Depuis cinq mois, des gens sont enfermés au Camp de Mória. Depuis le mois de mars et prétendument à cause du Coronavirus, les gens n’ont pas été autorisés à quitter le camp d’asile, où les conditions de vie sont depuis des années catastrophiques. Cette semaine, le verrouillage du Camp de Mória a été prolongé indéfiniment pour la sixième fois. Ceci malgré le fait qu’il n’y ait aucun cas connu de Covid-19 dans le camp et que les restrictions pour les personnes en Grèce en dehors des camps et pour les touristes ont été levées il y a quelques semaines.

Il semble donc relativement clair que le Coronavirus est utilisé comme prétexte pour enfermer les exilé·e·s. Les conséquences sanitaires de cet enfermement continu sont désastreuses. 15 000 personnes vivent dans des espaces très réduits dans des tentes et des cabanes construites par leurs soins. Ils et elles ne peuvent pas se déplacer librement et n’ont pratiquement pas accès aux structures de soutien. Il y a des tensions sociales dans le camp et il n’y a ni nourriture ni eau en quantité suffisante. En outre, les personnes du camp sont constamment menacées par la violence massive de l’État et de la droite.

À ces atrocités s’ajoute la brutalité du régime d’asile. Les personnes sont exposées à la menace d’une décision d’asile négative à tout moment. Si cette mesure est prise, les gens ne reçoivent plus rien. Même pas de nourriture. Cela signifie qu’ils sont enfermés dans une prison en plein air sans nourriture et qu’ils doivent s’attendre à être expulsés tous les jours.

La semaine dernière, plusieurs familles de Mytilini ont manifesté contre cette violence flagrante qu’elles subissent quotidiennement. La réponse de l’État grec a été un déploiement brutal de la police anti-émeute qui a arrêté la manifestation et ramené de force les gens au Camp de Mória.



Article publié le 22 Juil 2020 sur Mars-infos.org