Mai 15, 2019
Par Le Pressoir
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Toi qui t’apprĂȘtes Ă  aller, peut ĂȘtre, au festivalette.

Dans ce lieu mythique, magique, si beau au printemps ! Son valat, sa piscine, ses chemins champĂȘtres oĂč des mains agiles, ou pas, ont ,dans tous les Ă©tats et au son de la conque, crĂ©Ă©, construit, façonnĂ© ce paysage onirique.

Sache que c’est aussi comme tant d’autres lieux un espace :

- oĂč ĂȘtre contre la loi laisse la place Ă  la loi du plus fort

- oĂč les rapports de domination ne sont pas remis en question

- oĂč fĂ©ministe y est une insulte

- oĂč, au milieu de plein de « potes Â» tu peux ĂȘtre seul-e

- oĂč face aux violences rĂ©currentes il n’y a toujours pas de rĂ©ponses collectives

- oĂč c’est :« marche, ou crĂšve ! Â»

- oĂč la peur ( d’ĂȘtre isolĂ©-es, rejetĂ©-es, harcelĂ©-es) empĂȘche d’agir et cautionne ce systĂšme.

Ceci est un appel Ă  rĂ©flĂ©chir Ă  nos pratiques intimes et collectives pour ne pas dĂ©tourner le regard mĂȘme sous une pluie de paillettes

Suite Ă  des demandes de prĂ©cision on a Ă©crit ceci :

Si ce texte a Ă©tĂ© Ă©crit collectivement, les commentaires qui s’en suivront sous notre identifiant sont faits de façon individuelle et pourront donc ĂȘtre

multiples mĂȘme si nous assumons tout ce qui pourra ĂȘtre dit par tou(tes)(s).

La liste des viols et violences ,prĂ©sumĂ©s et avĂ©rĂ©s, subies par des personnes en ces lieux sur toute son occupation est trĂšs longue, et n’a toujours Ă©tĂ© que cris ,mais surtout chuchotements, dans l’intime.

La difficultĂ© de communiquer que gĂ©nĂšre ces situations (peur de se faire dĂ©molir verbalement voir physiquement, stigmatisation, certain(es)(s) n’était que de passage et disparaisse rapidement avec leur trauma, envie d’oublier…) n’est plus Ă  dĂ©montrer et j’espĂšre qu’il n’est jamais trop tard pour rĂ©agir.

Pour citer la derniĂšre en date et, en rapport avec ce festival :

Une personne habitante Ă  l’époque (appelons la X) s’est faĂźte agressĂ© par deux fois par deux habitants diffĂ©rents (appelons les Y et Z) il y a plus d’un an. Si cela m’attriste de prĂ©ciser, on parle d’une violence telle que la rĂ©paration nĂ©cessite prothĂšse et chirurgie et est loin d’ĂȘtre terminĂ©.

X n’a reçu non seulement aucun soutien (ce qui pourrait quasiment ĂȘtre reconnu comme un protocole inscrit en ce lieu) mais, s’est vu demandĂ© de partir puis, rĂ©cemment, jetĂ© ou rĂ©quisitionnĂ© toutes ses affaires…

Y, le responsable de la premiĂšre agression est connu pour ce genre de faits depuis toujours et puisque, “Ni dieu Ni MaĂźtre MAIS qu’est ce qu’on aime les IDOLES”, il n’est que rarement inquiĂ©tĂ©. Ayant fait parti de ce collectif par le passĂ©, j’accepte pleinement ma part de responsabilitĂ© dans cette situation.

Z, deuxiĂšme agresseur, moins en position de force, a Ă©tĂ© priĂ© mollement de partir depuis un an mais, alors qu’on peut se faire Ă©jecter trĂšs violemment de cet endroit en 2 secondes si l’on est inconnu du cercle et/ou que ” l’on ressemble Ă  un keuf”, Ă©tait toujours prĂ©sent jusqu’à peu. Il semblerait qu’il est Ă©tĂ© enfin sorti du paysage. Pour ma part cela a clairement Ă©tĂ© fait dans le cadre du grand mĂ©nage de printemps prĂ©cĂ©dant la prĂ©paration du festival.

D’oĂč les notions de vernis et de paillettes.

Nous ne nous sommes pas trouver d’accord sur un appel Ă  boycott, mĂȘme si cela Ă©tait un souhait de certain(es)(s) (sans illusion toutefois), mais nous souhaitions que chacun(e) se questionne.

Jusqu’oĂč fait on la fĂȘte ? ConsidĂšre t’on que, quand on se dĂ©place et s’amuse dans un endroit qui a des prĂ©tentions libertaires et dĂ©truit autant de personnes, on le soutient ? Pour ma part je le pense.

Peut-ĂȘtre qu’avec le temps, je ne suis plus si “Show must go on” et que :

“je ne crois pas en la fĂȘte car c’est une fausse intensitĂ©, je ne crois pas en la fĂȘte car c’est un espace de rapport biaisĂ©” (Passion ArmĂ©e)

O.

les prĂ©cisions apportĂ©es ne sont qu’un dĂ©but. nous avons voulu rĂ©pondre rapidement car le festival se dĂ©roule en ce moment , j’espĂšre qu’il y aura une suite, je souhaite qu’il y ait une suite ; pour libĂ©rer la parole,lĂącher les rancƓurs et le poids de nos colĂšres frustrĂ©es, pour acter ce qui s’est passĂ© pour de nombreuses personnes dont la rĂ©alitĂ© a Ă©tĂ© niĂ©es, mise sous silence, ..), pourquoi pas aussi y amener un changement dans les relations et la vie dans ce(s) lieu(x) , renseigner les nouveaux arrivants,

des ajouts seront faits sur l’explication du fonctionnement de ce(s) lieu(x), on pourrait sans doute apporter des Ă©lĂ©ment d’analyse sur son (leur) fonctionnement (s), des tĂ©moignages de vĂ©cus

et heureusement , on y a aussi j’imagine pour la plupart, tirĂ© des forces des amitiĂ©s, des idĂ©es. encore que pour certain(e)s, Ă  quel prix !

P.




Source: Lepressoir-info.org