En organisant plusieurs concerts gratuits sur l’espace public ces vendredi 8 et samedi 9 mai, nous, des occupant.e.s qui s’organisent, souhaitons remettre l’art au cœur de la cité et lui redonner sa dimension politique. La culture, et notamment la musique, constitue pour nous un formidable outil de mobilisation ainsi que le plus fort des remèdes contre l’inertie.

Cette forme artistique permet notamment de rassembler, autour de références communes, des gens que de nombreuses constructions sociales et médiatiques veulent opposer. Par un constant mélange des statuts — professionnels et amateurs — et des genres — rap, reggae, cumbia, musiques électroniques —, nous proclamerons ce week-end l’unité de la culture, et par là-même l’unité d’un élan populaire, libre, déterminé et multiple.

Si d’aucuns craignent une festivalisation du mouvement, nous comptons au contraire sur l’engagement des occupants et des artistes pour pérenniser ce qui se passe à Nuit Debout. La musique n’est, en outre, qu’une des propositions artistiques visant à renforcer le rassemblement. Le théâtre, le cinéma, le graffiti, l’éducation populaire viennent s’ajouter à une programmation qui s’inscrit radicalement contre le marché culturel. Ici, les arts sont gratuits, participatifs et pour tout public. Ils visent à construire un imaginaire collectif et choisissent la rue comme endroit tout désigné pour participer à l’émergence d’une Commune.

Signé : des occupant.e.s qui s’organisent