Les MNA (Mineurs Non Accompagnés) et jeunes majeurs vulnérables ont besoin de la protection de la Métropole et de l’ État : pas d’être montrés du doigt et livrés à la vindicte populaire par médias interposés ! Réaction du collectif de l’ancien collège Maurice Scève à un article du Progrès.

Dans l’édition du 24 avril du Progrès de Lyon, une double page avec gros titre « La délinquance des mineurs isolés explose à Lyon » et… un reportage auprès de la police mettant en valeur uniquement le point de vue « policier ». La parole est d’ailleurs donnée au Directeur Départemental de la Sécurité Publique mais à personne d’autre pouvant porter un autre regard (sociologue par exemple). D’où il n’y a aucune mise en perspective avec la question migratoire globale.

Il en ressort toute l’argumentation policière avec des faits, des chiffres et des arguments mêlant des réalités sans rapport les unes avec les autres : des faits d’ultra violence ultra minoritaires d’un côté, et une augmentation de la petite « délinquance de rue » de l’autre. Cette « petite délinquance » n’étant pas la caractéristique d’une « violence des mineurs étrangers » mais caractéristique du comportement de n’importe quelle population en situation de pauvreté, de« survie », de détresse, livrée à elle- même, ce qui ne l’excuse pas.

Les mineurs non accompagnés (MNA) et jeunes majeurs vulnérables ont besoin – et ont droit – à la protection de la Métropole, du Département et de l’État (services sociaux, de santé, éducatifs …) : pas d’être montrés du doigt et livrés à la vindicte populaire, en indiquant leur nationalité, par médias interposés, ce qui fait le miel de l’extrême-droite (Communiqué du RN dès le 25/04).

L’écrasante majorité des MNA et jeunes majeurs n’arrivent pas chez nous, après des parcours où ils ont beaucoup souffert physiquement et moralement, par plaisir et sans motif. Ils ont fui des situations de guerre, de misère économique ou sociale. Leur but et leur espoir : un avenir par la scolarisation, la culture et le sport, des papiers et du travail (beaucoup de métiers sur des emplois « en tension » sont tenus par des jeunes issus de l’immigration qui ne prennent pas la place de « français de souche » mais contribuent à produire la richesse dans notre pays et qui s’intègrent pleinement et pacifiquement).

Il n’est que de voir lorsqu’on leur tend la main avec bienveillance, avec respect et souci d’intégration comment ils le rendent pour l’écrasante majorité : regardez le reportage du Progrès du 15 avril sur le tournoi de foot organisé par le FCC de la Croix Rousse intégrant l’équipe du « Collège international Maurice Scève » : c’est « toute la jeunesse du monde » qui exprime sa joie de vivre et d’espérer.

Sachez que malgré des conditions très précaires – du fait que la Métropole et la Préfecture ne mettent pas en œuvre, à ce jour, leurs obligations d’hébergement digne et de protection, ce sont des soutiens bénévoles et des associations qui font tout ce qu’elles peuvent pour des conditions de « survie » dans ces squats avec ces jeunes qui dans leur écrasante majorité sont des ados pleins d’énergie, de joie de vivre et d’envie de vivre parmi nous et avec nous,

Nous avons décrit dans une Lettre ouverte en date du 08 avril cette situation difficile pour tous et proposé des pistes de solutions.

Nous proposons au Progrès de faire un reportage au Collège et 2 pages sur notre Lettre ouverte en la portant à la connaissance de ses lecteurs/trices ainsi que le point de vue de la Métropole et de la Préfecture.

Le droit à l’ information, la citoyenneté et la démocratie en sortiraient renforcés au bénéfice de tous et surtout des premiers concernés : les jeunes mineurs isolés.

Lyon le 28/04/2019 .

Collectif de soutien au Collège Sans frontières Maurice Scève


Article publié le 13 Mai 2019 sur Rebellyon.info