Mai 31, 2021
Par Lundi matin
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Prologue dans le ciel

Mai 2021 : la ministre de la Famille Elena Bonetti a annoncĂ© aux États gĂ©nĂ©raux de la natalitĂ© que bientĂŽt sera accordĂ©e l’allocation unique et universelle de 250 euros pour chaque enfant. Le chĂšque a Ă©tĂ© votĂ© ensemble par Enrico Letta et son alliĂ© Matteo Salvini, qui se sont Ă©galement rendus ensemble au portique d’Octavia pour exprimer leur solidaritĂ© avec les massacres israĂ©liens.

Y a-t-il un lien entre le geste infĂąme d’Enrico Letta et de son alliĂ© Salvini et les États gĂ©nĂ©raux de la NatalitĂ© ?

Aucun, bien sûr.

Mais peut-ĂȘtre qu’à bien y rĂ©flĂ©chir, il s’agit d’une seule et mĂȘme chose : pour Ă©viter que la race blanche ne disparaisse, il faut payer des femmes blanches pour qu’elles produisent des malheureux Ă  jeter dans la fournaise de la guerre suicidaire qui est le seul horizon de l’avenir. Sur ce point, Letta et Salvini vont ensemble dans l’amour et l’accord.

Kunikos vs. Cynique

Il n’est pas facile de dĂ©finir le cynisme car l’histoire de ce concept est ambiguĂ«.

Dans son dernier sĂ©minaire, celui qu’il a prononcĂ© Ă  l’approche de sa mort (Le courage de la vĂ©ritĂ©), Foucault parle du cynisme d’AntisthĂšne et de DiogĂšne de Sinope qui fleurissait au quatriĂšme siĂšcle avant JĂ©sus-Christ.

Mais qu’est-ce que le cynisme dont parle Foucault, c’est-Ă -dire le courage de la vĂ©ritĂ©, a Ă  voir avec ce que nous appelons aujourd’hui le cynisme ? La parresia foucaldienne implique le courage de dire toute la vĂ©ritĂ©. Mais la vĂ©ritĂ©, comme nous le savons bien, n’est pas lĂ . La seule vĂ©ritĂ© est ce que nous voyons du point de vue du singulier.

Celle des cyniques est la vĂ©ritĂ© Ă©thiquement nue, la vĂ©ritĂ© qui a renoncĂ© Ă  l’éthique, ou plutĂŽt qui se fonde sur une Ă©thique du « c’est comme ça Â».

C’est comme ça : les plus forts gagnent, et pour ĂȘtre plus fort il faut ignorer et violer toute sensibilitĂ©, toute empathie, toute affection qui n’est pas cruelle.

C’est pourquoi les cyniques, en plus de dĂ©clarer la vĂ©ritĂ©, sont partis, se sont dĂ©pouillĂ©s de tout, ont renoncĂ© Ă  tout commerce humain, se sont allongĂ©s nus au soleil pour que rien ne puisse les affecter.

Nous sommes maintenant Ă  la fin de l’histoire de l’Occident, et peut-ĂȘtre que l’Occident provoquera la fin de l’histoire de l’humanitĂ© en gĂ©nĂ©ral parce que l’Occident n’accepte pas son dĂ©clin, et comme Samson veut emmener tous les Philistins (les Palestiniens comme on dit maintenant) en enfer.

Michel Foucault a peut-ĂȘtre voulu nous dire, sur son lit de mort, que sa vie s’est soldĂ©e par un Ă©chec, que le mal a gagnĂ©. N’est-ce pas la leçon que l’on peut tirer de son expĂ©rience personnelle ? (Mais Foucault n’aimait pas se laisser aller Ă  des considĂ©rations personnelles). C’est ainsi, dit le Foucault mourant : le rĂ©trovirus a gagnĂ©. Le syndrome qui me tue efface le plaisir, l’affection, l’amitiĂ©.

La vĂ©ritĂ©, c’est donc la prĂ©dominance du Mal ? Mais que signifie le Mal ?

Il n’y a pas de Mal, puisqu’il n’y a pas de Bien, et il n’y a pas de VĂ©ritĂ©. Mais il y a la douleur que je ressens, la souffrance qui accompagne la maladie, il y a la violence, l’oppression, la perte de la pauvre maison dans laquelle je vis, dĂ©truite par un bombardement.

Le mal a un m minuscule : c’est la douleur que je ressens Ă  ma place, dans ma chair, dans mon Ăąme. Le mal est donc l’omniprĂ©sence de la douleur et de l’humiliation. C’est la vĂ©ritĂ© de l’histoire qui se termine maintenant. Et ça finit mal.

Peut-on Ă©crire ce petit essai philosophique alors que tout est manifestement en train de sombrer dans l’horreur ? On peut, bien sĂ»r, on peut, puisqu’il n’y a rien d’autre Ă  faire.

Et d’autre part, si vous Ă©tiez philosophe et qu’il vous devenait Ă©vident que l’histoire du monde Ă©tait sur le point de se terminer, vous resterait-il du temps pour parler d’autre chose ?

Le cynisme dont parle Foucault dans son dernier sĂ©minaire n’est pas celui dont parle Sloterdijk dans sa Kritik der zynischen Vernunft oĂč il souligne la diffĂ©rence entre le cynisme du kunikos antique et celui du cynique moderne.

On pourrait dire que le cynisme part de la reconnaissance de l’inexistence d’une vĂ©ritĂ© absolue. Aucune vĂ©ritĂ© morale ne fonde et ne dĂ©limite nos actions. En ce sens, il existe une continuitĂ© entre la pensĂ©e du kunikos grec et l’action irrĂ©flĂ©chie du cynique moderne.

Dans l’inexistence de la vĂ©ritĂ© morale, le cynique apprend par expĂ©rience que pour survivre, il faut accepter l’omniprĂ©sence du mal : le mal est inĂ©luctable.

En l’absence de vĂ©ritĂ© morale, seule la force rĂ©git les relations entre les hommes.

Ceux qui ont fait l’expĂ©rience de la dĂ©faite, de la soumission et de l’humiliation apprennent qu’il n’existe pas de tribunal Ă©thique auquel faire appel.

La loi, Ă  laquelle la pensĂ©e politique issue des LumiĂšres a accordĂ© tant d’importance, fonctionne jusqu’à ce que la force l’annule, la balaie ou l’ignore tout simplement.

La seule force est un tribunal efficace. La loi est un tribunal qui fonctionne tant que quelqu’un l’impose par la force. Bien sĂ»r, lorsque nous disons ’force’, nous ne parlons pas seulement de la violence, ni seulement des armes Ă  feu, nous parlons de la capacitĂ© de façonner l’ĂȘtre selon l’intention.

Mais la force de la loi ne vaut rien sans la loi de la force, quelle que soit cette force.

C’est pourquoi le mouvement ouvrier et progressiste a perdu sa bataille du XXe siĂšcle : parce qu’il croyait en la loi.

Le cynisme comme identification à l’agresseur

L’attaque lancĂ©e par IsraĂ«l en mai 2021, soutenue par le peuple israĂ©lien dans sa grande majoritĂ©, est un exercice impitoyable de cynisme que nous ne pouvons expliquer que si nous tenons compte de l’histoire. On ne peut pas comprendre l’histoire d’IsraĂ«l sans rappeler l’Holocauste.

Dans les annĂ©es 1930, comme tant de fois au cours des siĂšcles passĂ©s, la communautĂ© juive s’est retrouvĂ©e dans un piĂšge mortel : tandis que les dirigeants du rĂ©gime nazi prĂ©paraient la solution finale au grand jour, l’Europe faisait semblant de ne pas savoir.

Afin de sauver la fausse paix, les États europĂ©ens ont refusĂ© de voir ce qui se passait.

Et ce n’est pas tout : lorsque des bateaux remplis de Juifs fuyant l’Allemagne se sont approchĂ©s des cĂŽtes britanniques et amĂ©ricaines, ils ont Ă©tĂ© refoulĂ©s tout comme nous refoulons aujourd’hui des bateaux remplis d’Africains, d’Afghans ou de Syriens fuyant les camps de concentration libyens.

Nous les avons repoussĂ©s vers la Libye et les Anglais ont repoussĂ© cent vingt mille Juifs vers la terre d’Hitler. Le peuple juif a alors Ă©tĂ© soumis Ă  la plus effroyable des humiliations, et la plus effroyable des exterminations a eu lieu.

AprĂšs la fin de la guerre, les pays europĂ©ens, qui n’avaient rien fait face Ă  la fureur d’Hitler, ont donnĂ© une nouvelle dĂ©monstration du cynisme des colonisateurs. En tant que colonialistes, les Britanniques dĂ©tenaient les clĂ©s du foyer palestinien et les ont remises aux survivants de l’Holocauste, les condamnant ainsi Ă  un autre enfer dans lequel seuls ceux qui Ă©taient prĂȘts Ă  apprendre les leçons du cynisme pouvaient survivre.

En mai 2021, IsraĂ«l a attaquĂ© par les armes la communautĂ© islamique qui priait dans le lieu le plus saint pendant les jours sacrĂ©s du Ramadan. Le sacrĂ© et le cruel se sont tordus, et les Palestiniens ont rĂ©agi avec dĂ©sespoir. Les colonialistes dĂ©ploient la puissance exterminatrice de l’armĂ©e de l’air. Pas toute la puissance, bien sĂ»r, car tout le monde sait qu’IsraĂ«l possĂšde l’arme absolue et est prĂȘt Ă  l’utiliser. L’arme que Hitler n’a pas eu le temps de produire a Ă©tĂ© produite par IsraĂ«l, mais personne n’a le droit de le dire, alors que tout le monde a le devoir de savoir. Car le cynisme, c’est aussi cela : les EuropĂ©ens sont entiĂšrement responsables de l’extermination du peuple juif. Les Allemands Ă©taient les exĂ©cuteurs, les Polonais Ă©taient les complices, les Français Ă©taient les collaborateurs, les Anglais Ă©taient les repoussoirs et les Italiens Ă©taient les serviteurs. Ils ont tous participĂ© Ă  l’atrocitĂ©. Alors aujourd’hui, ils ne peuvent que recommencer, ils ne peuvent que participer Ă  nouveau Ă  l’atrocitĂ©, ils ne peuvent qu’ĂȘtre Ă  nouveau complices, collaborateurs, tĂ©moins et serviteurs des tueurs de masse israĂ©liens.

Dans Satan Ă  Goraj, Isaac Bashevis Singer raconte comment Satan prend possession du corps de Rachel et, Ă  travers elle, de la population de Goraj, un village habitĂ© principalement par des Juifs, dans les annĂ©es qui suivent le massacre perpĂ©trĂ© par l’ataman ukrainien Chmel’nitskij parmi les Juifs d’Europe orientale. Six cent mille Juifs, selon les historiens, sont morts Ă  la suite de ces pogroms.

Puis, dans les shtetl d’Europe de l’Est, la rumeur se rĂ©pandit que Sabbatai Tzevi, un disciple de Rabbi Nathan de Gaza, un Ă©rudit et kabbaliste trĂšs respectĂ©, prĂ©parait le retour des Juifs sur la terre promise. Mais pour rĂ©aliser ce rĂȘve, il fallait accepter de passer par l’horreur du pĂ©chĂ©, de la violence et du sacrilĂšge. C’est le thĂšme que raconte Singer, mais c’est aussi le thĂšme dont traitent les livres des spĂ©cialistes modernes de la Kabbale, comme Daniel Lindenberg et surtout Gershom Scholem. Pour atteindre le bien de la survie, nous devons passer par le mal de la violence – c’est ça le cynisme. Qui mieux que Sabbatai Tzevi pour incarner cette conscience, lui qui, aprĂšs avoir appelĂ© les Juifs de toute l’Europe Ă  quitter leurs maisons et Ă  vendre leurs biens pour converger vers la terre promise, s’est converti Ă  l’islamisme pour Ă©viter l’emprisonnement ?

La raison politique ne peut pas expliquer ce qui s’est passĂ© alors, ni ce qui se passe aujourd’hui dans les terres palestiniennes oĂč les EuropĂ©ens (les Britanniques en premier lieu) se sont emparĂ©s des survivants juifs de l’Holocauste. Seule la psychanalyse peut l’expliquer.

Lorsqu’un enfant subit la violence d’adultes de son entourage, il finit souvent par s’identifier Ă  l’agresseur, et par accepter l’idĂ©e que seuls les plus forts survivent, et que seul l’agresseur est dĂ©positaire de cette vĂ©ritĂ© cynique.

L’identification Ă  l’agresseur d’hier explique en partie l’histoire d’IsraĂ«l d’aujourd’hui. Et plus gĂ©nĂ©ralement, si l’on considĂšre l’évolution apocalyptique actuelle vers la fin, l’identification Ă  l’agresseur est le fondement psychique de la vague nĂ©o-rĂ©actionnaire globale qui se met en place.

Le chaos suicidaire qui vient

Fin juin 2016, un jeune Palestinien de 17 ans, Muhammad Nasser Tarayrah, s’est introduit de nuit dans une maison de Kyriat Arba et a poignardĂ© Ă  mort une jeune fille juive de 13 ans qui dormait dans son lit. Quelques instants plus tard, un soldat israĂ©lien a tuĂ© le jeune meurtrier, qui avait pourtant Ă©crit sur son profil Facebook : « La mort est un droit, et je revendique ce droit Â».

Marek Edelman, le seul dirigeant de l’ƻOB (Organisation juive de combat) ayant survĂ©cu au soulĂšvement du ghetto de Varsovie et Ă  la rĂ©pression nazie, a Ă©galement rĂ©pondu Ă  ceux qui lui demandaient ce que les rebelles espĂ©raient obtenir : ’Nous avons dĂ©cidĂ© de nous rĂ©volter pour pouvoir dĂ©cider du moment et du lieu de notre mort’.

L’intifada suicide a repris aprĂšs que la police israĂ©lienne a attaquĂ© des Palestiniens qui priaient dans leur mosquĂ©e. Comme la dĂ©marche arrogante d’Ariel Sharon en l’an 2000, c’était une provocation Ă  laquelle les Palestiniens ne pouvaient Ă©viter de rĂ©pondre, pour ne pas sombrer dans la dĂ©pression et le sentiment de culpabilitĂ©. Le suicide devient alors la seule action possible. Toute autre solution est pire, et c’est une arme efficace Ă©galement du point de vue militaire.

C’est ainsi que l’Intifada des couteaux a repris. Dans chaque ville de l’apartheid israĂ©lo-palestinien, des groupes de jeunes jettent des pierres : sur les soldats israĂ©liens, mais aussi sur des passants innocents, sur la dame qui fait ses courses.

Bibi Netanyahu ne gagne pas forcĂ©ment sa guerre, mĂȘme si les morts palestiniens sont vingt fois plus nombreux que les morts israĂ©liens.

Les deux millions de personnes qui vivent dans le camp de concentration de Gaza vivent dans un isolement total depuis de nombreuses annĂ©es. Alors qu’IsraĂ«l a vaccinĂ© ses citoyens avec une grande efficacitĂ©, les vaccins n’ont pas pu atteindre la bande car IsraĂ«l a empĂȘchĂ© leur importation. C’est la guerre de Netanyahu.

Netanyahou peut peut-ĂȘtre remporter sa cinquiĂšme Ă©lection en un an, tout en Ă©tant encore plus corrompu que les dirigeants d’al-Fatah, mais les IsraĂ©liens ne gagneront pas cette guerre tant qu’ils n’auront pas Ă©liminĂ© tous les lanceurs de pierres potentiels, qui sont aussi nombreux que les Palestiniens. Le gĂ©nocide est le moteur de la logique de Netanyahu. Et alors ?

Nous tirons une leçon amĂšre des rĂ©voltes qui Ă©clatent dans l’agonie de la planĂšte : le chaos est la seule force capable d’affronter le monstre de l’automate militaire et de l’automate financier.

En Colombie, le soulÚvement a contraint le président Duque à renoncer à la réforme fiscale, aprÚs 24 morts dans la ville de Cali.

Au Chili, la rĂ©volte de l’automne 2019 a contraint le rĂ©gime Ă  accepter la fin de la constitution pinochetiste.

Ce sont des soulĂšvements suicidaires que le pouvoir ne peut maĂźtriser : celui qui lutte contre le chaos est destinĂ© Ă  perdre, car le chaos se nourrit de la guerre.

La politique ne peut rien faire, le suicide peut tout faire, le chaos est invincible.

Alexis LĂłpez, entomologiste nazi avouĂ© qui a travaillĂ© comme instructeur pour la police colombienne, a fourni ce que l’on pourrait considĂ©rer comme une justification philosophique de la rĂ©pression brutale du soulĂšvement colombien qui a fait 24 morts dans la ville de Cali. Selon lui, les marxistes ont lancĂ© une nouvelle tactique de combat, inventĂ©e par un philosophe français nommĂ© FĂ©lix Guattari. Cette nouvelle tactique est appelĂ©e ’rĂ©volution molĂ©culaire’.

Álvaro Uribe, ancien président de la Colombie, leader de la droite militaire et néolibérale, reprenant la suggestion des nazis a déclaré que la tùche du gouvernement est de renforcer les forces de police pour résister à la révolution moléculaire.

Mais que serait la rĂ©volution molĂ©culaire (inventĂ©e par le mĂ©chant philosophe français) ? Une tactique de guerre pour renverser l’ordre dĂ©mocratique ?

Pas vraiment : la rĂ©volution molĂ©culaire n’a absolument rien Ă  voir avec une tactique de combat, d’ailleurs ce concept renvoie prĂ©cisĂ©ment au contraire de la tactique et du combat. Quand nous parlons de rĂ©volution molĂ©culaire, en fait, nous parlons d’un processus qui ne peut ĂȘtre ni dirigĂ© ni programmĂ©, parce qu’il n’est pas un effet de la volontĂ© rationnelle, mais une expression de l’inconscient, du dĂ©sir, qui n’a rien Ă voir avec les formes politiques Ă©tablies ni avec la ruse de quelque marxiste cachĂ© dans la forĂȘt. Au contraire, la rĂ©volution molĂ©culaire est l’effervescence imprĂ©visible de l’inconscient ; elle peut remonter Ă  la surface du social lorsque la volontĂ© organisĂ©e du politique perd son pouvoir, et lorsque le dĂ©sir fait irruption dans le champ de l’ordre rĂ©pressif.

Mais si la psychosphÚre est dominée par des flux dépressifs, si le désir entre dans le trou noir de la violence, alors la révolution moléculaire cÚde la place à la boucle suicidaire du chaos.

Compte Ă  rebours

Le Dr Shanna Swan, experte en Ă©pidĂ©miologie et en mĂ©decine environnementale, est chercheuse Ă  l’école de mĂ©decine Icahn de l’institut Mount Sinai Ă  New York. Elle a publiĂ© un livre intitulĂ© Count Down, oĂč elle explique comment et pourquoi ’le nombre de spermatozoĂŻdes des hommes a chutĂ© de cinquante pour cent au cours des quarante derniĂšres annĂ©es, la fertilitĂ© a diminuĂ© de cinquante pour cent entre 1960 et 2015 dans le monde entier, et ce taux de dĂ©clin pourrait signifier que la race humaine sera bientĂŽt incapable de se reproduire.’ La belle affaire.

L’effondrement de la fertilitĂ© humaine est probablement dĂ» Ă  des facteurs entiĂšrement dus Ă  l’homme : produits chimiques, microplastiques, radioactivitĂ© et surcharge nerveuse constante. Mais il semble que la nature ait dĂ©cidĂ© de nous dire que ça suffit.

Swan ajoute : « Ă€ l’effondrement de la capacitĂ© de reproduction, Ă  la diminution spectaculaire du nombre de spermatozoĂŻdes et aux dĂ©sĂ©quilibres hormonaux s’ajoute une baisse spectaculaire du dĂ©sir sexuel. Dans certains pays du monde, on constate un dĂ©clin de la capacitĂ© sexuelle, une incapacitĂ© ou un dĂ©sintĂ©rĂȘt, et une prĂ©valence croissante des dysfonctionnements de la fonction Ă©rectile Â».

Il est tout Ă  fait prĂ©visible que le traumatisme de la pandĂ©mie produise des effets de sensibilisation phobique aux lĂšvres, au corps et au sexe. Une vague de sublimation ascĂ©tique-orgiastique est susceptible de balayer l’Eros-sphĂšre. Je ne pense pas que les incitations monĂ©taires suffiront Ă  augmenter la procrĂ©ation, qui serait de toute façon le pire des cauchemars.




Source: Lundi.am