Septembre 27, 2022
Par Paris Luttes
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Une journée de grève isolée ?

Si toute la presse s’accorde à dire que tous les ingrédients sont réunis pour un automne de grève (ou plus), certaines organisations syndicales ne se sont pas joints à cette journée de grève appelée par la CGT et Solidaires dès le début de l’été. En cause les divergences sur les modes d’actions : certaines voient d’un mauvais œil une mobilisation générale là où elles préféreraient faire avancer uniquement leurs revendications sectorielles. L’appel à la grève porte pourtant des revendications étonnamment ambitieuses (smic à 1800 ou 2000 €, semaine de 32h, augmentation du RSA et des minimas sociaux…) dans un contexte où l’inflation s’envole fortement et après une suite de catastrophes climatiques directement produites par le système capitaliste. De nombreuses grèves, en France, en Europe ou dans le monde, ont éclaté justement ces derniers mois dans le sillage de l’inflation, en particulier dans le secteur de la logistique et du commerce. La suite de cette journée de grève devrait se décider dans les AG, les appels à la grève se multiplient dans de nombreux secteurs, y compris dans le privé (Total – en grève pour 3 jours depuis le 27, ExxonMobil, Amazon, Carrefour, boîtes de l’informatique…).

Rendez-vous de solidarité avec les grévistes, départ collectifs ou AG d’organisation de la grève

Ces rendez-vous sont ouverts à toutes et tous, salarié·e·s, chômeu·se·r·s… N’hésitez pas à nous transmettre d’autres rendez-vous en commentaire à l’article.

Manif parisienne



Départ 14h à Denfert-Rochereau

Denfert-Rochereau, Port-Royal, bd St Michel, bd St Germain, Pont de Sully, Bastille

Ordre des cortèges : CGT– (jeunes) – FSU – Solidaires – suivis possiblement par les syndicats UNSA Transport (et CFDT ?). L’UNSA et FO pourraient se joindre à la manifestation selon les prochaines déclarations gouvernementales sur les retraites.





La ligne du groupe légal de la Coordination antirépression sera ouverte au 07 53 13 43 05

Et le guide à feuilleter avant la manif :

Texte unitaire des orgas syndicales

Pour les salaires, les pensions, les bourses d’études, les minima sociaux : en grève le 29 septembre !

Les mesures gouvernementales annoncées sur le pouvoir d’achat sont en dessous de la situation de paupérisation de la population. La loi votée cet été se contente de poser quelques rustines et, à travers les exonérations de cotisations, ampute le salaire socialisé, fragilisant la protection sociale.

Dans la fonction publique, la revalorisation de 3,5% de la valeur du point d’indice est en deçà de l’urgence à relever l’ensemble des rémunérations de 10 % au moins tout de suite pour préserver les conditions de vie de tous•tes. De même pour les retraité•es, les 4 % de revalorisation des pensions ne correspondent pas à l’inflation, la situation des retraité•es continue donc de se dégrader.

La crise énergétique pèse déjà fortement sur la population, particulièrement les plus précaires, tandis qu’aucune mesure réelle n’est prise pour une transition écologique juste. Le gouvernement se contente d’incitations à des économies d’énergie culpabilisantes tandis que d’autres pays européens s’engagent dans la taxation des superprofits des entreprises du secteur énergétique et que d’autres mettent en place des passes ferroviaires gratuits !

Le gouvernement poursuit aussi une politique fiscale qui assèche les comptes de l’État au profit des grandes entreprises et au détriment des services publics (santé, éducation…) et du financement de la transformation écologique. Par ailleurs, il prévoit une réforme de l’assurance chômage qui va à l’encontre du droit des travailleur-euses d’avoir des indemnisations du chômage justes, une réforme du RSA qui le conditionnerait à une obligation de travailler de 15 à 20 heures hebdomadaires, et continue d’envisager une réforme des retraites qui exigerait de travailler davantage et pourrait conduire à amputer encore davantage le montant des pensions.

En ce qui concerne les jeunes et leurs familles, les aides (bourses, ARS) ne sont pas suffisantes pour compenser l’inflation. Une revalorisation significative des bourses scolaires et de l’ARS est nécessaire pour pallier le prix de la rentrée (qui avec l’inflation a grimpé de 5 à 10 %). De plus, trop peu de familles bénéficient de cette aide en raison du plafond de ressources à ne pas dépasser.

C’est pourquoi la CGT, l’Union syndicale Solidaires, la FSU, l’UNEF, la VL, la FIDL et le MNL appellent dès à présent à une journée de grève interprofessionnelle le jeudi 29 septembre qui doit s’inscrire dans une mobilisation large et dans la durée.

Appel à la grève de la CNT Solidarité ouvrière

Les travailleur·euses sont de plus en plus lourdement impacté·es par l’inflation et la vie chère (logement, transport, énergies…) aggravées par les crises internationales et environnementales en cours.

Les salaires ne suivent pas : dans le privé où les minimas de nombreuses conventions sont rattrapés par le SMIC ; dans le public où la revalorisation du point d’indice après une décennie de gel, reste nettement en dessous de l’inflation.

Les mesurettes portées par le gouvernement cet été (voir notre argumentaire ici), ne réglerons pas nos problèmes alors qu’on nous parle d’un hiver difficile avec de possibles pénuries et restrictions. Ces mesurettes épargnent toujours grandement les plus riches et les entreprises et évitent le cœur du problème. La question n’est pas le « pouvoir d’achat » mais la répartition égalitaire des richesses ! Elles doivent revenir aux travailleur·euses !

Sous la présidence Macron, les français les plus fortunés ont considérablement augmenté leur richesses. Depuis 2021, les cours boursiers et les profits des entreprises ont enregistré partout dans le monde des records de hausse. Ces masses d’argent, c’est l’exploitation de notre travail qui les a produites ! Dans l’immédiat elles doivent servir à l’augmentation générale des salaires ! Cela doit aussi concerner la part socialisé (le brut) alors que de nouvelles attaques sont prévues sur la protection sociale (retraite à 65 ans, assurance chômage…)

Lutter contre les galères de la vie chère c’est faire passer nos employeurs et les actionnaires à la caisse !

Depuis des années, la sphère patronale et actionnariale est subventionnée par l’argent public (exonérations de cotisations sociales ou fiscales, aides…). Ces politiques doivent cesser pour permettre de sortir les services publics des logiques d’austérité et revaloriser leurs agent·es.

Nos galères ne viennent pas de nulle part, elles sont le fruit du système économique capitaliste, prédateur et inégalitaire. Notre classe doit s’en émanciper en défendant un projet de transformation sociale égalitaire et autogestionnaire.

Nous n’aurons que ce que nous prendrons !

Mobilisons-nous collectivement pour revendiquer dans l’immédiat :

  • Une hausse générale des salaires avec échelle mobile en proportion du SMIC revalorisé. Une hausse des pensions et minimas sociaux indexée sur l’inflation. Une hausse du point d’indice de la fonction publique à hauteur de l’inflation et la revalorisation des grilles indiciaires. Le plafonnement des hauts salaires.
  • La diminution du temps de travail, à salaire égal.
  • L’arrêt des politiques, notamment fiscales, au bénéfice des plus riches et des entreprises.
  • L’État d’urgence social : blocage des loyers, des prix des produits de 1re nécessité et des factures énergétiques.

    https://cnt-so.org/le-29-septembre-et-apres-un-seul-mot-dordre-repartition-egalitaire-des-richesses/



Source: Paris-luttes.info