Janvier 29, 2021
Par Contrepoints (QC)
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Une contribution de Coralie LaPerriĂšre / @anar_coco

C’était pas ça le deal Franky. Le deal, c’était qu’on faisait de notre mieux chacun de notre bord avec les ressources qu’on a, pis on espĂšre que ça marche. C’est ça le deal en pleine crise.

Mais lĂ , c’est pas qui se passe Franky. T’as pas l’air de faire de ton mieux, t’as l’air de rien faire pantoute. T’as des ressources financiĂšres, alors qu’on est raide pauvres. T’as des ressources humaines, alors qu’on est tu-seul. On est dans un vĂ©lo tandem pis tu te laisses tirer. On pĂ©dale pour deux, pour trois, pour quatre. On rit de nous pendant qu’on s’épuise.

C’est le couvre-feu pour nous, mais pas de N-95 pour les soignants.

C’est le couvre-feu pour nous, mais pas d’échangeurs d’air dans les Ă©coles, dans les CHSLD.

C’est le couvre-feu pour nous, mais pas pour les mines, les forestiĂšres, qui coupent, qui creusent, Ă  longueur de journĂ©e et de nuit.

C’est le couvre-feu pour nous, mais pas pour les entreprises manufacturiĂšres qui reprĂ©sentent 40% des cas d’infection, qui dĂ©truisent la planĂšte, l’économie, la santĂ© mentale.

( Genre : Les abattoirs et les usines de transformation de la viande sont dans les top de lieux de transmission, tout ça pour tuer des bĂȘtes qui (par leur Ă©levage) tuent la planĂšte. Tout ça pourquoi, du bacon ? On pourrait rĂ©gler une partie de la crise sanitaire et climatique en leur demandant de fermer pour tu suite. En leur retirant le financement public par la suite. « Ouiiiii maiiiiiiiiis les joooooobbbbbbzzzzz Â» T’sais que le boeuf du QuĂ©bec est pas trop cher pour le consommateur parce que c’est le gouvernement qui assume une partie de la facture ? T’sais que les fraises du QuĂ©bec sont plus chĂšres que celles d’ailleurs, mĂȘme en saison, parce que le gouvernement s’en calice ? Choices. )

La clĂ© d’une bonne gestion de crise sanitaire, c’est la confiance. Les experts l’ont dit et l’ont rĂ©pĂ©tĂ©. La confiance, ça se conserve via de la communication, de la transparence, de l’humilitĂ©. Pareil pareil comme une relation de couple. Mais, on t’as vu fermer la gueule Ă  ta femme en ondes Franky, t’as pas l’air ben ben accommodant, pas l’air ben ben attentif.

Tu veux qu’on te fasse confiance, mais tu nous donnes e-rien Franky. E-rien.

Le porte-parole du deuxiĂšme groupe d’opposition a demandĂ© au gouvernement de montrer les justifications scientifiques de la recommandation de la santĂ© publique au sujet du couvre-feu, et il s’est fait rĂ©pondre qu’il entrait dans les thĂ©ories du complot. 
 Exactement comme un partenaire de marde qui gaslight sa moitiĂ© parce qu’elle demande qui l’a textĂ©.

Belle transparence.

Entendez-moi bien, je ne suis pas « anti mesure de couvre-feu. Â» Si c’était rĂ©ellement la derniĂšre de nos options pour endiguer le virus, je serais la premiĂšre avec un mĂ©gaphone dans un char Ă  crier au monde de rentrer chez eux. Effort de guerre.

Mais lĂ , lĂ  lĂ . Y’a un million de choses que t’aurais pu faire avant ça, Franky. DĂ©jĂ  dire « scuse Â» et « on ne sait pas, on n’est pas certains Â» plus souvent. DĂ©jĂ . Écouter la santĂ© publique au lieu d’écouter l’agence de communication Cossette, aussi. DĂ©noncer plus souvent la violence familiale que d’encourager la dĂ©lation des voisins, entres autres. Pis surtout, arrĂȘter de nous prendre pour des cruches avec tes « dĂ©fis 28 jours Â», « le dernier sprint Â», « le prolongement du congĂ© des fĂȘtes Â», le « traitement choc Â» , osti.

Non, non. C’était pas ça le deal Franky.

Mon chum appelle ça « de l’autoritarisme par incompĂ©tence Â».

Parce que Franky a perdu la confiance de la population, il essaie le contrÎle par la peur. Classique leader déchu.

Et puis, on va se le dire, cette histoire de couvre-feu n’est qu’un autre exemple flagrant de racisme systĂ©mique. Pendant le temps des fĂȘtes, les policiers remettaient des avertissements au lieu de ticket. Pensez-vous vraiment que ça va ĂȘtre si compliquĂ© que ça, si on est blanc, de se faufiler ? Je suis pas mal sĂ»re, on le testera si vous voulez, que je suis capable d’éviter tous les tickets que je rencontrerais sur mon passage si je sortais aprĂšs 8h le soir. « Je cherche mon chat ! Â» « Je vais voir mon ami, il va vraiment pas bien. Â» « Je livre de la bouffe. Â» « J’ai Ă©tĂ© enlevĂ©e par des extraterrestres et ils m’ont dĂ©posĂ©e ici. Â»

Malheureusement, ça n’a pas pris trois semaines de couvre-feu avant que les policiers abusent de leur pouvoir en voulant checker le lunch d’une travailleuse essentiel ou bien qu’une personne itinĂ©rante, RaphaĂ«l AndrĂ©, dĂ©cĂšde dans d’affreuses circonstances. C’était tellement tellement pas ça le deal Franky. Fallait sauver des vies, pas en dĂ©truire.

Et puis, Franky, tu penses vraiment que les gens arrĂȘtent de se voir avec ton p’tit couvre-feu Ă  la con ? Que personne n’aura de contact entre 5h et 20h ? lolilol

Ce qui aurait fallu que tu fasses Franky, c’est de l’éducation. Combien de fois on a lu dans les mĂ©dias que les voyageurs pensaient qu’ils pouvaient plus facilement attraper la COVID dans un Costco que dans le Sud ? Clairement, les gens ne comprennent pas l’enjeu. Et c’est pas grave, y’en a pas de question niaiseuse, il faut juste leur expliquer.

Pas avec des annonces rappĂ©es pour mettre son masque dans l’autobus. Non. Avec un sketch, carrĂ©ment, avec des mises en situation. « VOICI UN EXEMPLE DE TRANSMISSION DU VIRUS DANS LES LIEUX DE TRAVAIL ». À force d’avoir peur de prendre la population pour des cons, on finit par la prendre pour des criminels. Et ça, c’est criminellement con.

C’était pas ça le deal Franky. Le deal c’est que tu prennes soin de nous, pas de tes petits amis.

Rendu là, démissionne Franky.

Demain soir commence le couvre-feu.

La derniĂšre fois que le QuĂ©bec a vĂ©cu un couvre-feu, c’était pendant la loi des mesures  de guerre pendant la crise d’octobre. 

La mĂ©moire collective a le couvre-feu pognĂ© dans’ gorge. Moi too m’a vous dire. La pilule est dure Ă  avaler, plus que ça mĂȘme, j’ai carrĂ©ment envie de vous la cracher dans la face. 

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C’était pas ça le deal Franky. Le deal, c’était qu’on faisait de notre mieux chacun de notre bord avec les ressources qu’on a, pis on espĂšre que ça marche. C’est ça le deal en pleine crise. 

Mais lĂ , c’est pas qui se passe Franky. T’as pas l’air de faire de ton mieux, t’as l’air de rien faire pantoute. T’as des ressources financiĂšres, alors qu’on est raide pauvres. T’as des ressources humaines, alors qu’on est tu-seul. On est dans un vĂ©lo tandem pis tu te laisses tirer. On pĂ©dale pour deux, pour trois, pour quatre. On rit de nous pendant qu’on s’épuise. 

C’est le couvre-feu pour nous, mais pas de N-95 pour les soignants. 

C’est le couvre-feu pour nous, mais pas d’échangeurs d’air dans les Ă©coles, dans les CHSLD. 

C’est le couvre-feu pour nous, mais pas pour les mines, les forestiĂšres, qui coupent, qui creusent, qui pillent, Ă  longueur de journĂ©e et de nuit. 

C’est le couvre-feu pour nous, mais pas pour les entreprises manufacturiĂšres qui  reprĂ©sentent 40% des cas d’infection, qui dĂ©truisent la planĂšte, l’économie, la santĂ© mentale. 

( Genre : Les abattoirs et les usines de transformation de la viande sont dans les top de lieux de transmission, tout ça pour tuer des bĂȘtes qui (par leur Ă©levage) tuent la planĂšte. Tout ça du bacon ? On pourrait rĂ©gler une partie de la crise sanitaire et climatique en leur demandant de fermer pour tu suite. En leur retirant le financement public par la suite. « Ouiiiii maiiiiiiiiis les joooooobbbbbbzzzzz Â» T’sais que le boeuf du QuĂ©bec est pas trop cher pour le consommateur parce que c’est le gouvernement qui assume une partie de la facture ? T’sais que les fraises du QuĂ©bec sont plus chĂšres que celles d’ailleurs, mĂȘme en saison, parce que le gouvernement s’en calice ? Choices. )

La clĂ© d’une bonne gestion de crise sanitaire, c’est la confiance. Les experts l’ont dit et l’ont rĂ©pĂ©tĂ©. La confiance, ça se conserve via de la communication, de la transparence, de l’humilitĂ©. Pareil pareil comme une relation de couple. Mais, on t’as vu fermer la gueule Ă  ta femme en ondes Franky, t’as pas l’air ben ben accommodant, pas l’air ben ben attentif. 

Tu veux qu’on te fasse confiance, mais tu nous donnes e-rien Franky. E-rien. 

Le porte-parole du deuxiĂšme groupe d’opposition a demandĂ© au gouvernement de montrer les justifications scientifiques de la recommandation de la santĂ© publique au sujet du couvre-feu, et il s’est fait rĂ©pondre qu’il entrait dans les thĂ©ories du complot. 
 Exactement comme un partenaire de marde qui gaslight sa moitiĂ© parce qu’elle demande qui l’a textĂ©Belle transparence. 

Entendez-moi bien, je ne suis pas « anti mesure de couvre-feu. Â» Si c’était rĂ©ellement la derniĂšre de nos options pour endiguer le virus, je serais la premiĂšre avec un mĂ©gaphone dans un char Ă  crier au monde de rentrer chez eux. Effort de guerre.

Mais lĂ , lĂ  lĂ . Y’a un million de choses que t’aurais pu faire avant ça, Franky. DĂ©jĂ  dire « scuse Â» et « on ne sait pas, on n’est pas certains Â» plus souvent. DĂ©jĂ . Écouter la santĂ© publique au lieu d’écouter l’agence de communication Cossette, aussi. DĂ©noncer plus souvent la violence familiale que d’encourager la dĂ©lation des voisins, entres autres. Pis surtout, arrĂȘter de nous prendre pour des cruches avec tes « dĂ©fis 28 jours Â», « le dernier sprint Â», « le prolongement du congĂ© des fĂȘtes Â», le « traitement choc Â» , osti. 

Non, non. C’était pas ça le deal Franky. 

Mon chum appelle ça « de l’autoritarisme par incompĂ©tence Â». 

Parce que Franky a perdu la confiance de la population, il essaie le contrĂŽle par la peur. Classique leader dĂ©chu. 

Et puis, on va se le dire, cette histoire de couvre-feu ne sera qu’un autre exemple flagrant de racisme systĂ©mique. Pendant le temps des fĂȘtes, les policiers remettaient des avertissements au lieu de ticket. Pensez-vous vraiment que ça va ĂȘtre si compliquĂ© que ça, si on est blanc, de se faufiler ? Je suis pas mal sĂ»re, on le testera si vous voulez, que je suis capable d’éviter tous les tickets que je rencontrerais sur mon passage si je sortais aprĂšs 8h le soir. « Je cherche mon chat ! Â» « Je vais voir mon ami, il va vraiment pas bien. Â» « Je livre de la bouffe. Â» « J’ai Ă©tĂ© enlevĂ©e par des extraterrestres et ils m’ont dĂ©posĂ©e ici. Â»

Malheureusement, c’est sĂ»rement qu’une question de temps avant que pop dans les mĂ©dias une histoire d’un policier qui a abuse de son pouvoir sur un travailleur essentiel de couleur. Si ce n’était pas aussi triste et enrageant, j’aurais envie de vous dire « on gage-tu ? Â». 

Et puis, Franky, tu penses vraiment que les gens vont arrĂȘter de se voir avec ton p’tit couvre-feu Ă  la con ? Que personne n’aura de contact entre 5h et 20h ? lolilol

Ce qui aurait fallu que tu fasses Franky, c’est de l’éducation. Combien de fois on a lu dans les mĂ©dias que les voyageurs pensaient qu’ils pouvaient plus facilement attraper la COVID dans un Costco que dans le Sud ? Clairement, les gens ne comprennent pas. Et c’est pas grave, y’en a pas de question niaiseuse, il faut juste leur expliquer. 

Pas avec des annonces rappĂ©es pour mettre son masque dans l’autobus. Non. Avec un sketch, carrĂ©ment, avec des mise en situation. « VOICI UN EXEMPLE DE TRANSMISSION DU VIRUS DANS LES LIEUX DE TRAVAIL ». À force d’avoir peur de prendre la population pour des cons, on finit par la prendre pour des criminels. Et ça, c’est criminellement con. 

C’était pas ça le deal Franky. Le deal c’était que tu prennes soin de nous, pas de tes petits amis.

T’as perdu Franky. DĂ©missionne.




Source: Contrepoints.media