Le 21 juin, lors de la fête de la musique à Nantes, vers 4h du matin, les forces de l’ordre intervenaient violemment pour obtenir l’arrêt d’un sound system en bord de Loire. Lors de l’intervention, pilotée par le commissaire Grégoire Chassaing, ancien chef de la sûreté départementale à Tours, plusieurs personnes tombent dans le fleuve. L’une d’elles ne reviendra pas. Une enquête est confiée à l’IGPN sur les responsabilités des flics. Un rapport est également demandé à l’Inspection générale de l’administration pour enquêter sur l’organisation et la sécurisation des lieux lors de cette fête.

Alors que l’enquête de l’IGPN dédouanait complètement les flics, le rapport de l’IGA [1] s’est révélé plus critique. Dans l’article que Mediapart consacre à l’affaire, on peut lire :

[Le rapport de l’IGA] relève que si « l’intervention de la police était légitime […], ses modalités n’étaient pas adaptées ». La faute au commissaire divisionnaire présent sur place, dont « les décisions manqu[ai]ent de discernement ». Christophe Castaner a indiqué que le commissaire ne pourra plus exercer ses fonctions. Il est muté dans « un emploi sans responsabilités » et ne fera plus de maintien de l’ordre en attendant les conclusions de l’enquête judiciaire.

C’est ce même commissaire qui recevait, le 16 juin dernier, une médaille honorifique des mains du même ministre, en récompense de son traitement réussi de la crise des Gilets jaunes. Castaner a préféré communiquer quelques petites précisions d’usage sur cette distinction :

Si l’un des médaillés est reconnu responsable d’actes contraires à la déontologie ou de faute et sanctionné à ce titre, ou condamné par la justice, la médaille de la sécurité intérieure lui sera retirée.

Pour l’instant, on sait juste que Chassaing est mis au placard, pas si on lui a retiré sa breloque.

Illustration : Sylvain Borsatti


Article publié le 18 Sep 2019 sur Larotative.info