Le 12 décembre 2010, l’équipage de police-secours commandé par Xavier Crubezy, alors âgé de 33 ans, est appelé pour une rixe au couteau entre deux résidents d’un foyer des quartiers nord de Marseille. Après avoir reçu une tasse sur le front, Xavier Crubezy tire en visant le thorax de M. Ziani.

Le policier et son avocate considéraient qu’il n’avait « pas d’autre alternative » et a tiré en état de légitime défense. Pourtant M. Ziani « était dans sa chambre, donc il n’était pas dangereux pour autrui ». « [Ils étaient] trois fonctionnaires de police face à un individu acculé contre le mur, armé d’un verre et d’un mug ! ».

Le tir qui a tué Mustapha Ziani en 2010 à Marseille « n’est ni accidentel ni involontaire », avait fait valoir en novembre 2014 le président du tribunal, concluant qu’il devait revenir « à la juridiction compétente », autrement dit la cour d’assises, de juger le policier. L’avocat de la famille déclarait alors « Ce sera la première fois qu’on jugera un tir de flash-ball aux assises et qu’on ouvrira le débat sur ces armes intermédiaires », estimant que cette question, quelques semaines après la mort de Rémi Fraisse, touché par une grenade offensive GLIF4, toujours elle aussi en usage aujourd’hui, sur le barrage de Sivens, était « d’une pleine actualité ».

Au début du procès, la fille de la victime déclarait « Je veux garder la tête haute, et prouver que même s’il n’est plus parmi nous, je suis toujours là pour mon père, et je veux lui rendre justice. Ce qui s’est passé est grave, il faudrait enlever cette arme aux policiers. Cette arme qui fait qu’aujourd’hui, à 24 ans, et depuis l’âge de 17 ans, je dois me construire sans mon père. »

Le 25 janvier 2017 c’est finalement quand même par le tribunal correctionnel de Marseille, loin des assises, que l’assassin a été jugé pour homicide involonaire, après un cambriolage, un conflit de voisinage et un vol de cartes postales au Vieux-Port. Sept ans après le meurtre de Mustapha Ziani, toujours CRS, le policier était condamné à six mois de prison avec sursis le 3 mars 2017.

Les LBDs sont eux toujours en usage fièrement défendus par l’executif comme l’ont bien montré les positions du ministre de l’intérieur Christophe Castaner au cours de l’année dernière, ils ont même un grand frère de la famille Penn Arms, plus puissant, plus rapide, plus dangereux. La police défend l’état, maintient les plus démunis silencieux. Pour cela, bien évidemment elle tire, pour mutiler, pour tuer, pour terrifier. D’ailleurs, les personnes bléssé.e.s par ces armes sont depuis devenues indénombrables.

Pour cela, pour toutes les victimes de la police et de ses armes, en leur mémoire et contre toutes les violences policières, rejoignez les hommages à Zineb Redouane tuée par un policier le 1er décembre 2018.


Article publié le 20 Nov 2019 sur Mars-infos.org