L’après coronavirus est le début d’un long combat social, tous∙tes si ce n’était pas déjà fait avons pris conscience de la culpabilité du système politique et économique dans lequel nous vivons et de la nécessité d’en changer radicalement.

Crions-le ! Le néo-libéralisme est coupable des forêts arrachées qui libèrent les virus, coupable d’un pays aux hôpitaux décharnés où l’on meurt faute de soins, coupable des marchés fous où le prix des produits de première nécessité s’envole, coupable de couvrir toujours plus une police zélée d’abrutissement qui abat sa répression, coupable de la crise économique qui vient et qui tuera d’une autre manière. Pour nos morts, pour les soignant.es épuisés, pour l’avenir : nous n’oublierons rien et nous lutterons jusqu’au bout. C’est un devoir, une nécessité.

Le dé-confinement sera certainement un moment clef, les forces sociales présentes dans la rue seront conséquentes. Elles proposent d’ores et déjà des rassemblements et manifestations. A n’en point douter la colère sera grande car le mal a été important. Mais nous avons déjà beaucoup marché sur des parcours vides de sens et d’enjeux et nous savons que les marches sont pour ceux qui nous gouvernent une petite pluie insignifiante. Il est désormais temps d’aller plus loin, de ne plus s’indigner mais de se révolter !

Pourquoi alors ne pas user des forces militantes présentes dans la rue pour la construction d’un événement social ayant pour but une réappropriation de l’espace confisqué par les intérêts de quelques-uns, tout en intronisant des valeurs propres à nos luttes ? Lançons la nouvelle commune !

Les forces sociales en présence auront largement les moyens de cette construction, 20 000 personnes dans la rue composées de petits groupes organisés peuvent rapidement prendre possession d’une rue, créer un campement, une zone à défendre. Mais nous serons plus encore. Tout est possible si nous y croyons.

La nouvelle commune se devra de porter les valeurs propres aux luttes de ceux qui battent le pavé depuis tant d’années en France elle devra donc être par essence : anti-raciste, anti-autoritaire inclusive, féministe, pro-démocratique, construite sur une économie alternative au capitalisme, et à l’avant-garde des pratiques écologiques.

L’anti-autoritarisme ne signifie pas que nous devrons nous passer de discipline collective, il faudra prendre des décisions et agir collectivement de manière intelligente et précise pour durer dans le temps.

Il peut être discuté mais le triangle d’or, endroit désincarné, résidence du grand capital pourrait être le lieu de cette commue. La rue peut être dans un premier temps notre camps de base, puis nous pourrons prendre possession des symboles du capitalisme bordant le quartier. Rêvons d’une maison du peuple chez Bernard Arnault, d’un hôpital public dans les locaux du FMI. Les gilets jaunes ont montré l’importance et l’impact des manifestations à proximité des lieux de pouvoir.

Les soignant∙e∙s doivent être au cœur de cette nouvelle commune, d’abord car ils∙elles sont les symboles de la résistance et du dévouement face aux politiques mortifères néo-libérales.

Ensuite, car ils∙elles seront un garde-fou, si cette commune est délogée elle doit l’être par un gouvernement totalement illégitime et barbare qui s’attaque aux « soldats » qui l’ont fait tenir pendant « la guerre ». Un « hôpital » de la commune procédant à des soins basiques totalement gratuits pourrait être mis en place pour souligner l’esprit et la bienveillance révolutionnaire de notre construction.

Notre nombre se devra d’être conséquent pour tenir et construire le lieu.

Tous∙tes ceux∙celles souhaitant une refondation de notre société autour des valeurs de la démocratie, de l’écologie, de l’inclusion et de la solidarité seront les bienvenu∙es.

Il y aura des batailles pour conserver et prendre les positions, la commune ne se bâtit pas sans barricade.

Prouvons que des cabanes construites avec le cœur et l’espoir peuvent faire vaciller des palais qui reposent sur le sang et le mensonge. L’idée est lancée.

Collectif pour une nouvelle commune de Paris

t.me/communedeparis


Article publié le 11 Juin 2020 sur Paris-luttes.info