Après Parcoursup et la hausse des frais d’inscription pour les étudiant.e.s étranger.e.s, le gouvernement accélère la destruction du service public de l’enseignement supérieur et de la recherche (ESR) avec la loi de programmation pluriannuelle pour la recherche (LPPR).

Pour les étudiant.es, si elle était appliquée en l’état, la LPPR aurait pour conséquences :

  • La mise en place d’une Université à deux vitesses, pénalisant la plupart d’entre elles/eux. En effet, quelques universités d’excellence seront encore mieux financées, avec des statuts dérogatoires (recrutement hors CNU en particulier), des primes au rendement, et attireront les étudiant.e.s les mieux doté.e.s.
  • Tandis que la majorité des étudiant-e-s, en particulier celles et ceux qui ont peu de moyens financiers, n’auront accès qu’à un système universitaire déclassé, limité au niveau licence pour l’essentiel, avec des personnels toujours plus précaires.

Cette précarisation entraînera à coup sûr une dégradation de la qualité de l’enseignement tout en accroissant les difficultés de suivi et d’encadrement des étudiants et en accroissant les inégalités entre les grands pôles universitaires et les autres établissements.

Pour les personnels de l’ESR, si elle était appliquée en l’état, la LPPR aurait pour conséquences :

  • l’amplification de la contractualisation et de la précarisation des jeunes chercheur.e.s, des personnels BIATS et ITA (titularisations plus rares et plus tardives, « CDI de projets », etc.) ;
  • la disparition du référentiel des 192h, ce qui peut conduire à la modulation obligatoire des services et au non-paiement des heures complémentaires ;
  • l’accentuation des financements par projet, la concentration des ressources dans certains pôles et la multiplication de contrats à durée déterminée, d’où une pression accrue sur les personnels administratifs et techniques dans les universités et dans les établissements de recherche ;
  • l’établissement des dotations aux différentes unités en fonction de l’évaluation HCERES, la multiplication des primes variables, ainsi que la remise en cause des fonctions du CNU et de la collégialité de l’évaluation des carrières par les pairs), ce qui risque d’accentuer des différences de traitement et d’entrainer une concurrence accrue entre collègues, ainsi que des dérives localistes ;
  • la remise en cause du statut des enseignant.e.s-chercheur.e.s et des chercheur.e.s et de son caractère national.

Réuni vendredi 10 janvier 2020, le département de géographie s’oppose aux réformes en cours et décide :

  • la rétention sine die des notes du premier semestre
  • le report de la rentrée d’une semaine a minima, avec accueil des étudiants le lundi 13 janvier à partir de 8h.

Nous organisons un temps d’échange sur les réformes en cours jeudi 16 janvier. Nous donnons rendez-vous à partir de 10h, amphi F, Bâtiment A, de l’UFR DESS


Article publié le 13 Jan 2020 sur Larotative.info