Traiter le sexisme comme un sujet sérieux, à part entière, avec un volet répressif cohérent pour les « violences sexuelles et sexistes », c’est-à-dire avec les mêmes peines, que le coupable soit puissant ou misérable, ministre ou citoyen lambda, français ou étranger, voilà qui n’est pas, et même moins que jamais, d’actualité. L’heure est à la promotion de Gérald Darmanin à la tête de la police nationale, à l’instrumentalisation xénophobe de la cause des femmes, et même à la redécouverte d’un vieux lieu commun réactionnaire et raciste : la métaphore domestique, qui fait du pays un « chez soi », dont les nationaux seraient les seuls propriétaires ou locataires légitimes – et où les résidents étrangers, tenus de respecter de très dissymétriques « lois de l’hospitalité », seraient soustraits du régime de l’égalité devant la loi commune. Un lieu commun d’extrême-droite que vient de réactiver, en ce mois de juillet 2020, la toute nouvelle « ministre déléguée chargée de la Citoyenneté », Marlène Schiappa – et dont les racines pourries méritent d’être exhumées.


« L’an dernier, j’ai obtenu que soit actée l’expulsion des étrangers coupables de violences sexuelles et sexistes. C’est du bon sens : si la maison de votre voisin s’effondre, vous l’accueillez. Mais s’il se met à tabasser votre sœur, vous le virez ! »

Marlène Schiappa, 12 juillet 2020 [1]

« Est-ce que vous acceptez que des étrangers viennent chez vous, s’installent chez vous, et ouvrent votre frigidaire, se servent ? Non, bien naturellement ! »

Jean Louis Debré, 28 avril 1997 [2]

« Permettrez vous que le plombier que vous avez appelé pour réparer votre robinet se couche dans votre lit ? »

Jean-Maris Le Pen, le 12 novembre 1984 [3].

« Demain les immigrés s’installeront chez vous, mangeront votre soupe et coucheront avec votre femme, votre fille ou votre fils »

Jean-Maris Le Pen, le 14 février 1984 [4]


Article publié le 24 Juil 2020 sur Lmsi.net