Juillet 7, 2021
Par La Bogue
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Ainsi donc, les fins limiers de la lutte contre l’ Â« ultragauche Â» auraient Ă  nouveau levĂ© un liĂšvre. Le sabotage d’une antenne-relais et de quelques vĂ©hicules d’une sociĂ©tĂ© nĂ©e de la privatisation d’EDF les auraient menĂ©s droit au coeur de la « mouvance Â» limousine, constituĂ©e pour l’occasion en « bande organisĂ©e Â» et en « association de malfaiteurs Â». On a donc entendu parler ces jours-ci de l’arrestation coup-de-poing d’une demi-douzaine de personnes Ă  l’issue d’une enquĂȘte menĂ©e avec les moyens de l’antiterrorisme (c’est-Ă -dire aussi du renseignement). Mais quoi qu’il en soit de la rĂ©alitĂ© de ces dĂ©gradations de bien et de leurs auteurs, on a bien peu entendu parler de ce que peuvent signifier ces actes eux-mĂȘmes. C’est pourtant par cette question qu’il faudrait commencer : que peut-il se passer pour que des gens dĂ©cident de procĂ©der Ă  de tels sabotages ? Ces Ă©vĂ©nements sont-ils isolĂ©s ? Ou alors, pourquoi une telle vague d’actions directes ?

[
] des brins d’herbes germeront d’une fissure dans le ciment de votre façade

vous comprendrez

et par un processus aussi mystérieux et dénué de sens que la course des étoiles,

vous aurez Ă©tĂ© invitĂ© Ă  rejoindre les rangs du ComitĂ© pour l’abolition de la 5G et son monde

CLA5GSM, OpĂ©ration « voix du vent et chants d’oiseaux Â», lundi 11 janvier 2021

si c’est ainsi qu’on continue / je ne donne pas cher de nos peaux

si seulement nous avions / le courage des oiseaux / qui chantent dans le vent glacé

Dominique A

Faute de soleil, sache

chanter dans le vent glacé

René des Cars

Pour commencer Ă  rĂ©pondre Ă  ces questions, il suffit peut-ĂȘtre de relire le communiquĂ© revendiquant le sabotage de l’antenne des Cars : il dĂ©nonce sans dĂ©tour le dĂ©ploiement de la 5G, en signant d’un comitĂ© qui n’est « qu’une poignĂ©e, pourchassĂ©es, terrifiĂ©es Â», dĂ©cidant aujourd’hui d’agir « parce que le danger est Ă  nos portes Â».

On pourra railler le lyrisme ou l’emphase de ces formules, mais on ne pourra pas effacer le courage des actes que leurs auteurs osent assumer en cette Ă©poque glacĂ©e. Le pire Ă©tant carrĂ©ment de ne faire ni l’un ni l’autre, de laisser leurs paroles dans un silence de mort, de « laisser la justice faire son travail Â» sans chercher un instant Ă  comprendre le sĂ©rieux et le dĂ©sespoir qui peuvent fonder ces actes.

« Allez camarade, lĂšve-toi, car l’heure est venue ! Les nĂ©gociations ont Ă©chouĂ©, personne n’entend plus notre parole, nos rĂȘves de justice et de libertĂ© s’effritent un Ă  un sans rĂ©pit ! Nos frĂšres et sƓurs se sont toutes fait manger, ou capturer, ou attirer Ă  la table de l’ennemi, et celui-ci dĂ©ploie maintenant son arsenal sans rĂ©sistance ! Il nous faut retourner au vent glacé  Â»

et comme tout le monde tu t’es rĂ©veillĂ© dans un « monde d’aprĂšs Â» encore plus verrouillĂ© que le prĂ©cĂ©dent.

Qu’est-ce qu’on peut faire quand on ne veut plus de ce monde de cauchemar ? Qu’est-ce que tu fais, toi ? Tu es descendu dans la rue avec les syndicats, tu l’as reprise avec les gilets jaunes et avec les nouveaux Ă©colos, tu as hurlĂ© sur les rĂ©seaux sociaux, et tu as vu comme tous les autres avec quelle violence le pouvoir Ă©tait prĂȘt Ă  se dĂ©fendre, et ses reprĂ©sentants Ă  trahir. Tu as flippĂ© comme tout le monde avec le COVID, comme tout le monde en te demandant si c’était plus Ă  cause de cette nouvelle maladie, ou de ceux qui prĂ©tendent nous en guĂ©rir ; et comme tout le monde tu t’es rĂ©veillĂ© dans un « monde d’aprĂšs Â» encore plus verrouillĂ© que le prĂ©cĂ©dent. Depuis des annĂ©es tu vois les gens tomber autour de toi, tes amis, tes voisins, ta famille, de part et d’autre des frontiĂšres, rĂ©tablies ou jamais effacĂ©es, tu vois ceux qui meurent et ceux qui s’enrichissent, ceux qui contrĂŽlent et ceux qui subissent, ceux qui resserrent leurs griffe et ceux dont l’échine craque, ceux qui croient et ceux qui mentent, ceux qui se soulĂšvent et ceux qui les (anti)terrorisent, ceux qui serrent les poings et ceux qui courbent l’échine, et celles, et celles, et celles


Tu vois se dĂ©ployer le monde de ces Quelques-Un.e.s qui veulent partir vers les Ă©toiles : en laissant tou.te.s les autres derriĂšre, aprĂšs les avoir sucĂ©s jusqu’à l’os, au milieu de leur dĂ©chetterie planĂ©taire.

Tu vois le contrĂŽle se resserrer, les campagnes de com’ se succĂ©der, les mensonges s’enchaĂźner, perdurer, se rĂ©pĂ©ter malgrĂ© leur rĂ©vĂ©lation. On nous dit ces jours-ci que la dĂ©mocratie serait malade de 68 % d’abstention aux Ă©lections rĂ©gionales
 mais que dire du fait que les 32 % restants et leurs « Ă©lus Â» prĂ©tendent parler au nom de tous les autres, et imposer partout leur monde infernal ?

Tu vois que leur dĂ©mocratie, c’est ici un prĂ©sident Ă©lu par moins de 20 % de la population, qui ne cesse de se radicaliser depuis quatre ans en Ă©crasant toute opposition : toujours plus extrĂ©miste dans sa conception et son usage de l’État, toujours plus fanatique dans son libĂ©ralisme Ă©conomique. La rĂ©ponse Ă  ce genre de dĂ©mocratie, ce sont notamment des soulĂšvements historiques dans le monde entier au cours des deux derniĂšres annĂ©es, et partout, les mĂȘmes Ă©chos de rĂ©volutions brisĂ©es ou capturĂ©es, de gouvernements prĂȘts Ă  tuer ou laisser mourir la part de leur « sujets Â» qui osent se rebeller, de pouvoirs dont l’autoritarisme ne connaĂźt plus que quelques variations rĂ©gionales, d’un contrĂŽle social de plus en plus total.

Tu pourras faire quoi, toi, quand on n’aura plus de voĂ»te cĂ©leste, et Ă  la place un monde sans contact ni humanitĂ© ? Et on commence quand ?

Tu vois que pour les soutenir, pour leur permettre de perpĂ©tuer encore leurs puantes concurrences nationalistes, il faut cette machine gĂ©ante de communication-surveillance qui se dĂ©ploie partout sous nos regards impuissants ou complices. Cette machine : le monde de la 5G, ou l’accĂ©lĂ©ration sans fin de l’enfer prĂ©sent. Des objets qui tracent et observent tout, des passeports sanitaires, des terminaux individuels de connexion qui deviennent obligatoires, des applis d’État et des mouchards partout, des civilisations entiĂšres dans lesquelles les gens se surveillent mutuellement. Des antennes tous les 100m, des compteurs Ă©lectriques qui Ă©pient des millions de foyers, des organes d’État dĂ©diĂ©s au contrĂŽle de la population, une ambiance orwellienne Ă  tous les coins de rue
 Comment tu comptes faire, toi, pour t’opposer au dĂ©ploiement de 40000 satellites autour de la Terre par quelqu’un dont la fortune est plus grande que celle de la plupart des nations ? Tu pourras faire quoi, toi, quand on n’aura plus de voĂ»te cĂ©leste, et Ă  la place un monde sans contact ni humanitĂ© ? Et on commence quand ?

Et pendant ce temps, en plus, tout qui passe. Tout, et en force dĂšs qu’il le faut. Les plans de relance conçus pour enrichir ceux qui ont dĂ©jĂ  tout. Le sabotage de l’intĂ©rieur de tous les services publics. Le dĂ©mantĂšlement de tout, sauf de l’enfer nuclĂ©aire. La mise en crise de toute redistribution des richesses. Les trahisons et complaisances de ceux qui prĂ©tendent parler au nom des autres, syndicats, partis ou journalistes. Les morts par milliers faute de lits d’hĂŽpitaux ou de solidaritĂ©, et les lits et les frontiĂšres qui ferment encore, les poursuites individuelles avec arrachage de main Ă  la grenade pour la moindre fĂȘte, et les flics qui frappent encore, la leçon de morale Ă  chaque journal, le dĂ©ni de rĂ©alitĂ©, la guerre organisĂ©e de tous contre tous. Tout qui passe. Et tu crois que tu vas tirer ton Ă©pingle du jeu ?

Les personnes qui ont procĂ©dĂ© Ă  ces sabotages ont le courage des oiseaux : de ceux qui chantent encore dans le vent glacĂ©. […] Elles font ça pour tout le monde.

Les personnes qui ont procĂ©dĂ© Ă  ces sabotages ont le courage des oiseaux : de ceux qui chantent encore dans le vent glacĂ©. Elles prennent tous les risques et s’abĂźment Ă  tenter d’empĂȘcher notre cage commune de se refermer plus solidement que jamais dans l’histoire. Elles font ça pour tout le monde. Elles ne causent que des dĂ©gĂąts matĂ©riels, quand d’autres dĂ©truisent l’humanitĂ© et la vie en rĂ©pandant la peur. Les coeurs Ă©pris de libertĂ© et de justice ne peuvent que les soutenir de toutes leurs forces et rejoindre leur combat : elles nous y attendent depuis des siĂšcles, aux cĂŽtĂ©s de toutes celles et ceux qui ont su se soulever et s’organiser pour un monde meilleur, contre toutes celles et ceux qui nous prĂ©parent le « meilleur des mondes Â».

« Regardez-les passer, eux, ce sont les sauvages. Ils vont oĂč leur dĂ©sir le veut : par dessus monts et bois, et mers, et vents, et loin des esclavages. L’air qu’ils boivent ferait Ă©clater vos poumons. Â»

De l’air ! Il manque de partout, il manque Ă  tout le monde, de George Floyd Ă  CĂ©dric Chouviat, des malades du COVID aux populations confinĂ©es et masquĂ©es !
De l’air ! Soit le contraire des rĂ©seaux de satellites des rĂ©seaux d’antennes des rĂ©seaux d’objets espions des rĂ©seaux de flics et de surveillants qui nous nassent de tous cĂŽtĂ©s !
DE L’AIR, ET LE COURAGE DES OISEAUX !

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Source: Labogue.info