Juillet 7, 2016
Par Renversé (Suisse Romande)
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Comme nous en avions parlé dans l’article “jetés à la rue, ils occupent un chalet”. La municipalité de Lausanne à pris des mesure scandaleuse contre le Sleep-in qui proppose un accueil de nuit d’urgence à bas seuil depuis 23 ans.

Comme nous en avions parlé dans l’article “jetés à la rue, ils occupent un chalet”. La municipalité de Lausanne à pris des mesure scandaleuse contre le Sleep-in qui proppose un accueil de nuit d’urgence à bas seuil depuis 23 ans. Nous publions ici leur communiqué de presse.

Communiqué de presse

23 ans d’accueil de nuit d’urgence à bas seuil, soit un peu plus de 8’300 nuits sans un seul soir de fermeture ! 23 ans de travail de proximité et de tissage de liens avec les plus démuni-e-s ! 23 ans d’enrichissement de notre pratique professionnelle ! 23 ans de travail collectif horizontal ! 23 ans de luttes et de combats au sein d’un réseau social et politique mouvant ! 23 ans de vie dans une ancienne et belle maison au Chemin de l’Usine-à-gaz 10.

Historique de la situation :

Depuis de nombreuses années, des personnes tentent de trouver refuge dans le jardin du Sleep-in par manque de places au sein des structures d’accueil. L’année passée, au vu du nombre croissant de sans-abris, nous n’avons plus pu refuser l’accès au jardin à ceux-ci et nous nous sommes vu contraints de tolérer leur présence. Cette situation s’est alors cristallisée avec parfois plus d’une centaine de personnes. L’association a été tenue pour responsable de cette situation.

Afin d’éviter une situation similaire cette année, nous avons décidé de prendre les devants et d’informer la Municipalité de la possibilité de l’établissement d’un jardin-bis et ce même avant la présence des premières personnes se voyant forcés de dormir dans le jardin.

Lors du forum sur la précarité, les 1er et 2 avril, nous avons sollicité la municipalité dans le but de leur faire part de notre inquiétude de la mise en place d’un campement et ceci dû à la fermeture de l’abri PC prévue en avril ainsi qu’à l’évacuation des occupants des locaux d’Heineken à Renens. À partir de ce moment, étant au courant de la situation, la ville de Lausanne a pris la responsabilité de tolérer la présence de ces gens durant la nuit. Afin d’être transparent, nous avons établis deux rendez-vous par mois avec le service social de Lausanne pour le tenir au courant de l’évolution du phénomène.

Concrètement, pour résoudre la problématique qui lui était exposée, la ville de Lausanne a mis en place : la présence quotidienne d’un agent de sécurité, une participation aux frais de toilettes chimiques et un passage quotidien de la voirie. Ces mesures se sont révélées inutiles et le campement a pris de l’ampleur au fil des semaines.

2. Signature d’un avenant au bail sous la menace d’une résiliation du bail :

Durant le mois de juin, la situation s’est précipitée. En effet, nous avons reçu le 3 juin 2016 une menace selon laquelle, si nous ne parvenions pas à expulser les gens présents dans le jardin, le bail à loyer serait résilié. Courrier auquel nous avons répondu qu’il ne nous était pas possible de le faire, de par notre position éthique en tant que travailleur social. Par la suite, nous avons reçu le dimanche 19 juin 2016 une lettre nous contraignant de signer dans les 24 heures un avenant au bail nous dépossédant du jardin. Nous nous retrouvons donc obligés de signer cet avenant au bail sous menace d’une fermeture définitive du Sleep-In, une structure datant de 1995.

3. Déroulement de la journée du mardi 28 juin 2016 :

Suite au départ spontané de la plupart des gens dormant dans le jardin le lundi 27 juin , la municipalité a ordonné une évacuation forcée des personnes restantes le mardi 28 juin. Pour ce faire, une dizaine de policiers sont intervenus à 5h40 du matin, les nuisances sonores réveillant également les usagers du Sleep-In. Avec l’aide de la voirie, l’ensemble des affaires ont été emportées et détruites. Deux heures plus tard, une barrière de 2 mètres de hauteur était posée tout autour de notre structure. De plus, trois agents de sécurité ont passé l’entier de la journée et de la soirée à l’entrée de notre établissement. Ils ont tenté de procéder à des contrôles d’identité des usagers, escortant ceux-ci jusqu’à notre porte d’entrée.

Nous tenons ici à signaler qu’à aucun moment nous avons été mis au courant des mesures qui allaient être entreprises sur notre lieu de travail.

4. Travail social en cage :

Nous sommes à présent forcé de travailler dans des conditions inadéquates. Effectivement, la mise en place d’une telle barrière soulève de nombreux problèmes. Nous ne pouvons plus assurer un accueil correct par le fait que nous ne pouvons plus avoir recours à une ambulance en cas de besoin. Ajoutons à cela que nous nous retrouverions dans une situation catastrophique en cas d’incendie. Les livraisons quotidiennes de draps et d’alimentation sont également mises à mal. En dernier point, il est capital de souligner que notre rapport avec les usagers est remis en cause. Il va sans dire que notre structure ressemble désormais d’avantage à un lieu de détention qu’à un lieu d’accueil. Nous nous interrogeons finalement sur la légalité de la démarche.

Pour répondre à ces agissement, le sleep-in se réserve tout moyen légal afin de préserver ses droits de travailleurs, de locataires qu’il exerce dans le respect de son mandat de l’accueil à bas seuil depuis maintenant 23 ans.

Au jour d’aujourd’hui, le Sleep-in demande

Le retrait immédiat de la barrière.

Le respect de notre fonctionnement, expertise et engament, indéfectible depuis 1995.

La fin des menaces et d’un acharnement de la municipalité envers notre structure.

Le rétablissement d’une collaboration professionnelle avec les autorités.

Une réflexion de fond, et non de forme comme ceci a été le cas jusqu’à présent, sur les questions d’accueil au niveau municipal, cantonal et fédéral.

Association Sleep-In




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