Avril 27, 2020
Par La Horde
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QUAND “L’ADOLESCENTE ATTARDEE” ENFONCE LE CLOU DANS LA TETE DES AUTRES VICTIMES

Mais venons-en à sa dernière prouesse médiatique, qui surpasse de loin ses crottes de nez précédentes, à savoir sa prise de position dans un article du 8 avril 2020 intitulé “Fiorina et Adnane : selon que vous serez Français de souche ou Afro-musulman…” et publié sur le site Polemia, dont nous ne mettrons pas le lien ici, de peur de véhiculer le virus du fascisme à l’intérieur de notre site.

On va reprendre une à une les citations de ce plaidoyer inepte et raciste, en tentant d’y apporter notre réaction :

 “Rappelons ce qui m’est arrivé : acte IV des Gilets jaunes, 8 décembre 2018, je suis sur les Champs-Élysées au bras de mon compagnon Jacob pour manifester.” […] “la police charge en faisant usage de grenades et LBD 40 (anciennement flashball), mais au lieu de tirer uniquement sur les casseurs, elle vise la foule pacifique.”[…]

Désarmons-les – Fiorina, est-il utile de te rappeler que cette foule pacifique que tu as totalement fanstasmée (tu te souviens de ce qu’il s’est passé le 8 décembre, où tu faisais du tourisme ? ) est en réalité une révolte populaire qui a pris au cours du mois de décembre des formes insurrectionnelles, mêlant en son sein des personnes de toutes couleurs politiques (et de toutes couleurs de peau, ne t’en déplaise), motivées avant tout par une aspiration à la liberté et/ou à plus de justice sociale ? En crachant sur les “casseurs”, tu craches sur celles et ceux qui ne se retrouvent pas dans une approche réformiste de la lutte pour leurs droits et libertés. Etudiante en philosophie, tu devrais d’abord t’initier à l’histoire et revoir les formes prises par les révoltes des Maillotins, des Jacques, des Karls, des Tuchins, des Rustauds ou encore des Pitauds, tu serais surprise de voir tant de casseurs dans l’histoire de ton doux pays. Nous, on les appelle “insurgés” ou “révolutionnaires”, ça évite de reproduire les discours classistes du Pouvoir. Par ailleurs, il est navrant de constater que tu es la dernière personne de ce pays à ne pas faire la différence entre le Lanceur de Balles de Défense et le pistolet Flash Ball (ah oui, tu ne sais peut-être pas, mais ce dernier était essentiellement utilisé dans les banlieues où tu n’as certainement jamais mis un pied).

“Je n’ai pas la chance de vivre dans un territoire perdu de la République ou un « quartier populaire » (comprenez évidemment une banlieue de l’immigration)” […] “Mais soyez rassurés, si la République ne s’occupe pas de moi, quand il s’agit d’extra-Européens, la justice sait se montrer à la fois rapide et efficace. […] “Le Parisien me fait plaisir : alors qu’il avait fallu attendre plus 40 jours pour qu’ils s’intéressent à mon cas, là ils sont rapides. En seulement trois jours, oui trois jours, ils ont recueilli le témoignage d’Adnane pour dénoncer ces « violences policières ».” […] “La République sait quand même se montrer efficace avec ceux qu’elle chérit…” […] “Je constate une justice à deux vitesses. Pour des Afro-musulmans, le système est très souvent là, en particulier pour réparer les blessures causées par les policiers (légitimement ou non, ils ne s’embarrassent pas de cette question). Par système j’entends dans ce cas : les médias, l’IGPN, la justice, les associations « antiracistes »… Tous ont accouru, et ont rapidement apporté de la lumière sur cette affaire.” […] “Mais quand il s’agit de Gilets jaunes, soyons claire, la différence n’est pas le gilet ou l’âge, mais la race. Donc quand il s’agit de Français de souche, là le système (les médias) cache les choses”

Désarmons-les – Fiorina, tu peux ravaler ta jalousie, car on t’a menti : ces territoires ne sont pas perdus, ils sont occupés par la police en permanence depuis Pasqua et Sarkozy, ce qui provoque bien souvent des altercations entre ses habitant-es (jeunes et moins jeunes, et pas forcément étranger-es) et la police, qui y assure la domination des corps par des contrôles quotidiens, accompagnés d’humiliations et d’injures racistes, de coups et de violences. Le terme “banlieue de l’immigration” ne veut rien dire : là encore, un peu d’histoire ne te ferait pas de mal. On appelle banlieue les espaces d’une ou plusieurs lieues (unité de mesure) relégués en dehors des villes et soumises au commandement du seigneur (aujourd’hui l’Etat). Les “extra-européens” dont tu parles sont aujourd’hui pour beaucoup français ou européens, comme toi qui est née d’une mère étrangère. Et contrairement à ce que tes fréquentations racistes t’ont glissé à l’oreille, la majorité des cas de mutilations par la police, que les victimes soient françaises ou étrangères, blanches ou de couleur, ne font l’objet d’aucune diligence de la part des médias ou de la justice. Si dans certains cas le procureur et les médias réagissent vite, bien souvent ces affaires sont oubliées au bout de deux semaines, puis classées sans suite dans un silence assourdissant. Et effectivement, le critère de race a de l’importance quand on est confronté à un système structurellement raciste, mais pas comme tu te le représentes. Quand Calimero se fait arracher l’oeil par un policier, Calimero croit que c’est parce que les policiers n’aiment pas les oisillons ridicules avec une coquille d’oeuf sur la tête…

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Source: Lahorde.samizdat.net