Juillet 24, 2020
Par Contretemps
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Le Covid-19 a accentué comme jamais auparavant les vulnérabilités écologiques, épidémiologiques et économiques interdépendantes imposées par le capitalisme. Alors que le monde entre dans la troisième décennie du XXIe siècle, nous assistons à l’émergence d’un «capitalisme catastrophe»: la crise structurelle du système prenant des dimensions planétaires.

Depuis la fin du XXe siècle, la mondialisation capitaliste a de plus en plus adopté la forme de chaînes de marchandises interconnectées contrôlées par des sociétés transnationales, reliant diverses zones de production, principalement dans le «Sud global», avec le pic de la consommation, de la finance et de l’accumulation mondiales, principalement dans le «Nord global». Ces chaînes de marchandises constituent les principaux circuits matériels du capital à l’échelle mondiale qui constituent le phénomène de l’impérialisme tardif caractérisé par la montée du capital financier monopolistique généralisé.[1] Dans ce système, les rentes impériales exorbitantes provenant du contrôle de la production mondiale sont obtenues non seulement par la domination/distribution (arbitrage) mondiale du travail, par laquelle les transnationales ayant leur siège au centre du système surexploitent le travail industriel à la périphérie, mais aussi, de plus en plus, par l’arbitrage mondial des terres, par lequel les transnationales de l’agroalimentaire exproprient des terres (et de la main-d’œuvre) bon marché dans le Sud global afin de produire des cultures d’exportation destinées principalement à être vendues dans le Nord global[2].

En abordant ces circuits complexes du capital dans l’économie mondiale actuelle, les dirigeants d’entreprise se réfèrent à la fois aux chaînes d’approvisionnement et aux chaînes de valeur, les chaînes d’approvisionnement représentant le mouvement du produit physique, et les chaînes de valeur renvoient à la «valeur ajoutée» à chaque maillon de la production, des matières premières jusqu’au produit final[3]. Ce double accent mis sur les chaînes d’approvisionnement et les chaînes de valeur ressemble d’une certaine manière à l’approche plus dialectique développée dans l’analyse de Karl Marx des chaînes de produits de base (commodities) dans la production et l’échange, engloba




Source: Contretemps.eu