Juin 18, 2016
Par Rebellyon
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Pour l’abrogation de l’article L 3421-4 et la sortie de la prohibition. Rendez vous annuel festif du Circ-Lyon samedi 18 juin à 18h au Parc des Berges (Lyon 7°). Tract et appel.

Le Collectif d’information et de recherche cannabique (CIRC) de Lyon et plusieurs organisations (Jeunes Ecologistes Lyonnais, Europe Ecologie les Verts, Le Nouveau parti Anticapitaliste, La Ligue des Droits de l’Homme, AIDES, Les Jeunes Radicaux de Gauche et FAC Verte) vous invitent à leur rassemblement festif annuel pour réclamer une réforme de la politique en matière de cannabis :

Le samedi 18 juin 2016 de 18 h 00 à minuit, Parc des berges, Lyon 7e

(Entrée : Rue Jonas Salk, Lyon 7e, Tram T1 Halle Tony Garnier)

  • Musical entertainment by Bredda Soundsystem & Friends
  • Buvette, stands d’information, prise de parole

Nous y sommes : cette 22e édition de l’« Appel du 18 joint » du CIRC se déroule exactement 40 ans après celui qu’avaient lancé diverses personnalités dont des politiques. Court extrait de l’appel originel : « Cigarettes, pastis, aspirine, café, gros rouge, calmants font partie de notre vie quotidienne. En revanche, un simple “joint” de cannabis peut vous conduire en prison » (…) « Des milliers et des milliers de personnes fument du cannabis », en tous lieux, même en prison, et « tout le monde le sait ». L’Appel dénonce « ce silence hypocrite » et appelle à une dépénalisation sur le modèle des Pays-Bas ».

Constat désespérant d’une société figée… où la même cause engendre — et aggrave — les mêmes effets : aujourd’hui, le nombre d’usagers de cannabis dépasse le million et les jeunes Français sont champions d’Europe de la consommation, malgré une répression accrue : explosion du nombre d’interpellations pour cannabis (x 7 entre 1990 et 2010) et un ciblage (si facile) des usagers simples (40 % des interpellations en 1985, 90 % aujourd’hui) et des minorités ethniques ; et sans indulgence de la justice, contrairement aux idées reçues, puisque le taux de réponse pénale est passé de 79 à 97 % entre 2001 et 2013 et dans les condamnations pour affaires de stups, la part de l’usage a triplé entre 2002 et 2013 (de 22 à 59 %) soit 33.645 personnes condamnées pour usage (cannabis en majorité) en infraction unique ! 6 % des condamnations délictuelles prononcées sur une année… Tandis que les services chargés de la répression (OCTRIS, douanes), en concurrence pour vider la mer du trafic avec une petite cuillère, finissent parfois par s’y brûler les ailes, par corruption (affaire Neyret) ou en y participant sans complexe (affaire François Thierry), afin d’enjoliver leurs activités stériles.

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L’espoir renaît quand le Pr Dautzenberg, éminent pneumologue, se prononce pour une légalisation contrôlée du cannabis et préconise avec bon sens une stratégie de réduction des risques (« mieux vaudrait un joint d’herbe sans tabac »), ou encore quand les malades atteints de sclérose en plaques (SEP) attendent la vente effective du Sativex, spray à base de cannabis. Mais hélas le premier se fait rapidement rappeler à l’ordre par les gardiens du dogme, comme l’Académie de médecine, et celle-ci est sans doute derrière le retard de la commercialisation du Sativex…

Un contraste saisissant avec l’étranger où l’on peine à suivre les nombreux changements : l’Uruguay, premier pays au monde à avoir complètement légalisé le cannabis, autorise la culture privée du cannabis commercial, et aux États-Unis, la DEA envisage une déclassification du cannabis ; l’Allemagne, le Canada, la Croatie, la Colombie, le Mexique autorisent le cannabis thérapeutique ainsi que l’État de New York et bientôt celui de l’Ohio.

Un mouvement réformiste mondial qui démontre qu’aucune loi n’est sacrée ; s’il est nécessaire d’obéir aux lois justes, il est inversement légitime de désobéir aux lois injustes comme celles sur les drogues en général et le cannabis en particulier, pour ne pas se rendre co-responsable des injustices qu’elles entraînent.

Les lois injustes peuvent être destituées ou réformées par ceux auxquels elles s’appliquent, mais pas seulement : c’est pourquoi tous les Français ou presque devraient se sentir concernés par une politique qui leur nuit et donc venir participer massivement à l’Appel du 18 joint 2016, qu’ils soient :
- un simple quidam, victime potentielle d’une balle perdue
- un riverain, importuné par un trafic incessant
- un parent, inquiet pour ses enfants et démuni par le tabou persistant pour leur tenir un discours d’interdit cohérent
- un élève, incité à acheter du cannabis à la sortie de l’école
- un adulte, infantilisé par une prohibition paternaliste
- un contribuable, outré par un tel gaspillage d’argent public
- un citoyen, concerné par l’état de la société dans laquelle il vit
- un démocrate, soucieux de lois justes et respectueuses des droits
- un républicain, préoccupé par l’ordre et le respect de l’autorité.

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