C’était l’été. La presse bourgeoise et notamment le 24heures s’inquiète de faits connus, s’autocongratule ou se passionne pour la vie d’un animal/people quelconque. Certaines partent en vacances, d’autres surchauffent dans leur quotidien, abandonnées par leur-e-s collègues, la bride rongée par l’ennui.

C’est le moment pour Laurent Antonoff de repasser une couche.

En passant par la rue César-Roux, Laurent constate que l’Espace Autogéré a été repeint. Grande nouveauté ! C’est l’occasion de faire de la sensation. De quoi faire chauffer la terrasse du café du Commerce, voire de faire péter l’orage…

Quelle vacuité dans l’information. Un pas en avant pour l’humanité lausannoise !

« D’ailleurs que vont dire nos édiles » se demande-il avec intérêt. Pas bête, anarchistes et pouvoir public voilà un sujet intéressant… Mais inutile de demander aux principales intéressées ce qu’elles en pensent, l’Espace Autogéré n’a pas été contacté.

Et puis c’est un truc qui marche. On se souvient – probablement pas lui – d’un article quasi similaire. Le 13 mars 2007, sous le titre « Surprise », Laurent « découvre » l’Espace Autogéré et ses activités culturelles. Il a donc 6 ans de retard s’il veut parler du bâtiment de César-Roux 30 et 14 ans si l’on prend en considération les trois lieux qui l’ont précédé (Primerose, Colline, Prélaz). Le fait que, à l’époque, le programme des activités de l’Espace Autogéré soit publié dans son propre journal ne l’avait probablement jamais frôlé…

Aujourd’hui Laurent admire la peinture. Noire mat. Unie. Tant de choses à dire…

Dix ans plus tard, la surprise fait place à la stupeur. L’Espace Autogéré est toujours la ! Il aurait pu écrire son blaze à la bombe sur la nouvelle façade comme d’autres, mais il préfère l’écrire dans le journal, en plus il reçoit des sous pour ce travail discutable de critique artistique.

Au dessus de la signature : rien.

Quelques vagues considérations qui font appel à la légalité, au “bon droit” voire aux “bonnes moeurs” pourquoi pas. Ca fait rêver… Suivent les mêmes questionnements qu’il y a dix ans, curiosité de voyeur donc. La routine et l’habitude prennent le dessus. Mais l’angoisse de la page blanche n’arrête pas Laurent. S’il n’y a rien à dire parce qu’il ne se passe rien, il suffit de pousser un peu. Un ou deux coups de téléphone plus tard et on a l’assurance déjà que quelque chose se passe. Le pouvoir est au courant et va réagir . Merveilleuse démocratie directe. Le journalisme se préoccupe et la politique se précipite…

La façade de l’Espace Autogéré a été repeinte tant de fois depuis 17 ans… Elle l’a été notamment avant que nous fêtions nos 20 ans en août 2013, une fois en 2015 puis la dernière fois le 11 février de cette année. A chaque fois dans l’indifférence générale…

Que dire de plus ? Que répondre ?

Rien !

Salutations anarchistes et autogérées
Brigade Peinturière et Black Metal de l’Espace Autogéré

A l’occasion de cet article, nous avons retrouvé ici pour renversé quelques anciennes peintures de l’espace autogéré





Pour le “feuilleton médiatique” de 2007 (la mise en page est d’époque !)
http://espaceautogere.squat.net/shownews.php?id=1174640633

Par Renversé,

Source: http://renverse.co/Laurent-Antonoff-et-l-Espace-Autogere-1207