Janvier 31, 2016
Par Ruptures
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L’état d’urgence est désormais la norme de gouvernement. Les perquisitions administratives sont utilisées par les flics dans le déroulement normal de leur travail, tout en laissant entendre que ces perquisitions serviraient à la lutte contre le terrorisme.

L’état d’urgence est donc instauré. Et, avec lui, son lot de mesures répressives. On en vient à comptabiliser les saisies d’armes venant de milieux « criminels », comme si elles provenaient d’autant de caches d’armes djihadistes. Des centaines de musulmans considérés comme radicaux sont assignés à résidence, obligés de pointer trois fois par jour au commissariat sous des prétextes fallacieux. Ces mesures aggravent la stigmatisation, les empêchent de travailler, et les excluent, en somme, de la société en leur interdisant de mener une vie normale. Toujours aucune explication claire sur les raisons de ces assignations qui tendent a devenir la norme pour mettre la pression aux gens sur la base de liens plus ou moins flous avec des « radicaux ». Tout cela n’est que l’agitation autoritaire d’un pouvoir qui tente de faire oublier qu’il est incapable de nous protéger en frappant à outrance ceux qui passent a sa portée. Plus fréquent que les assignations à résidence, les perquisitions administratives qui se comptent en milliers tombent tous azimuts, avec leurs lots de « bavures », de blessés et d’injustices. Les flics peuvent désormais défoncer ta porte sur décision de leur supérieur à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit, et ils s’en servent. Il est évident que ces attaques n’ont plus rien à voir avec des mesures antiterroristes.

Après les centaines d’assignations à résidence de musulmans et les milliers de perquisitions administratives dont on pouvait déjà se demander quel était le rapport avec les attentats, l’État ne se soucie même plus de faux semblants. Les assignations à résidence frappent à présent les militants révolutionnaires et écologistes accusés de vouloir perturber la petite fête des dirigeants de ce monde. Les opposants potentiels a la COP21 se sont vu traiter de la même façon que les « terroristes ». L’union nationale n’a pas duré longtemps, même les plus naïfs n’auront pas eu le temps de s’y laisser prendre.

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Manifestation contre la COP21 du 29 novembre 2015.

Arrêtons donc de nous plaindre et ne cédons pas aux discours médiatiques sur les affrontements du fameux dimanche 29 novembre 2015. Laissons les geignards du Front de gauche et tous ceux qui ont voté ou soutiennent l’état d’urgence pleurer sur le détournement de leur manifestation non violente et de leur ridicule chaîne humaine. Laissons les tièdes se dissocier des affrontements ou en rejeter la faute sur la police. Les discours essayant de montrer que les affrontements sont le fait de la police pullulent, y compris dans nos milieux. Certains tentent de semer le doute en montrant des images de policiers de la BAC masqués, ce qui, pour quiconque a fait une manifestation un peu tendue, n’a rien de surprenant. Tout le monde sait faire la différence, mais le processus de pacification du milieu révolutionnaire est bien avancé. D’autres tentent de nuancer la responsabilité des manifestants dans les affrontements, ce qui est peut-être dit en toute bonne foi mais ne nous paraît pas moins problématique. Il y aurait eu des affrontements, peu importe le comportement de la police. Choisir la confrontation est un choix politique valable que les discours militants majoritaires tentent de réduire à une simple réaction face aux forces de l’ordre. La pirouette idéologique permettant de considérer que nous sommes toujours en état de légitime défense n’est pas non plus satisfaisante, car elle nous prive de la possibilité de faire le choix de l’offensive. Cette mobilisation du 29 novembre s’est tenue malgré l’état d’urgence et les interdictions, et certains ont choisi de s’affronter avec les forces de l’ordre afin de signifier haut et fort leur rejet de ces décisions et du système dans son ensemble. Nous devons soutenir ceux qui ont fait ce choix, autant que nous soutenons les camarades qui se sont fait placer en garde à vue, frapper par la police, ou qui subiront un procès.

Plus que jamais il est nécessaire que les anarchistes révolutionnaires se rassemblent et cessent de se perdre dans les méandres des alliances avec les organisations réformistes. Les partis politiques ont, une fois de plus, montré de quel côté ils étaient. Nous romprons définitivement les liens avec ceux qui continuent à travailler avec ceux qui ont voté pour l’état d’urgence. De Ensemble au FN, nous considérons ces organisations comme des ennemis irréconciliables.

Groupe Regard noir




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