Mai 16, 2022
Par Yannis Youlountas
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À Exarcheia, ces derniers temps, les manifs se multiplient, rassemblant des sensibilités très différentes. Ce sont des moments très forts, chargés de sens, des promesses d’avenir.

Chaque manif passe bien sûr devant le Notara 26. Des résidents jettent souvent des tracts en soutien aux luttes depuis la terrasse.

L’Amour et la Révolution…

Dans la vitrine de la librairie « Bibliothèque », sur la place, on peut lire une banderole cinglante :

« NOTRE VIE EST TELLEMENT COURTE, MAIS TELLEMENT BELLE ET UNIQUE, QU’IL N’EST PAS QUESTION DE L’ABANDONNER À LA PEUR, AU SILENCE, À LA SOLITUDE, AU DÉSESPOIR NI AUX INTERDITS ».

Beaucoup parmi nous ont un amour immense pour ce quartier à part entière, même si tout est loin d’y être parfait. Entre rêve et cauchemar, Exarcheia est un de ces quartiers qui palpitent encore en Europe dans le crépuscule grisâtre du vieux monde. Ses murs colorés ne cessent de le rappeler, comme autant de cris, de hurlements et de cicatrices.

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Le fait qu’Exarcheia soit dans le collimateur du pouvoir n’a fait que renforcer cet amour ces trois dernières années. Notre compagnon de convoi, José Bengala, décédé le 8 mars dernier, a souhaité que son cercueil soit recouvert du tee-shirt en soutien à Exarcheia à sa crémation. Beaucoup de nos compagnons et camarades ressentent également quelque chose de très fort à chaque fois qu’ils reviennent.

José accueillant Giorgos il y a 4 ans en Gironde.

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Dernière visite de José à Exarcheia, au K*Vox en novembre 2021.

Sous la fresque du K*Vox en l’honneur de la Commune de Paris, nous songeons souvent à tous ces petits bouts de monde que nous tentons de soustraire à la convoitise du pouvoir et du capitalisme. Même si ce sont de minuscules bouts de territoire, même si c’est parfois éphémère — un mois, un an, dix ans — ce sont autant de brèches qui pourfendent les évidences qu’on veut absolument nous imposer.

Car nous le savons, nous le voyons, nous l’expérimentons : d’autres voies sont possibles, désirables et nécessaires. Nous sommes capables de vivre ensemble autrement. Nous sommes capables d’aimer, créer et résister.

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Nous sommes capables, résolument capables de prendre nos vies en mains.

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Encore merci à toutes celles et ceux qui ont participé à la préparation de ce convoi, d’une façon ou d’une autre. Et à demain pour la suite !

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Si vous avez raté les premiers épisodes :

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1- POURQUOI UN CONVOI DE JANVIER À MAI ?

(préparation du convoi, anecdotes et voyage en quatre phases)

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2- AUX CÔTÉS DES RÉFUGIÉS, AU NOTARA 26 ET AILLEURS EN GRÈCE

Le squat Notara 26 à bout de bras ! Une maman et son bébé sans abri recueillis sous la neige ! L’arrivée d’enfants d’anarchistes ukrainiens ! L’accueil chaleureux des afghans près d’Héraklion !

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3- L’ART ET LES TATOUAGES EN SOUTIEN DES LUTTES

Une histoire insolite et formidable

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4- UN SOUTIEN MÉDICAL ET SANITAIRE COMPÉTENT

Des anciens professionnels de santé sont partis avec nous pour épauler les structures autogérées de santé. Des camarades frappés par des maladies graves reçoivent une aide complémentaire.

À découvrir demain :

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6- DES ACTIONS UN PEU PARTOUT EN GRÈCE

Notre soutien concerne également des squats qui sont loin d’Athènes, des collectifs de Patras à Thessalonique, des ouvriers en lutte comme les dockers du Pirée en grève contre la firme Cosco, des victimes précaires d’un séisme en Crète, etc.

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À suivre les jours suivants :

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7- DES LUTTES ENVIRONNEMENTALES À LA CROISÉE DES CHEMINS

Le projet d’aéroport de Kastelli en Crète va-t-il être abandonné ?

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8- SOUTENIR LES PAYSANS EN LUTTE TOUT EN NOURRISSANT LES PRÉCAIRES

Des paysans crétois en lutte contre Bayer, Vinci, EDF, Total et Aéroports de Paris nous fournissent en fruits, légumes et huile d’olive pour les lieux autogérés et solidaires des grandes villes. Une grande serre autogérée dans la banlieue d’Athènes rejoint la lutte pour l’autonomie. Mais aussi : jardins partagés, création de composteurs, permaculture, prêt de vélos, mise en commun d’outillage…

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9- LA CUISINE SOLIDAIRE DE CHANIA ET LE RÉSEAU SODAA EN ATTIQUE

L’enjeu : nourrir des milliers de précaires (grecs et migrants) dans l’entraide, sans l’aide du pouvoir ni de ses valets !

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10- UN CONVOI SOLIDAIRE, C’EST AUSSI DU BRICOLAGE ET DES TRAVAUX DANS LES LIEUX

On n’a pas chômé durant 3 mois : rangement, menuiserie, peinture, plomberie, électricité, sécurité anti-incendie. Naissance d’un garage solidaire autogéré !

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11- LA CAUSE DES ENFANTS : PÉDAGOGIE FREINET, BIBLIOTHÈQUES SOCIALES, JEUX, COURS DE LANGUES GRATUITS…

Parce que la société autoritaire et inégalitaire frappe aussi les enfants, nous avons participé au développement de bibliothèques sociales, de ludothèques autogérées, de cours gratuits de langues, de la philosophie avec les enfants, de la pédagogie Freinet et d’autres outils coopératifs de prise de conscience et d’émancipation dès le plus jeune âge.

Faites passer ! Transmettez au moins la nouvelle à toutes celles et ceux qui ont participé !

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PS :

Si vous voulez (et pouvez) contribuer, nous n’avons plus de fond d’urgence en ce moment alors que c’est indispensable et une dizaine de nos lieux et collectifs n’ont pas encore pu être soutenus faute de moyens suffisants durant le convoi. Trois possibilités :

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1- Effectuer un virement à ANEPOS

IBAN : FR46 2004 1010 1610 8545 7L03 730 BIC : PSSTFRPPTOU

Objet : « Action Solidarité Grèce »

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2- Suivre ce lien PAYPAL :

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3- Envoyer un chèque à l’ordre de ANEPOS

Adresse postale : ANEPOS – Action Solidarité Grèce – 6 allée Hernando – 13500 Martigues

Contact, suggestions, propositions : [email protected]

Tél. France 06 24 06 67 98 / Tél. Grèce (0030) 694 593 90 80

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(une liste complète des lieux récemment aidés se trouve parmi les images du premier épisode)




Source: Blogyy.net