Un spectre hante la Terre du Milieu : celui des Orques, des Trolls et d’autres « créatures mauvaises », celui du Seigneur des ténèbres, de ses Cavaliers Noirs et de sa grande tour d’Ombre. Toutes les lectures du Seigneur des Anneaux, encore plus depuis son adaptation à succès au cinéma, décrivent le conte comme un combat du Bien contre le Mal, de la vie contre la mort ou encore de la liberté contre la servitude. Et avec cette interprétation, une injonction devenue banale : celle qu’il faut éradiquer les Orques. Au moins depuis Tolkien, l’Orque est un être mauvais, perfide, laid, sale et sans culture, un être à anéantir, à éradiquer. L’Orque est une souillure de ce monde qu’il serait bon d’éliminer.

À bien des égards, cette lecture est justifiée. Les Orques sont sales et laids, et ils éprouvent, lorsqu’ils le peuvent, un malin plaisir à tuer des Hommes. Aucun doute ne plane à propos de la volonté des auteurs de rendre les Orques mauvais, et il serait difficile, à partir des textes de Tolkien et de ses différentes adaptations, d’en dresser un portrait plus flatteur. L’objectif ne peut donc être de renverser cette lecture manichéenne mais plutôt de la désactiver afin d’identifier ce qui est un véritable soulèvement orque. Car il existe bien un monde Orque, avec sa sociabilité, ses langues et ses conflits. Son histoire et sa documentation sont infimes et dispersées dans l’œuvre, toujours entachées de jugements moraux de la part de leurs narrateurs (Aragorn, Gandalf, Elrond, Frodo, Legolas, Tolkien lui-même), mais à aucun moment ni Tolkien ni les adaptateurs sur grand écran n’ont pu se débarrasser de cet encombrant constat : les Orques parlent, ils réfléchissent, ils se soignent, ils rient. Les Orques pleurent sans doute, se reproduisent très certainement, ils habitent des lieux dont on ne sait presque rien et ressentent une envie de vivre perceptible dans leur haine pour la domination des Elfes et des Hommes. Et si, effectivement, on réaffirme l’existence d’une tel monde Orque, alors toute la lutte du Bien contre le Mal doit être relue comme une entreprise de purification et de maintien de l’ordre. Inversement, les attaques Orques sont autant de tentatives de mettre fin à l’Âge des Hommes et des Elfes qui les repousse dans les sombres recoins de la Terre du Milieu, et non d’anéantir la vie. Avec l’insurrection orque, on retiendra une leçon des plus importantes : celles et ceux qui choisissent de ne pas négocier la fin d’un Âge et de son ordre mais de le renverser apparaissent toujours, aux yeux des défenseurs de cet ordre, comme des « immondes », comme des êtres sans-mondes.

Le monde Orque : origines, reproduction et mœurs de « vies infâmes »

On ne sait presque rien du monde Orque, sinon l’embarrassante vérité de son existence. Tolkien s’est davantage attelé à écrire l’Histoire glorieuse des Elfes, des Hommes, des Nains ou même des Hobbits que celle de créatures si peu respectables que les Orques. Et lorsqu’un fragment de leur histoire ou de leurs mœurs nous est conté, il est toujours empreint de dégoût et de mépris. Frodo peut par exemple, dès le début de l’aventure, condamner Gollum en le disant devenu « aussi mauvais qu’un Orque », ajoutant, qu’à ce titre, « il mérite la mort [1] ». Tout au long des ouvrages, la rencontre d’Orques est systématiquement accompagnée de qualificatifs dégradants, ces « maudits gobelins [2] », ces « Orques infâmes [3] », cette « ignoble espèce [4] », ces « infâmes créatures », ce « peuple de destruction [5] », la « malveillance des archers du Mordor [6] », « maudits soient leurs pieds putrides dans ces eaux pures [7] », et la liste pourrait s’allonger encore longuement. De ce fait, la seule trace du monde Orque dont nous disposons dans le Seigneur des Anneaux est une longue succession de commentaires négatifs. Leur monde existe de la même façon que ces « vies infâmes » des XVIIe et XVIIIe siècles dont parle Foucault nous ont été rapportées, qui « n’existent plus que par les quelques mots terribles qui étaient destinés à les rendre indignes, pour toujours, de la mémoire des hommes. [8] » Le philosophe mettait en garde l’étude de ces vies infâmes en rappelant qu’il était « inutile de leur chercher un autre visage, ou de soupçonner en eux une autre grandeur ; ils ne sont plus que ce par quoi on a voulu les accabler : ni plus ni moins [9] », avertissement qui se prête cruellement bien au cas des Orques. Il semblerait que la question de ce monde ait fortement embarrassé Tolkien et ses adaptateurs à sa suite. C’est que la représentation du Mal était prise dans cette contradiction inhérente au manichéisme de l’œuvre : les Orques sont à la fois l’incarnation du Mal – et dans cette mesure une pure volonté d’asservissement et de destruction de la vie, et une race de la Terre du Milieu à part entière – c’est-à-dire une vraie forme de vie [10]. Paradoxalement, il fallait donc doter ces êtres sans-histoire et sans-culture d’un récit des origines, de langues et de pratiques sociales, tout en les masquant derrière une épaisse couche d’images et d’histoires provoquant l’aversion.

La question des origines des Orques est plutôt floue. Dans les textes et dans les films, plusieurs hypothèses sont avancées. Les Orques seraient tantôt engendrés « depuis les chaleurs souterraines et la boue » (hypothèse qui a retenu l’attention de Peter Jackson comme on le voit dans le film La Communauté de l’Anneau où, dans les puits de l’Isengard, de répugnantes créatures malaxant une sorte de boue visqueuse mettent au monde des Uruk-haï plus répugnants encore), tantôt d’anciens Elfes (ou Hommes) « corrompus et asservis » par le Seigneur des ténèbres (c’est ce que, dans les films, Saruman raconte à son commandant Lurtz), tantôt des « bêtes de forme humaine perverties » [11]. Peu importe la « vraie » réponse à l’origine des Orques, ce qui comptait était de doter ces créatures d’une origine malsaine et immonde, bien que, de l’aveu d’Elrond lui-même, « rien n’est mauvais au début. Même Sauron ne l’était pas. [12] » Encore un point embarrassant pour justifier la chasse aux Orques. La question de leur reproduction est tout autant révélatrice de la « déshumanisation » dont ils font l’objet – si l’on peut dire. Dans les films, l’engendrement des Orques n’est évoqué que par la boue visqueuse des puits de l’Isengard. Pourtant, Tolkien confirmait dans une lettre qu’il existait bien des femelles Orques [13], et on peut en déduire que leur reproduction n’est pas beaucoup plus immonde que celle des autres races. D’ailleurs, l’invisibilisation des femelles ne devrait pas étonner davantage que cela dans une œuvre où les femmes sont quasiment toutes réduites au silence. La langue des Orques, enfin, reflète cette dépossession puisqu’ils n’auraient pas eu de langues à leurs origines et que leurs différents dialectes, l’« Orquien », ne serait que le résultat d’un « pervertissement » des autres langues « pures ». Les Orques parlent le langage commun et une partie d’entre eux connaissent également le « Noir parler », langage inventé par Sauron pour unir les Orques. Lorsque Merry et Pippin sont faits prisonniers par les Uruk-haï de Saruman, Tolkien nous livre une bien sombre description du parler orque : « l’un des Orques assis non loin se mit à rire, et il s’adressa à un compagnon dans leur abominable langue. ‘Repose-toi pendant que tu peux, petite andouille ! dit-il alors à Pippin dans le parler commun, qu’il rendait presque aussi hideux que son propre baragouin. [14] » À chaque mention du parler orque, les protagonistes de l’histoire ne manquent pas de rappeler que c’est une langue « ignoble et fruste [15] », un « horrible langage à eux [16] ». Parfois, les Orques semblent presque dépourvus de la faculté de parler – dans les films, ils poussent davantage de hurlements qu’ils ne parlent, et les Gobelins de la Moria paraissent incapables de parler. On comprend mal néanmoins comment les peuples Orques pourraient exister et s’organiser sans communiquer entre eux – fût-ce ce langage incompréhensible aux autres peuples. On sait aussi que les Orques sont de « nature très inventive ». Ils décorent leurs armes (par exemple un cimeterre orné d’une « hideuse tête aux yeux louches et à la bouche mauvaise ») et peuvent faire preuve d’un sens de l’honneur et de l’humour [17]. Nous savons d’eux qu’ils créèrent de nombreuses armes et instruments de torture, des médicaments efficaces, des poisons, qu’ils savaient monter des loups sauvages (les Wargs), jouer de la musique, chanter, s’amuser, se battre, s’insulter, bref, qu’ils savaient vivre.




Au fond, peu importe d’où viennent les Orques, la manière dont ils se reproduisent, les langues qu’ils parlent et leurs modes de vie. Ce qui est intéressant, c’est plutôt la manière dont le monde Orque est dépeint pour nous procurer le sentiment que ce ne sont que des hordes de répugnants rejetons au service du Mal, que le monde Orque n’existe pas. En effet, il paraît beaucoup moins facile de justifier l’éradication de Mal si celui-ci est non pas une chose mais un ensemble d’êtres, et si ces êtres ont des traits humains. La lutte contre le Mal prend alors le risque de s’apparenter à une vaste entreprise de purification douteuse (dans le livre, ne parle-t-on pas du « Nettoyage du Comté » suite au passage des Orques ?). Le tableau « déshumanisé » des Orques mobilise, c’est tout à fait révélateur, un ensemble de techniques historiques que nous connaissons bien pour décrire les « barbares » et les « sous-cultures » : dépossession culturelle, apparence ignoble, langage incompréhensible, pratiques contre-nature, absence de raison et de volonté propre, violence, rusticité, etc. C’est pourtant là que tout ces sombres tableaux échouent partiellement : en décrivant la vie des mondes qu’ils méprisent, ils n’en transmettent pas moins un fait essentiel, à savoir que ces « vies infâmes » sont des vies avec leurs codes et leurs usages propres, et que la résistance de celles-ci sont en conséquence souvent moins une « invasion du Mal » qu’une insurrection contre une domination.

L’insurrection orque : mettre un terme à la domination des Hommes

La peur des « créatures mauvaises » et le risque incessant d’une attaque orque qui plane en Terre du Milieu ne sont pas ce qui vient troubler l’Âge des Elfes et des Hommes mais ce qui le fonde. Littéralement, la domination des Elfes et des Hommes n’a de fondement que parce qu’il existe un risque de soulèvement, la menace d’une attaque justifiant sans cesse la mobilisation d’instruments de contrôle et de quadrillage du territoire [18]. Demeurer pendant des décennies, si ce n’est des siècles – voire un Âge entier, à l’abri des regards de ceux qui les pourchassent pour pouvoir s’organiser, se lier, s’armer, voler et piller dans l’ombre pour ne rejaillir au grand jour qu’une fois prêt et entraîné à repousser l’ennemi et habiter les lieux qu’il occupait, telle est la stratégie de l’insurrection orque. D’ailleurs, on ne comprend pas ce qui pourrait unir les corsaires d’Umbar, les Suderons du Harad, les Orientais du pays de Rhûn, les Orques et les Trolls avec le Seigneur des Ténèbres en-dehors de cette commune « haine de la société existante » – à moins de supposer bien arbitrairement que tous ces individus partagent un « cœur mauvais ». Il faut rompre avec cette idée selon laquelle la Terre du Milieu serait partagée en deux camps, celui de la vie (le Bien) et celui de la désolation (le Mal). L’Âge des Hommes est pour des peuples comme les Orques et les Trolls – et même pour certains hommes – bien plus désolant que ne le serait le règne du Seigneur des Ténèbres – au combien terrible serait-il. Dans sa dernière discussion avec Gandalf le Gris, Saruman ne lui rappelle-t-il pas que l’objectif initial de leur « noble dessein » est la « Connaissance, l’Autorité, l’Ordre [19] » ? Et effectivement, l’Âge des Hommes est celui, entre autres choses, de l’autorité et de l’ordre. Dans cet Âge, les « Peuples libres » tombent en décadence lorsqu’ils n’ont plus à leur tête de rois issus de nobles lignées et lorsque le sang des races supérieures se mêlent aux races inférieures, tel l’Arbre de Minas Tirith qui « se fana [lorsque] le sang d’hommes de moindre lignée se mêla à celui des Numenoréens. [20] »

Si la Vie n’est pas que du seul côté du « Bien », on aurait tort de penser y trouver exclusivement la liberté, du moins pas cette relation fraternelle qui naît du lien entre égaux. Les « Peuples libres » de la Terre du Milieu sont régis par le respect de la hiérarchie et d’une noblesse ancestrale, et cette hiérarchie est à ce point normalisée que nulle possibilité de révolte semble pouvoir émerger de ceux-ci. Le Seigneur des Anneaux décrit un monde d’inspiration médiévale, mais sans ses révoltes et ses jacqueries. Les Hommes du Bien sont de ceux qui meurent en criant « pour le Roi ». Leur Sage, Gandalf, préfère ne pas « échanger des paroles avec un domestique [21] ». Même le Comté où vivent les Hobbits, que l’on pourrait croire l’un des peuples les plus fraternels et qui effectivement « refuse de parvenir à la moindre forme de gouvernement ou d’organisation économique complexe [22] », ressemble davantage à un agrégat de propriétés strictement privées et est traversé par de violents rapports de classes banalisés. Sam, le fidèle compagnon de Frodo, n’est nul autre, rappelons-le, que son employé (son jardinier), bien qu’il serait peut-être plus correct de dire qu’il est son chien. Sam n’est pas le véritable ami puisque l’amitié c’est l’« égalité entre amis [23] », il est plutôt le parfait serviteur, celui qui, « bondissant comme un chien invité à faire une promenade [24] », suit quand on l’appelle, celui qui « supplie qu’on lui permette de servir son maître. [25] » En fait, le monde Orque n’a pas grand chose de fraternel non plus. On y trouve plusieurs classes, dont celle des snaga qui en Noir parler ne signifie « esclaves ». Leur soumission au Seigneur des ténèbres ne permet pas vraiment non plus de penser que l’Âge de Sauron serait dénué de rapports autoritaires. C’est qu’en réalité l’imaginaire de Tolkien est incapable de penser une forme de vie libérée de l’autorité, et que si le mythologène de la Terre du Milieu peut nous inspirer, c’est non pas pour ses constitutions politiques mais pour sa construction des immondes et leur dynamique insurrectionnelle. Les Orques ne sont « mauvais », « sales » et « impurs » que parce qu’il existe un ordre qui entend maintenir à l’écart – en réalité détruire – ce qu’il juge comme indigne de son monde. L’étymologie du terme « immonde » (im-mundus  : hors du monde, sans-monde) révèle son vrai sens : on est immonde uniquement parce que l’on est rejeté hors du monde. Les Orques, comme le sont toujours les anormaux et les monstres, sont le produit d’un ordre qui les repousse, qui les fabrique comme répugnants. L’Orque à la peau noire et déformée, aux mœurs violentes et rustres, n’est répugnant qu’au yeux d’un monde où la beauté est celle des Elfes, blanche, pâle, riche et pédante. À certains égards, la vie des Orques torturés par la haine et la souffrance, verdis par l’obscurité et rongés par la maladie et les miasmes, est bien plus vraie que celle des soldats des « Peuples libres », rangés derrière leurs nobles élites et savants, incapables de remettre en cause les hiérarchies et rapports de classe qui les traversent. Après tout, si l’on suit l’intuition de Foucault, le « point le plus intense des vies, celui où se concentre leur énergie, est bien là où elles se heurtent au pouvoir, se débattent avec lui, tentent d’utiliser ses forces ou d’échapper à ses pièges [26] », non là où elles s’y soumettent sans conditions. Ces vies infâmes ne peuvent exister que par leur « heurt avec un pouvoir qui n’a voulu que les anéantir ou du moins les effacer. [27] »

Sous prétexte de sauver la Terre du Milieu, on sauve en réalité un ordre, et un ordre qui, en cherchant à écarter et à détruire ce qui n’est pas assez beau, noble ou pur pour lui, cimente la haine de celles et ceux qui sont condamnés à être « mauvais ». La morale du Seigneur des Anneaux est purement conservatrice : elle entend conserver l’ordre, la tradition, les hauts lignages et les grandes maisons. Même son écologisme est conservateur. L’insurrection orque, elle, constitue la leçon de tous les immondes, de tous les êtres hors-du-monde, hors de l’ordre, devrait-on dire. Elle nous rappelle que la vie des Orques n’a aux yeux de l’ordre que bien peu de valeur et que, pour un immonde, une place ne se négocie pas, qu’elle s’obtient par la force, mieux, par la destitution de l’ordre. Elle nous rappelle aussi que l’un des plus forts ciments de l’insurrection est la haine, haine de l’ordre et de la domination, haine des autres – et parfois de soi tel que l’on est dépeint – et que, dans cette mesure, elle a une profondeur politique.

Dans le dernier film de la trilogie, Le retour du Roi (encore un titre révélateur), le commandant des légions Orques qui marchent sur Minas Tirith, Gothmog, prononce sa réplique la plus célèbre. Alors que les Hommes de Faramir prennent la fuite face à l’assaut des Orques, leur capitaine, accablé sur son visage et son corps de tous les stigmates possibles que les Hommes peuvent imaginer (borgne, peau fripée et verdie par l’obscurité, une partie de son visage brûlée et couverte de cicatrices, le nez cassé et tordu, la bouche déformée, les dents rongées et manquantes, un bras paralysé et une jambe qui traine au sol comme une longue coulée de boue), se saisit d’une lance que tenait l’un de ses soldats et achève au sol un vaillant défenseur du Gondor qui agonisait là. Dans l’ultime râle du martyr et devant l’Orque à ses côtés, tout aussi répugnant et qui jouit littéralement de la mort de l’homme, Gothmog annonce, presque prophétiquement, que « l’Âge des hommes est terminé ». Preuve si l’en est, que l’insurrection orque a pour but de mettre un terme à une domination, à un Âge. Derrière la jouissance des Orques face à la mort de l’homme, il faut lire ce sentiment si particulier que nous procure la vie lorsqu’elle se libère. Et, derrière le « grondement de la bataille » et le dégoût que nous inspirent ces êtres, il faut entendre toute la légitimité de l’aspiration de Gothmog, l’immondice par excellence, dans le reste de sa prophétie : « le temps des Orques est arrivé. »

[1J.R.R. Tolkien, Le Seigneur des Anneaux. L’intégrale, Nouvelle traduction par Daniel Lauzon, Christian Bourgeois Editeurs 2018, Livre I, p.99.

[2Ibid., Sam, Livre II, p.544.

[3Ibid., Legolas, Livre III, p.579.

[4Ibid., Aragorn, Livre III, p.589.

[5Ibid., Legolas, Livre III, p.587.

[6Ibid., Livre II, p.540.

[7Ibid., Haldir, Livre II, p.484.

[8Michel Foucault, « La vie des hommes infâmes », Les Cahiers du chemin, n°29, janvier 1977, pp.12-29, p.16.

[9Loc.cit.

[10Tolkien a créé une race « noire de cœur et de corps, qu’il se permet d’exclure de l’humanité tout en lui attribuant un certain nombre de caractéristiques qui la font participer de cette même humanité », Isabelle Smadja, « Races et langages chez Tolkien », dans Le Seigneur des Anneaux ou la tentation du mal, Presses Universitaires de France, 2002, pp.93-104, p.96.

[12J.R.R. Tolkien, Le Seigneur des Anneaux, op.cit., p.379.

[13Lettre à Mrs. Munby, 21 octobre 1963.

[14J.R.R. Tolkien, Le Seigneur des Anneaux, op.cit., Livre III, p.622.

[15Ibid., Isildur, Livre II, p.359.

[16Ibid., Gandalf, Livre II, p.459.

[17Isabelle Smadja, « Races et langages chez Tolkien », op.cit., p.101.

[18La peur de l’Orque en Terre du Milieu fonctionne un peu à la manière de notre « crise » contemporaine, qui n’est pas ce qui menace le gouvernement mais ce qui en réalité le fonde. D’après le Comité Invisible, « la crise est une technique politique de gouvernement », et « nous ne vivons pas une crise du capitalisme, mais au contraire le triomphe du capitalisme de crise », À nos amis, La Fabrique, Paris, 2014, p.24.

[19J.R.R. Tolkien, Le Seigneur des Anneaux, op.cit., Livre II, p.368.

[20Ibid., Livre II, p.348.

[21 Ibid., Livre III, p.715.

[22William Blanc,Winter is Coming. Une brève histoire politique de la fantasy, Éditions Libertalia, 2019, p.41.

[23Comité Invisible, Maintenant, La Fabrique, Paris, 2018, p.129.

[24J.R.R. Tolkien, Le Seigneur des Anneaux, op.cit., p.105.

[25Ibid., p.325.

[26Michel Foucault, « La vie des hommes infâmes », op.cit., p.13.

[27Ibid., p.15.


Article publié le 12 Août 2019 sur Lundi.am