Les causes de ce mouvement de grève sont multiples, avec trois principales : la désertification médicale multipliant le recours aux urgences faute d’autres possibilités, la suppression massive de lits dans les hôpitaux faisant des urgences un goulot d’étranglement et la fuite des personnels malmenés, mal considérés.

La désertification médicale ne se réglera pas d’un coup de baguette magique, d’autant plus que la ministre se refuse aux vraies solutions, le développement notamment d’un service public, l’obligation à servir des jeunes médecins.

Alors il faut se donner les moyens d’une prise en charge humaine de ceux qui n’ont que les urgences comme recours !

Le mouvement des urgences n’est que la traduction du malaise d’un hôpital public mis à mal par la politique nationale de santé en vigueur.

La Coordination Nationale des Comités de défense des hôpitaux et maternités de proximité, représentante d’usagers, lieu de convergences entre usagers, personnels et élus, apporte son soutien à toutes les luttes, aux revendications des personnels : l’arrêt des fermetures de lits, de services et des réouvertures, des créations de postes, une vraie revalorisation des métiers hospitaliers.

Elle apporte son soutien au collectif inter-urgences qui tient son assemblée générale le 10 septembre. Elle rappelle que les convergences sont nécessaires avec les médecins hospitaliers, avec l’ensemble des personnels hospitaliers et avec les usagers, ceux pour qui fonctionnent les services d’urgence et les hôpitaux et qui leur donnent leur raison d’être. Les usagers ont besoin de proximité, gage de sécurité : c’est aux professionnels à les orienter, si besoin, vers des soins plus spécialisés.

Elle appelle ses comités, ses militants, la population, à participer aux mobilisations organisées par la CGT santé et action sociale le 11 septembre et à se mobiliser plus que jamais pour défendre hôpitaux, maternités et, d’une façon générale, l’accès aux soins pour toutes et tous.

Elle met en garde la ministre : remplacer le goulot d’étranglement à la sortie des urgences par une restriction à l’entrée serait gravissime pour la santé de la population. Quant à la proposition d’accès direct à des services, elle nous paraît du pur effet d’annonce : cela ne créera pas les lits après lesquels les services d’urgence courent !

Elle va lancer dans les jours et les semaines à venir une grande campagne pour que l’hôpital public ait les moyens dont il a besoin.


Article publié le 10 Sep 2019 sur Larotative.info