à en dire. Ce repas est une réunion quasi-rituelle entre les représentant.e.s des groupes dominant.e.s au sein de la minorité juive et un florilège de personnalités politiques.

A cette occasion, les un.e.s et les autres multiplient les déclarations lénifiantes, sur des thèmes comme l’amitié réciproque des Jui.f.ve.s et de la France (il faut avoir la mémoire courte), la nécessité de lutter contre l’antisémitisme (sous entendu ici, l’antisémitisme musulman), contre l’antisionisme (qui serait une déclinaison de l’antisémitisme), etc.

A cette occasion également, on assiste à un déferlement de haine antisémite, notamment sur internet, ou foisonnent les thèses comme quoi le dîner du CRIF serait la preuve d’une allégeance des dirigeant.e.s politiques au « lobby juif ». Cette théorie n’a aucun fondement : la direction de l’État est l’expression de la volonté et de l’idéologie des classes dominantes. Celles-ci sont par ailleurs loin d’être homogènes et sont divisées en sous-groupes selon une multitude de critères économiques et sociaux, le plus important d’entre eux étant la bourgeoisie capitaliste financière issue de la majorité nationale.

En réalité, ce dîner est un lieu de rencontre entre groupes dominants de la minorité juive et de la majorité nationale venus témoigner de leurs convergences. Le discours qui en ressort est donc l’expression de l’idéologie des classes dominantes au sein de notre minorité, c’est à dire un discours anti-Musulman, nationaliste et républicain.

Bien loin de ce discours, nous affirmons que l’antisémitisme est consubstantiel au « roman national » francais ; qu’il est nécessaire pour la définition d’un identité majoritaire qui se construit contre les minorité nationales ; qu’il est nécessaire à l’idéologie d’un capitalisme en crise qui veut construire un sentiment d’unité ethnique, national ou religieux, par opposition à l’unité de classe ; qu’il n’a pas grand chose à voir avec l’opposition au sionisme comme idéologie nationaliste (sinon que nombre d’antisémites utilisent ce masque en donnant au sionisme une toute autre signification que l’idéologie réelle qu’il recouvre) ; et qu’il n’est donc pas un produit d’importation. Lutter contre l’antisémitisme aujourd’hui, c’est construire des convergences entre opprimé.e.s, c’est combattre l’idéologie du roman national républicain, c’est abattre le système capitaliste pour construire la fraternité des travailleurs et des travailleuses, de toute origine, religion ou nationalité.

Juives, Juifs et révolutionnaires, notre combat se situe sur deux fronts : contre l’antisémitisme et contre les classes dominantes au sein de notre minorité.





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