Depuis la décision du gouvernement, nous pouvons le dire clairement : le
10 février sera un jour d’allégresse, l’occasion de fêter tous ensemble
la victoire du mouvement contre le projet d’aéroport et d’enraciner
encore un peu plus l’avenir de la zad.

Cette célébration se déroulera trois jours avant le mardi gras, en
pleine période de carnaval. S’il est une fête qui permet de narrer la
geste des humbles chahutant les puissants, c’est bien celle-ci. Nous
souhaitons donc qu’elle vienne inspirer le ton, le rythme et
l’esthétique de la journée. Mais le carnaval dispose d’un autre
attrait : fête des passages, il survient quand l’hiver n’a pas encore
laissé place au printemps, que les jours peinent à rallonger, qu’une
saison vient de se finir sans qu’on ait encore basculé dans la suivante.
Autant d’allégories rappelant la fin de cette lutte d’un demi-siècle
contre l’aéroport qui laisse place à de nouveaux enjeux et combats, ici
et ailleurs. Ne nous y trompons pas, le carnaval ne célèbre pas un
changement d’ère, il l’accompagne, voire le suscite. Rite grâce auquel
on se projette ensemble dans l’avenir, confiants face à nos
incertitudes, il est le premier jour des saisons futures.

Le 10 février, deux cortèges forts de musiques et de chants partiront
donc du Gourbi et de Saint-Jean-du-Tertre aux alentour de 13h. Nous vous
y convions déguisés autour d’un thème large et équivoque : « Nous sommes
bocage ». Revêtez vos plus belles cornes de buis, arborez un superbe
pelage de boue ou des plumes de granit… peu importe, nos costumes seront
du bois dont on a défendu et sauvé cette terre. Armés de cette
exubérance, nous pousserons des chars et des charrettes pleines
d’objets. Nous avons besoin de vous pour les remplir. Nous vous
proposons d’apporter des représentations de choses qu’il vous tiendrait
à cœur de voir disparaître avec l’aéroport. Certaines luttes sœurs
envisagent déjà de construire de grosses maquettes en carton symbolisant
ici un méga-transformateur aveyronnais, là une poubelle nucléaire
meusienne, ou encore un TGV transalpin. Ce sera donc le moment de mettre
en avant nos combats communs et la solidarité entre nos luttes. Mais
rien n’exige de limiter notre imagination à des infrastructures ou des
GPII, et nous sommes sûrs que les idées ne vous manqueront pas pour
illustrer ce contre quoi vous luttez.

Les cortèges convergeront jusqu’à la ferme de Bellevue où un énorme
caramentran représentant l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes nous
attendra. Grâce aux bagagistes du mouvement, nous l’agrémenterons de
tous les objets trimballés dans les défilés puis nous laisserons le soin
à l’animal totémique le plus célèbre de la zad d’y bouter le feu. Nous
n’aurons plus qu’à danser et chanter à nos succès passés et à venir.

En vous espérant nombreux, joyeux et toujours déterminés.

Source: http://zad.nadir.org/spip.php?article5060 -