Mai 10, 2020
Par Le blog de anars 56
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Cela fait longtemps que je voulais Ă©crire un papier sur une pratique agricole exaspĂ©rante dans ma commune, je pense que d’autres communes le font.

Sur le journal de ma commune qui paraĂźt chaque annĂ©e, un article est diffusĂ© sur une campagne urgente d’arrachage et d’éradication d’une plante qui pullule dans les grands champs de chefs d’entreprises agricoles, il est demandĂ© aussi aux particuliers d’arracher dans leurs jardins.

Il s’agit d’une plante aux feuilles piquantes, les chardons (Cardus defloratus).

Chardon est un terme générique qui désigne de nombreuses espÚces de plantes épineuses appartenant principalement à la famille des Asteraceae notamment du genre, carduus, cynara (artichaut) et cirsium (les cirses).

Les chardons sont considĂ©rĂ©s comme des adventices, plus communĂ©ment appelĂ©s « mauvaises herbes Â». On les trouve sur des sols arides exploitĂ©s Ă  outrance. Certains chardons produisent une jolie fleur bleue qui garnit de beaux bouquets de fleurs sĂ©chĂ©es, elle est aussi belle sur son pied, nous pouvons nous tromper en les Ă©radiquant.

Comme je l’écris plus haut, la campagne d’arrachage bat son plein, les exploitants font la gueule si tu n’exĂ©cutes pas les directives donnĂ©es par monsieur le maire, le premier magistrat de la commune.

Le chardon pullule du fait d’un sol comportant trop de phosphore, et oui cette plante est bio-indicatrice comme tant d’autres, elle indique un apport trop massif de lisier frais dans les champs, pratique des exploitants agricoles pour vider les dĂ©jections animales des Ă©levages intensifs.

Un texte tirĂ© de l’encyclopĂ©die des plantes bio-indicatrices, guide de diagnostic des sols Ă©crit par GĂ©rard Ducerf explique cela :

« En SaĂŽne et Loire, la direction dĂ©partementale de l’équipement fait des fauches tardives des talus le longs des routes nationales. Les exploitants agricoles se sont plaints auprĂšs des Ă©lus locaux de ce que cette fauche retardĂ©e des bords de routes, ensemencerait les champs cultivĂ©s en graines de chardons. Ce n’est pas la DDE qui sĂšme les chardons, mais les Ă©coulements dus aux lessivages des nitrates d’ammonium et des lisiers des parcelles agricoles qui font lever la dormance des graines prĂ©sentes dans les fossĂ©s des routes. Â»

Ils Ă©pandent toute cette fiente dans les champs pour y semer des cĂ©rĂ©ales et lĂ©gumineuses, type soja, semences achetĂ©es chez les lobbyistes, semences qui demandent des traitements phytosanitaires, tels que le glyphosate et d’autres produits agrochimiques.

Les cĂ©rĂ©ales sont cultivĂ©es en majoritĂ© pour l’alimentation des Ă©levages intensifs, les viandes issues de ces Ă©levages ne sont gĂ©nĂ©ralement pas consommĂ©es par ceux qui la produisent. L’achat de tous ces produits profite la majoritĂ© du temps aux grands groupes capitalistes semenciers et chimiques (Bayer-Monsanto, Groupe Limagrain, Basf, Syngenta…).

En ce printemps de confinement, les entrepreneurs agricoles se font un malin plaisir d’épandre et de pulvĂ©riser leurs fientes et produits chimiques, sans respecter les directives donnĂ©es, pulvĂ©riser autour des habitations Ă  cinq mĂštres pour les plantations basses et dix mĂštres pour les plantations hautes, une directive qui est, Ă  mon avis, un non-sens, un arrĂȘt complet me semble Ă©vident. Certaines personnes de mon entourage subissent ces effluves qui provoquent, des nausĂ©es, maux de tĂšte, picotement nasal et de gorge, non ce n’est pas le COVID 19, mais bien les Ă©pandages, qui peuvent aussi provoquer une mort lente et assurĂ©e, cancers et autres maladies dus Ă  ces pratiques. Ces maladies nous les retrouvons dans les Ă©levages industriels, malformations et morts prĂ©maturĂ©es pour les animaux, du fait de cette alimentation, issue des champs de la grande industrie agro-chimique. Des traces de produits chimiques que l’on retrouve aussi dans notre alimentation.

L’agriculture biologique n’est pas en reste d’erreur. Certaines pratiques ne sont pas en adĂ©quation avec la santĂ© des sols et des plantes. Je parle notamment du Maerl appelĂ© aussi Lithothamne, qui est une algue calcique vendue en coopĂ©rative biologique comme produit de bien-ĂȘtre et que l’on retrouve dans les laits vĂ©gĂ©taux. En agriculture le lithothamne est amendĂ© aux sols acides pour relevĂ© le PH. Je me pose la question : pourquoi utiliser cette algue, dont l’exploitation Ă  outrance dĂ©truit les fonds marins.

L’état des ocĂ©ans est catastrophique, les bancs de Maerl constituent des nurseries vitales Ă  la biodiversitĂ©. Cette algue est protĂ©gĂ©e sur le littoral Breton depuis 2011 par un classement, en zone Natura 2000. Cependant, les ressources de lithothamne restent en danger dans le monde, les industriels se tournant dĂ©sormais vers l’Islande, le BrĂ©sil et le Chili.

N’oublions pas les exploitations miniĂšres de cuivre et soufre pour les produits de type «  Bouillie bordelaise Â», pulvĂ©risĂ©s sur les vignes, lĂ©gumes et fruits, pour Ă©viter l’oĂŻdium.

Maladie cryptogamique, générée par certains champignons ascomycÚtes.

Les produits et semences utilisĂ©s par les exploitants en agriculture biologique, sont vendus la plupart du temps par les mĂȘmes lobbyistes de l’agro-chimie.

Certains diront : « on le sait dĂ©jĂ  !!» et d’autre «  Et alors ! Qu’est-ce que tu proposes ? Â» A l’un je rĂ©ponds « TrĂšs bien continuons comme ça Â».

Viens maintenant le « Et alors ! Â», ne restons pas dans le dĂ©ni, un arrĂȘt de toutes pratiques non respectueuses de l’environnement et des sols est possible.

Des travaux on Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©s par des observateurs et biologistes respectueux de l’environnement.

Les travaux menĂ©s par Eric Petiot, sur les extraits fermentĂ©s contrĂŽlĂ©s de plantes, sont intĂ©ressants, et sont utilisĂ©s par de plus en plus d’exploitants sur de grandes surfaces. Un exemple, Philippe Houdan, cĂ©rĂ©alier en CĂŽte d’or utilise les extraits depuis 2011 avec de trĂšs bons rĂ©sultats. Des plantes que l’ont trouvent essentiellement autour de soi.

Claude et Lydia Bourguignon, micro biologiste et ingénieur agronome, ont mené des études sur la nature des sols vivants, ils accompagnent des exploitants pour des suivis et conseils agronomiques.

Une autre piste est l’agroforesterie, Ă©tude menĂ©e prĂšs de Montpellier Ă  RestindiĂšres.

Pourquoi, ne pas reprendre une vraie paysannerie, avec l’utilisation des mĂ©thodes anciennes, modernisĂ©es par certains, par exemple soigner les plantes par les plantes, Ă©quilibrer les sols par l’apport d’engrais verts et de cultures intercalaires comme la phacĂ©lie, la luzerne, le seigle pour dĂ©compacter le sol, la vesce et bien d’autres plantes.

Toutes ces plantes amĂšnent des principes actifs pour favoriser un Ă©quilibre et l’apparition des micro-organismes du sol.

La rĂ©colte de ses propres semences, peut ĂȘtre un bĂ©nĂ©fice aux exploitants, cela permettra de zapper les marchĂ©s capitalistes des lobbyistes semenciers.

Une mutualisation du matĂ©riel de production, serait une occasion de recrĂ©er de petites coopĂ©ratives agricoles, autogĂ©rĂ©es par un groupe d’exploitants, et non par les grands groupes et financĂ©es par les banques (CrĂ©dit agricole).

N’écoutons plus certains conseillers-illĂšres, des chambres d’agriculture, qui la plupart collaborent avec les lobbyistes et banquiers.

DĂ©sertons les lycĂ©es agricoles qui favorisent l’enseignement des pratiques agro-chimique et de gestion d’entreprises, cursus chapeautĂ© par les banques et les grands groupes agricoles.

Tous, agriculteurs et consommateurs, nous y gagnerons à fonctionner autrement. En ayant un respect de la nature, de soi et des autres et un respect pour les générations futures.

RĂ©approprions-nous les savoirs anciens, arrĂȘtons la destruction de notre environnement, nous ne nous en porterons pas plus mal.

Un champ de blĂ© avec des coquelicots est magnifique, alors pourquoi Ă©radiquer les chardons ?

Ronan




Source: Anars56.over-blog.org