Mars 8, 2020
Par Solidaires Étudiant-e-s
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Le 8 mars, journée mondiale de lutte pour les droits des femmes,
s’annonce comme une date marquante. Ce début d’année 2020,
dans la continuité de l’ensemble de l’année 2019, est marqué
par un
e mobilisation contre les féminicides : 149
féminicides recensés en 2019, dont un des points culminants fut le
23 novembre où 150.000 personnes ont manifesté dans toute la France
contre les violences sexistes et sexuelles.

Au sein de l’enseignement supérieur et de la recherche, les
femmes ne sont pas épargnées. Le sexisme est ancré dans nos
lieux d’études
: orientation et répartition genrée dans les
différentes filières, et “plafond de verre” — les
femmes sont plus nombreuses en licence, et sont minoritaires
en doctorat et parmi les enseignant-
e-s (en 2017,
elles représentent 37 % des enseignant-e-s-chercheurs-euses
titulaires)1.

Les présidences d’établissements ne prennent toujours pas
leurs responsabilités dans la lutte contre les violences sexistes et
sexuelles. L’absence de sanctions conséquentes envers des
enseignants qui commettent des violences sexistes et/ou sexuelles
,
le refus de présidences d’université de constituer les sections
disciplinaires demandées par les victimes renforcent l’omerta au
sein de nos établissements. Les conséquences de ces décisions sont
pourtant graves: nombres d’étudiantes victimes de violences
sexuelles de la part de leur enseignant encadrant (en mémoire ou
thèse) mettent fin à leurs études. D’autres
manifestations de sexisme ne sont pas sanctionnées, telle la
communication sexiste utilisée par des associations étudiantes pour
faire la promotion de leurs évènements, quand bien même chaque
année des violences sexuelles et sexistes sont commises lors de
soirées étudiantes.

Les droits des étudiantes, dont plus de la moitié
travaillent, sont aussi attaqués par la réforme des retraites

dont le gouvernement prétend qu’elles sont les grandes gagnantes.
Mais ce projet c’est la double peine : le calcul des
pensions sur l’intégralité de la carrière leur fera payer une
deuxième fois les carrières interrompues, le chômage, la
précarité, les congés parentaux, les temps partiels et les bas
salaires. Nous continuerons à lutter jusqu’au retrait de cette
réforme
qui répliquera et aggravera au moment de la retraite
les inégalités entre hommes et femmes déjà criantes dans le monde
du travail.

Nous nous joignons à la grève
des femmes les 8 et 9, et continuerons à lutter contre les
violences sexistes et sexuelles dans l’enseignement supérieur
,
aux côtés de collectifs non-mixtes et/ou féministes.

1https://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/pid38153-cid127382/www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/cid127382/esri-chiffres-cles-de-l-egalite-femmes-hommes-parution-2018.html




Source: Solidaires-etudiant-e-s.org