DĂ©cembre 11, 2019
Par Rebellyon
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« La rĂ©forme du systĂšme des retraites inscrite dans le programme de Macron est un marqueur de son quinquennat. Initialement prĂ©vu dĂ©but 2019, le projet de loi ne serait prĂ©sentĂ© qu’en 2020. Le dossier est en effet explosif. En quoi cette rĂ©forme diffĂšre-t-elle des prĂ©cĂ©dentes ?

En 25 ans, les gouvernements successifs ont initiĂ© six rĂ©formes des retraites. Toutes ont conduit vers une rĂ©gression des droits. Macron prĂ©sente son systĂšme par points, universel (mĂȘlant retraites des salariĂ©s et celles des indĂ©pendants), comme « plus juste et plus transparent Â». AprĂšs 18 mois de concertations auxquelles les dirigeants syndicaux se sont soumis, Jean-Pierre Delevoye, Haut commissaire Ă  la rĂ©forme des retraites, a remis, le 18 juillet, le rapport commandĂ© par Macron : « Pour un systĂšme universel de retraites Â». Ses bons et loyaux services lui ont valu d’ĂȘtre nommĂ© ministre le 3 septembre.

En finir avec la solidaritĂ© entre salariĂ©s actifs et retraitĂ©s ?

Selon le programme de Macron, « Un euro cotisĂ© doit donner les mĂȘmes droits, quel que soit le moment oĂč il a Ă©tĂ© versĂ©, quel que soit le statut de celui qui a cotisĂ© Â». Ce serait lĂ , dit-il, « Un systĂšme juste, unique et transparent pour protĂ©ger mieux ceux dont les carriĂšres sont hachĂ©es, instables et atypiques Â». [1]

Il s’agirait d’assurer davantage d’équitĂ©. Mais Macron veut-il demander des efforts aux patrons, aux actionnaires ? Que neni.

La branche retraite est un pilier essentiel du systÚme de Sécurité sociale arraché au lendemain de la DeuxiÚme Guerre mondiale. La fraction mutualisée du salaire des actifs (cotisations sociales) finance les pensions des retraités, créant une solidarité entre salariés actifs et salariés retraités.

Quelle est son origine ?

En 1944-45, alors que se disloquait l’État bourgeois (l’État de Vichy dirigĂ© par PĂ©tain), la question de la nature de l’État Ă  reconstruire Ă©tait essentielle. Nombre de travailleurs gardaient en mĂ©moire la rĂ©volution ouvriĂšre de 1917 en Russie, l’expropriation du capital. Et le systĂšme de sĂ©curitĂ© sociale proclamĂ© dĂšs novembre 1917 (assurance sociale pour tous les salariĂ©s et les pauvres, couvrant tous les risques – maladie, accidents, invaliditĂ©, vieillesse, maternitĂ©, veuvage, orphelinat, chĂŽmage – dont le coĂ»t repose sur les entreprises) [2], influença le plan de sĂ©curitĂ© sociale Ă©laborĂ© par la CGT en 1943.

En 1945, par peur de tout perdre (le contrĂŽle de l’État, la propriĂ©tĂ© des moyens de production), la bourgeoisie dut lĂącher d’importantes rĂ©formes (la SĂ©curitĂ© sociale, le statut des fonctionnaires
), permettant aux appareils contre-rĂ©volutionnaires (celui du PCF liĂ© Ă  l’appareil stalinien de Moscou, celui de la SFIO, et celui du syndicat) de collaborer, dans le cadre du gouvernement provisoire dirigĂ© par de Gaulle, Ă  la reconstruction de l’État bourgeois (la IVe RĂ©publique). C’est ce qu’en 2007, Denis Kesseler appelait le « compromis entre gaullistes et communistes Â». En finir avec tous les acquis arrachĂ©s Ă  la LibĂ©ration, tel est l’objectif fixĂ© par ce patron du CNPF (ancĂȘtre du Medef) dans un article faisant date. [3]

AprĂšs les coups portĂ©s par les « rĂ©formes Â» antĂ©rieures (dont les exonĂ©rations massives de cotisations sociales), Macron veut franchir une Ă©tape irrĂ©versible : briser le systĂšme de solidaritĂ© de la SĂ©curitĂ© sociale. Â»

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Source: Rebellyon.info