Le gouvernement vient certes de changer de personnel mais la politique annoncĂ©e par Macron et Castex reste identique : Ă  droite toute ! MĂȘme mĂątinĂ©e en apparence d’écologie, la soupe antisociale proposĂ©e est totalement indigeste. Alors que l’épisode pandĂ©mique n’est toujours pas terminĂ©, les beaux discours sociaux de mars dernier ont donc vite Ă©tĂ© oubliĂ©s. Le monde d’avant et ses inĂ©galitĂ©s abyssales, ses ravages sociaux et environnementaux, son chĂŽmage de masse, ses attaques contre les plus pauvres, les services publics et les libertĂ©s politiques : ce monde est plus que jamais d’actualitĂ© mĂȘme et ce, s’il a failli comme jamais. Le monde des affaires et le grand patronat, premiers soutiens de Macron, n’ont en effet aucun intĂ©rĂȘt Ă  ce qu’il en soit autrement !

Et donc revoilĂ  la rĂ©forme des retraites Ă  points ! Qui plus est cette fois assortie de la suppression promise des rĂ©gimes spĂ©ciaux ! La rĂ©forme de l’assurance chĂŽmage fera simplement l’objet d’ « ajustements Â» car nul doute que diviser par deux les allocations chĂŽmage pour des centaines de milliers de personnes, c’est relancer l’activitĂ© et sortir les gens de la pauvretĂ© ! Le fait d’un report sur 2021 de ces deux dossiers ne change rien au problĂšme : c’est l’abandon de la rĂ©forme des retraites et l’abrogation pure et simple de celle de l’assurance chĂŽmage que nous revendiquons !

Sans compter que sous le prĂ©texte de la crise et des dĂ©ficits sociaux, comme celui de la caisse de retraites, on nous parle Ă  nouveau de travailler « davantage Â», et donc travailler plus et surtout plus longtemps ! Combien de fois faudra-t-il rappeler que la France en 2019, selon les donnĂ©es d’eurostat, c’est 37,4 h de durĂ©e hebdomadaire du travail quand la SuĂšde c’est 36,4 h et l’Allemagne 35 (moyenne de la zone euro : 36,6) !

De nouvelles baisses d’impĂŽts sont programmĂ©es pour les entreprises en plus d’exonĂ©rations de cotisations patronales soit-disant pour permettre l’embauche de jeunes (jusqu’à 1,6 SMIC), mesure pourtant Ă©culĂ©e qui n’a jamais eu d’effet significatif sur l’emploi et qui a surtout contribuĂ© Ă  fabriquer des travailleurs-euses pauvres ! Les services publics sont sommĂ©s d’efficacitĂ©, de simplification, en clair de payer les pots cassĂ©s de la crise pour que les capitalistes se gorgent toujours plus de dividendes !

Et qui plus est, tout cela est habillĂ© d’un discours sĂ©curitaire, d’un soutien indĂ©fectible aux forces de l’ordre et Ă  leurs violences, d’une stigmatisation des quartiers populaires et des rĂ©voltes sociales accusĂ©es respectivement de « communautarisme Â» et de violences. Pendant ce temps-lĂ , par pure provocation, le gouvernement soutient deux ministres l’un soupçonnĂ© de viol, l’autre profĂ©rant des propos sexistes et infamants contre les militantes et combats fĂ©ministes !

Le monde d’aprĂšs, c’est donc Ă  nous de le construire et l’imposer. Un monde d’égalitĂ©, de justice, de paix. Les luttes menĂ©es par les professions invisibles, qu’ils et elles soient soignant-es, personnels de mĂ©nage, agent-es territoriaux, livreurs-euses ubĂ©risĂ©-es, Ă©boueurs-euses etc
, les luttes menĂ©es par les travailleurs-euses des usines et des entreprises que l’on ferme au prĂ©texte de n’ĂȘtre pas assez rentables quand bien mĂȘme elles seraient gorgĂ©es d’aides publiques, les luttes des quartiers populaires contre le racisme et toutes les formes de discriminations, 




Toutes ces luttes montrent le chemin, ensemble, d’un monde d’émancipation.




Le 17 septembre, par la grĂšve et la manifestation
, posons dans un cadre le plus unitaire possible une premiĂšre pierre Ă  l’édifice pour faire plier celles et ceux pour qui rien ne doit changer et qu’au contraire l’occasion est rĂȘvĂ©e de se gaver encore plus.

Pour un monde social, fĂ©ministe, Ă©cologiste, c’est ensemble, dans les entreprises, dans les administrations, dans la rue que nous l’obtiendrons.

Paris, le 20 juillet 2020


Article publié le 20 Juil 2020 sur Solidaires.org