Mai 30, 2021
Par Le Monde Libertaire
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Récit d’une réalité en suspens à l’avènement du couronnement de la lâcheté comme nouvelle norme sociale.

L’heure du déjeuner au sommet d’un gratte-ciel.1932

Précisons tout d’abord quelque chose : un bourgeois, au sens entendu ici, est généralement un riche ou du moins une personne de la classe moyenne « haute ». Cependant, il arrive que des personnes moins argentées se comportent comme des bourgeois, ainsi qu’il peut exister des riches qui ne sont pas des bourgeois (c’est ce que j’ai entendu en tout cas). La bourgeoisie est une attitude plus qu’un nom de famille, quand bien même ce dernier pèse dans la balance.

Depuis longtemps, et sans entrer dans de grandes considérations métaphysiques, l’humanité a toujours recherché d’une manière ou d’une autre à améliorer sa sécurité, son confort.
Au XXIe siècle, pour une partie du monde occidental, le niveau de sécurité et de confort a atteint des seuils incroyables, ainsi il est devenu banal de vivre au-delà des 80 ans et un retraité de 60 ans est qualifié de « jeune ». S’il est plaisant de voir que nous avons réussi à étirer ainsi notre espérance de vie, des questions se posent : à quel prix, pourquoi ?
En effet, on constate que pour une grande partie de la population et notamment les masses dirigeantes, l’important est avant tout de durer longtemps, le comment étant anecdotique.
Il est mal vu, stupide de se mettre en danger et approuvé, intelligent de sauvegarder sa vie le plus possible. Pourtant, dans tout ce confort, cette oisiveté quant aux périls auxquels nous avons à faire face, les burn-out et autres dépressions font rage. Mais personne ne se demande si, peut-être, vivre longtemps et sans risques est un but sain, ou même juste intéressant.
Je ne souhaite pas vivre à n’importe quel prix, et je suis prêt à raccourcir ma vie pour la rendre intéressante. Je ne proclame pas que prendre des risques inconsidérés est la seule façon de vivre vraiment, le seul chemin valable. J’affirme simplement que déclarer la sécurité et la longévité comme critères principaux de décision n’est pas le meilleur moyen d’avoir une vie épanouissante.
Quand un choix s’offre à nous, la question de savoir si c’est risqué devrait entrer dans la balance au même titre que n’importe quel autre critère d’évaluation pour savoir si l’envie d’accomplir une action vaut le coup d’être réalisée, et non pas chapeauter tout le reste comme un droit de veto à l’assemblée. Ainsi nous serions peut-être parfois en manque de confort, en-dehors de cette zone que l’on s’échine bien souvent à ne pas quitter, mais nous aurions bien moins de regrets et surtout nous apprendrions bien plus de choses. Car personne n’a jamais rien appris d’intéressant dans sa zone de confort. Interrogez n’importe quel.le.s sportive ou sportif digne de ce nom et vous en aurez la confirmation.
Mais les braves gens voient d’un mauvais œil ceux qui sont plus courageux qu’eux, ils leur lancent des sobriquets destinés à les isoler. Pourtant, en ayant le courage de n’en faire qu’à sa tête, on peut certes parfois réussir de superbes hold-up et se retrouver dans une situation avantageuse, mais surtout, ce que l’on aura perdu en confort, argent, sécurité ou reconnaissance sociale on l’aura gagné en courage, expérience, et désintérêt pour ce qui n’en mérite que peu (qui a dit la reconnaissance sociale?). Il faudrait apprendre la curiosité, le courage et le penser par soi-même à l’école, cela éviterait d’en faire des qualités héréditaires et de laisser toujours les mêmes dans la merde. Tant qu’on y est, si on apprenait la communication (entre les humains, pas la publicité), l’honnêteté, et l’acceptation de l‘existence de différentes façons de « réussir » sa vie peut-être que nous serions plus heureux au final.
J’oubliais, le but n’est pas d’être le plus heureux possible n’est-ce pas ? C’est de vivre longtemps, très longtemps, trop longtemps, sans faire de vague, sans inconfort.
Je suis fermement convaincu, lorsque nous sommes confrontés à un choix, qu’il faut décider de ce qui compte le plus pour nous, honnêtement, puis se lancer. Pas parce qu’en y croyant fort, on finit toujours par obtenir ce que l’on veut, j’ai dû apprendre que ce n’est pas vrai. Mais bien pour apprendre et s’épanouir, bref pour le courage et le goût de la vie. Et si, sincèrement, au plus profond de vous, vous êtes persuadé que vivre vieux et riche est l’objectif le plus à même de vous rendre heureux, foncez !!! Qui suis-je pour dire ce qui est bon pour tout un chacun !? Avant cela, prenez tout de même un peu de temps pour interroger d’où viennent ces valeurs en tout point conformes à ce que la société nous dicte comme étant bien.

Enfin, je conclurai que tout parallèle avec les décisions et actions de notre société, cette dernière année, est évidemment voulu et assumé. Toutes les règles ne sont pas bonnes à suivre. Je ne dis pas qu’il ne faut pas avoir peur, je dis qu’il ne faut pas laisser la peur décider en nos noms. C’est cela le vrai courage.

Sam




Source: Monde-libertaire.fr