Juillet 28, 2021
Par Archives Autonomie
339 visites


Ces derniers temps, les rapports entre l’Italie et la Russie sont devenus très amicaux. Cela ne nous surprend pas ! La Russie a abandonné son projet de bloc russo-allemand-français. Ce bloc, que L’Humanité a, à l’époque, soutenu en toute franchise n’a pas été réalisable. Le procès de Moscou l’a enterré complètement. En l’absence de la France, l’Italie, vers laquelle se tournent aujourd’hui les sympathies de l’hitlérisme et des partisans les plus acharnés de l’Anschluss en Autriche, s’est jointe à ce bloc. Il semble que les avantages économiques de cette amitié seront plus grands pour le capitalisme italien que pour le capitalisme russe. Mais il faut reconnaître qu’il a son utilité pour le capitalisme russe dont l’impérialisme a tendance à dominer ce bloc. D’autre part, la force politique et militaire de l’Italie a une importance énorme pour ce bloc face à la France. Cette dernière a même essayé d’influencer les milieux financiers américains pour détourner l’Italie de cette alliance en cherchant à provoquer ainsi un refus de crédits américains. Mais il semble que cette amitié se consolide et que les accords économiques et militaires mutuels se fassent de plus en plus cordiaux. Cette collaboration économique et militaire a été clairement soulignée par les commandes que le gouvernement russe a passées aux chantiers navals italiens et par les visites que des techniciens militaires russes ont faites à des chantiers militaires italiens. Tout ceci est un succès pour la diplomatie russe et prouve que le bloc capitaliste contre la Russie est dorénavant un mythe. La politique communiste-bolchevique en Allemagne, les tendances nettement nationalistes de cette politique de concurrence avec l’hitlérisme, démontrent que la diplomatie russe a trouvé la voie d’un bloc puissant face auquel la France se trouve en situation difficile de quasi-isolement du moins sur le continent.

Ce succès de la diplomatie russe est-il aussi un succès du prolétariat ?

Les journaux bolcheviks de tous les pays, et parmi eux Via Proletaria, répondant aux attaques de la presse social-démocrate, et de la Concentration [1]. (NdT).]] dans notre cas particulier, affirment que les diplomates russes ont agi dans l’intérêt du prolétariat russe, et par conséquent dans celui du prolétariat mondial, tandis que les représentants de la social-démocratie agissent, eux, dans l’intérêt de leurs capitalistes.

C’est un fait incontestable que les sociaux-démocrates sont les défenseurs du capitalisme dans tous les pays.

Mais c’est également un fait incontestable que, si l’on considère qu’en Russie les prolétaires sont comme ailleurs exploités et dépossédés de la plus-value, si l’on considère, d’autre part, que les intérêts du prolétariat international ne sont pas ceux des exploiteurs des prolétaires russes, et si enfin l’on prend en compte que l’alliance des Russes avec la bourgeoisie italienne ne peut en aucune manière faciliter l’émancipation du prolétariat italien, il faut reconnaître que les bolcheviks agissent dans ce cas, comme les sociaux-démocrates, dans l’intérêt de capitalismes différents. Et du reste, ceux qui se disputent aujourd’hui peuvent bien s’embrasser demain : les uns et les autres sont des partis de gouvernement.

Nous voudrions seulement faire considérer aux prolétaires italiens dans ce cas particulier que, si demain une guerre éclatait dans laquelle la Russie et l’Italie marcheraient de concert, les bolcheviks prétendraient que c’est dans l’intérêt du prolétariat russe et du prolétariat mondial que les ouvriers italiens iraient se faire massacrer ou bien faire la chasse aux rats sous l’égide du faisceau de licteurs et des carabiniers royaux de bonne mémoire.

Or il nous semble que, dans l’intérêt du prolétariat russe et du prolétariat mondial, les ouvriers, plutôt que de marcher sous l’égide des fascistes et des carabiniers, feraient bien mieux de marcher contre ces hommes de main de la bourgeoisie, de leur couper le cou, d’exercer une justice impitoyable vis-à-vis des capitalistes, pour ensuite dire aux ouvriers de tous les pays, y compris la Russie : faites comme nous un beau nettoyage dans lequel sont balayés tous les parasites quelle que soit leur importance. Et si dans ce cas-là il le fallait, nous serions prêts à vous donner un coup de main. Dans ce nettoyage, seraient compris les différents Staline, Trotski, avec leurs partisans.




Source: Archivesautonomies.org